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CONNEXIONS Par Xavier Delrieu |
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Voir aussi BREVES |
| Cela fait plusieurs années que nous réclamons l'ouverture réelle à la concurrence des communications locales", affirme Philippe Germond, directeur général de Cegetel (filiale de Vivendi). Il est vrai que la bataille ne date pas d'aujourd'hui : depuis l'ouverture à la concurrence des télécoms, on ne parle plus que de cette boucle locale, c'est-à-dire ces fils de cuivres qui relient l'abonné au central téléphonique. France Télécom en est propriétaire mais tous les autres opérateurs doivent y avoir accès pour pouvoir commercialiser une offre concurrente à celle de l'opérateur historique. |
| Reste la solution de l'achat d'heures de connexions. Or, c'est ici que le bât blesse. Il est impossible de mettre en oeuvre une politique tarifaire agressive si le prix est trop élevé aux yeux des concurrents, d'autant que France Télécom peut très bien, lui, la pratiquer. Ainsi, à chaque fois qu'un internaute passe une heure sur son ordinateur, l'opérateur doit reverser 6 francs à France Télécom. On arriverait ainsi à un chiffre d'affaires de 14 milliards de francs par an. |
| Cependant Bruxelles commence à s'émouvoir devant les plaintes formulées par la concurrence. L'Etat étant toujours actionnaire à hauteur de 63,6% de France Télécom, il accorde chaque année une baisse sur les tarifs d'interconnexions : -14,4% en 1999, -11,2% en 2000. Mais voilà, depuis le mois de décembre, le gouvernement a changé son fusil d'épaule et s'apprête à adopter le dégroupage d'ici 2001. |
| Il s'agit de permettre à tous les opérateurs d'accéder directement à la boucle locale. Ce qui pourrait tout changer. |
| Dans un premier temps, ce dégroupage interviendra pour le seul marché de l'accès à Internet à haut débit (ADSL). Plusieurs raisons à cela. France Télécom est encore en situation de monopole sur les appels locaux et s'attaquer à un tel géant nécessite des fonds particulièrement importants. Il est préférable d'entrer en concurrence sur des marchés émergeants comme Internet. Ensuite, si l'Etat est prêt à consentir des efforts dans certains domaines, il faut bien se rappeler que les appels depuis un téléphone fixe représentent une part très importante de son chiffre d'affaires puisque leurs prix n'ont cessé d'augmenter, à l'inverse des appels longues distances. Afin de permettre ce premier dégroupage, une consultation est d'ores et déjà menée avant de proposer à la fin du printemps au Parlement une révision de la loi de 1996. |
| En attendant, France Télécom investit dans Internet sans bien savoir réellement où cela peut mener. L'opérateur transforme peu à peu son moteur de recherche "Voilà" en un véritable portail. On y trouve dorénavant un traducteur qui permet de convertir des messages simples ou des mots clés en plusieurs langues. France Télécom vient en outre d'acheter pour plus de 200 millions de francs "Alapage.com", un site dédié aux produits culturels, notamment les livres, à l'image du géant américain, "Amazon.com." |
| Or, personne ne sait aujourd'hui si ce site sera un jour rentable. Enfin, dans la jungle de la déréglementation qui sévit sur le vieux continent depuis deux ans, être fort est la principale règle de survie. C'est pourquoi France Télécom cherche, avec des fortunes diverses, à s'implanter à travers toute l'Europe. |
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BREVES Par X.D.
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Mobile
Une petite consolation pour tous ceux qui ne supportent pas les téléphones mobiles : la France est réellement à la traîne quant au taux d'équipement. Voici le palmarès du taux d'équipement dans les pays européens, publié par l'autorité de régulation des télécoms (ART) : Finlande 64,4%, Norvège 59,3%, Islande 58,5%, Suède 55,2%, Danemark 48,8%, Italie 48,3%, Autriche 47,5%, Luxembourg 44,8%, Portugal 42,7%, Pays-Bas 38,3%, Irlande 35,4%, Royaume-Uni 34,8%, Grèce 33%, Espagne 31,4%, France 28,5%, Belgique 28,2% et Allemagne 24,5%.
