Regards Mars 2000 - Supplément

RAYON LIVRES
Pour un humanisme paradoxal

Par F.A.


La Refondation du monde,

Jean-Claude Guillebaud,

éd. Le Seuil, 140 F

Faut-il baisser pavillon devant le règne de la technoscience, céder au tout-marché, nous résigner à la fin des universalismes ? Petit plaidoyer pour la conscience humaine et redéfinition du monde futur dans lequel il ferait bon vivre ensemble.

“ Notre rendez-vous avec le monde, la nécessité nouvelle dans laquelle nous sommes d'accueillir la différence, de gérer le multiple, de nous ouvrir à l'altérité, tout cela implique néanmoins une fermeté retrouvée – et non point un surcroît de distance – quant aux principes dont nous sommes les héritiers. L'oubli ou la haine de soi n'est pas le meilleur chemin vers l'autre, pas plus que le renoncement à la vérité ou la démagogie du n'importe quoi. C'est perché sur son arbre généalogique que l'homme chante le plus juste. La rencontre avec l'autre commence par l'aveu de soi. L'amour du différent implique la quête du semblable. Il y a quelque chose d'effrayant dans ce contresens qui conduit à n'aller vers le multiple, le pluriel qu'après avoir "affaibli" voire abandonné toute adhésion à soi-même. Ce n'est pas tout. Là où nous redoutions la cacophonie et le relativisme, ce qui coagule les différences et refonde une solidarité minimale, c'est d'abord la claire conscience du danger. Les doutes que nous pouvions entretenir quant à la pertinence de l'héritage occidental et judéo-chrétien se dissipent assez vite au vu des assauts dont il est désormais l'objet. Notre complaisance un peu lâche pour le dissemblable et l'exotique marque le pas dès qu'elle aperçoit l'extrémité de certains chemins. ”

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