Regards Mars 2000 - Vie des réseaux

SAMEDIS DU LIBRE
Libérez les logiciels

Par André Seux


Voir aussi Petit lexique Intern@tif.

Face aux monopoles informatiques et à leur domination du marché du logiciel, des communautés d'internautes se développent autour de projets informatiques où l'argent n'est pas roi. Une fois par mois, dans l'Espaceregards, les Samedis du libre, à l'initiative d'Intern@tif, des associations (Apodéline, APRIL, GCU), donnent la parole à toutes celles et ceux qui partagent la volonté de développer, utiliser et diffuser les logiciels libres. Ainsi, tous les mois, utilisateurs individuels, militants associatifs, syndicaux, politiques, professionnels se retrouvent, échangent des informations, font des démonstrations publiques, débattent de solutions techniques, confrontent leurs expériences, échangent leurs connaissances pour améliorer les programmes et définissent des stratégies de luttes contre les dominations marchandes sur le Net. Dans les débats, les discussions techniques s'enrichissent d'interventions axées sur le rapport de l'Homme à la machine, d'interrogations plus politiques. Comme ce jeune homme évoquant "la difficulté pour les non-informaticiens de se sentir concernés par les logiciels libres" ou ce militant communiste démontrant "l'utilité de développer des espaces citoyens sur le net". Ouvrant une brèche dans le paysage des programmes informatiques, les acteurs réunis autour du logiciel libre investissent dès aujourd'hui de nouvelles formes de luttes. Une contre-révolution informationnelle est en marche.

Imaginez que vous vous trouviez dans un restaurant et que vous mangiez un excellent plat. Peut-être aurez vous l'envie de le cuisiner chez vous pour vos amis ? En informatique, c'est la même chose avec un logiciel. Faute d'en payer le prix, il est bien souvent interdit d'essayer de comprendre le fonctionnement d'un programme, de tenter de le reproduire pour le partager avec des amis voire de s'en inspirer en le modifiant pour l'adapter à ses besoins". Tel pourrait être, en substance, un des paradoxes auxquels tentent de remédier le mouvement dit du "libre". Des milliers d'informaticiens, étudiants, chercheurs, passionnés de toute la planète, consacrant parfois gratuitement le fruit d'années de travail, y participent. Le résultat : des systèmes d'exploitation de type Linux, traitements de texte, programmes de dessin, de jeu ou autres applications regroupées sous le terme générique de logiciel libre, une sorte "d'anti-produit Microsoft". Ainsi, des programmes informatiques sont en libre circulation dans le monde entier et, en particulier, sur Internet. Ils ont pour particularité de garantir à tout utilisateur des libertés étendues en matière de copie et de diffusion, notamment. Comment est-ce possible sur Internet, par exemple, où la moindre parcelle de domaine public est susceptible d'appropriation privative et marchande ? Justement, en utilisant toutes les armes de la propriété intellectuelle, les retournant contre la logique propriétaire.

Le "libre" n'est cependant pas un logiciel sans protection juridique dont chacun pourrait s'emparer privativement. Des licences sont déposées, véritables chartes définissant les droits et devoirs des utilisateurs, leur garantissant leurs libertés et luttant contre les tentatives de mainmise : liberté d'exécuter le logiciel pour n'importe quel usage, liberté de le modifier pour l'adapter à ses besoins, liberté de le copier et/ou le diffuser, liberté de distribuer des versions modifiées, parfois interdiction de diffusion marchande d'une copie voire d'une modification. Le principe est simple, comme le disait samedi 22 janvier dernier, lors du premier "Samedi du libre", ce professionnel de l'informatique : "Peut-on revendiquer un droit de propriété sur une formule mathématique ? Il en va de même pour le logiciel libre. Il n'appartient à la fois à personne en particulier et en même temps à tout le monde". n A.S.

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Petit lexique Intern@tif.

Par A.S.


Application. Voir "logiciel".

Code source. Traduction d'un logiciel exprimé en langage binaire vers une forme compréhensible par l'être humain au moyen d'un compilateur. En propriété intellectuelle, il constitue en quelque sorte "la recette" faisant l'objet de la protection.

Langage binaire. Langage informatique qui relève du système de numération à base de deux. Basé sur le 1 et le 0, le oui et le non, éléments du seul langage que comprend l'ordinateur.

Licence libre. Licence sur un logiciel qui définit les droits et devoirs des utilisateurs : liberté non marchande d'utiliser, de copier, de modifier et de distribuer le logiciel. Ex. : Linux.

Licence propriétaire. A l'inverse de la licence libre, elle subordonne l'utilisation, la copie, la modification et la distribution du logiciel à l'autorisation de celui qui en est le propriétaire, souvent contre rémunération.

Logiciel. Parfois synonyme de "programme" ou "d'application", le terme désigne une suite d'instructions invisibles pour l'utilisateur formant un tout cohérent. Du point de vue de l'utilisateur, le logiciel est une application qui répond à ses besoins. Ex. : traitement de texte, programme de dessin, navigateur Internet, jeu...

Quelques sites autour du logiciel libre

http ://www. internatif. org/ Association Apodéline. http ://www. teaser. fr/~amajorel/apodeline/ Association April. http ://www. april. org/ Association GCU. http ://www. gcu-squad. org/ Association française des utilisateurs de Linux (AFUL). http ://www. aful. org/ Association GoUPiL. http ://www. goupil. linuxfr. org/ LinuxFR (site d'actualités sur Linux). http ://linuxfr. org/

Renseignements sur les prochains Samedis du libre au téléphone. 01 40 13 79 26 et sur internet. www.internatif.org

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