|
Qu'est-ce qu'avoir un point de vue naturaliste sur la culture ? Et pourquoi en avoir un ? Avec la Contagion des idées, Dan Sperber pousse au plus loin son... idée. L'apport des sciences cognitives aux sciences sociales se présenterait comme une lumière pour mieux comprendre les comportements individuels et ceux de la société, mieux saisir les représentations que l'on a de soi, de ses désirs, des projets qu'on forme pour soi et pour la société. C'est la raison pour laquelle ce forcené du croisement des connaissances, de la transversalité des échanges sur les savoirs, du pluralisme des sciences, développe le thème central de son livre en deux cents pages. Passionnantes. A partir d'un processus matériel, via le cerveau de l'individu, la culture est faite en premier lieu d'idées "contagieuses", chargée de psychologie, très humaine, qui envahissent, sous différentes versions, les populations entières, de manière durable... Dan Sperber n'ignore pas les difficultés qui se lèvent pour se faire comprendre à ce sujet. L'utilisation des mots est déjà fort connotée. Contagion, épidémiologie, cela sent sa "maladie", sa "folie", sa biologie... Et pourtant, "il s'agit de se doter d'un nouveau et puissant moyen de comprendre et d'expliquer les phénomènes sociaux. L'épidémiologie des représentations vise non à se substituer aux moyens de compréhension existants, mais à s'y ajouter".
|