Immobile
Jusqu'à présent, les sites de l'administration française sur Internet n'ont pas enthousiasmé les Français. Il faut dire que notre confiance dans les systèmes informatiques est assez limitée. Ce qui n'est pas le cas des Brésiliens. Dès 1997, ils ont pu remplir et envoyer leurs déclarations d'impôt via Internet. L'engouement a été immédiat : 400 000 ont été envoyées en 1997, 2,7 millions en 1998 et 6 millions en 1999, ce qui représente environ 60% des Brésiliens imposables.
TF1 prend le train
Après la télévision généraliste analogique et les chaînes thématiques numériques, Internet constitue le troisième métier du groupe TF1", affirmait Anne Sinclair, responsable des activités multimédias de la Une. Cette annonce faite au mois de décembre confirme bien l'une des très grande tendance de cet hiver : conforter coûte que coûte sa position sur Internet en attendant de savoir ce que l'on pourra bien y faire. Parce que de ce côté, l'éloquence est beaucoup moins de mise. On se bat pour obtenir la meilleure place dans un train sans même en connaître la destination. On se borne alors faire de la communication sur la stratégie.
Achats en ligne
On s'attendait aux Etats-Unis à connaître un boum sur le commerce électronique en 1999 avec les fêtes de fin d'année. Ce fut un engouement sans précédent. Entre Thanksgiving (25 novembre) et le jour de l'an, les ventes en ligne s'élèveraient à 72 milliards de francs ! Les libraires Amazon.com et
Barnesandnobles.com, ainsi que les marchands de jouets Toys et Toysrus.com ont été les principaux bénéficiaires.
Bogue, suite (et fin ?)
On attendait le bogue de l'an 2000, et rien n'est apparu. Une certaine déception a même vu le jour : une petite catastrophe dans le tiers monde aurait sans doute mieux justifié les investissements consentis par les pays industrialisés. La polémique fait donc rage. Il y a encore quelques mois, on se vantait d'avoir dépensé des fortunes pour se prémunir d'une catastrophe hypothétique. Aujourd'hui, les pays qui ont le moins investi s'honorent de ne pas avoir cédé aux sirènes des "millénaristes". Pourtant une multitude de petits dysfonctionnements sont intervenus dans le monde entier et gageons que nous n'en connaîtrons pas un sur dix. Simplement parce qu'il est difficile d'admettre soit que l'on n'a pas fait le nécessaire, soit qu'on l'a fait mais que l'on s'est trompé sur les remèdes.
Musique en ligne
Un accord a été signé le 14 décembre entre les sociétés de droits d'auteur, SACEM en tête, et le site "francemp3.com" spécialisé dans le téléchargement de musique sur Internet. 12% du montant payé par l'internaute sera reversé à la SACEM en tant que droits d'auteur, avec une garantie minimale de 1,31F. Francemp3 accueille plus de 150 000 visiteurs par mois avec une audience de plus de 500 000 pages vues. Cet accord pourrait en entraîner d'autres : les sites commerciaux sentant le formidable potentiel d'Internet ne tiennent pas à se faire épingler par la loi. Cependant, cette nouvelle règle de bonne conduite ne pourra que compenser la baisse des ventes que les CD deux titres ont connue l'an passé. Il restera encore à résoudre les problèmes liés à la banalisation des graveurs de CD.
Palmares de portails
MMXI Europe a publié le Top 10 de l'audience des sites Internet en France, en Allemagne et au Royaume-Uni. Elle est basée sur le principe du visiteur unique, c'est-à-dire que chaque internaute n'est comptabilisé qu'une fois par mois. Les résultats sont sans surprises : les grands vainqueurs sont les portails, les fournisseurs d'accès et les moteurs de recherche. Voici la liste, du premier au dixième : Wanadoo, Yahoo, Multimania, Microsoft, AOL, Voilà, Club-Internet, Chez, Geocities, MSN. |