Regards Juillet/Août 2000 - Lectures

ARTS DU TEMPS
Une mise au point nécessaire

Par Suzanne Bernard


Dans Au soleil de la victoire, quatrième et dernier tome de la saga "Les années noires", Louis Oury mêle fiction et Histoire pour faire revivre le drame des "Proches de l'Atlantique", ici celle de Saint-Nazaire où l'occupant, finalement, ne déposa les armes que le 11 mai 1945, soit trois jours après la cessation officielle des hostilités en Europe.

Tandis que le dénouement tarde, les résistants qui se battent depuis les premiers mois de l'occupation risquent encore d'être tués, alors que les collaborateurs, paniqués, s'affairent à retourner leur veste.

"Les moments troubles voient toujours les bassesses et les grandeurs se multiplier, dit Louis Oury.

Le problème, c'est de définir catégoriquement et de le faire savoir".

Cet ouvrage, fruit d'un travail de dix ans, permet, grâce à des documents et des archives, notamment celles de la Wehrmacht, de nécessaires recalages historiques, en mettant fin à de fausses interprétations et en éclairant des faits mal connus.

Le travail du romancier y est inséparable de sa volonté de remodelage de la mémoire collective. Louis Oury, dans une postface, insiste sur l'âpreté des combats qu'il faut gagner pour écrire l'Histoire et l'incruster dans une opinion façonnée par "les vainqueurs de la dernière heure".

Ce "rôle civique", c'est celui-là même de la création littéraire pour cet auteur qui revendique quarante et un ans de métallurgie et vingt-six ans de littérature. n S.B.

Louis Oury,

Au soleil de la victoire, roman,

Le Temps des CeRises, 212 p. 95 F

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