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VILLE Par Bruno Tanant * |
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| Le malaise social se manifeste jour après jour à travers l'espace public, y laissant des traces parfois difficiles à effacer. Ces traces, messages adressés à la collectivité et volontairement inscrits dans des lieux de passage, témoignent de la vie quotidienne des habitants. A partir de là, et avec le paysage comme vecteur d'intervention, comment rémédier à la dégradation des rapports sociaux ? |
| La requalification des espaces extérieurs du quartier Sauveteurs-Cervelières à Vaulx-en-Velin commencée il y a six ans, a incité les habitants à demander la revalorisation de l'ensemble des logements adation. |
| L'ambition consistait à changer l'image du secteur par une intervention paysagère forte, en restituant aux habitants un sentiment de dignité et d'urbanité. |
| Le projet avait pour objectif de déclencher une nouvelle perception du bâti et du quartier, comme une appropriation responsable et citoyenne des lieux. |
| A Vaulx-en-Velin, et dans la majorité des communes satellites de Lyon, le paysage tient lieu de référence identitaire et commune. Celui-ci concentre et focalise les envies et les peurs. Bloqué dans un tissu urbain hétérogène et discontinu, le quartier Sauveteurs-Cervelières s'était progressivement détaché de la ville, entraînant avec lui ses habitants, dans un sentiment de rejet et d'exclusion. |
| Sentiment d'autant plus exacerbé que ces habitants aimaient leur quartier et ne supportaient pas sa dégradation progressive. |
| Le plus difficile n'a pas été de remodeler l'espace mais de susciter un dialogue constructif entre les habitants. C'est à cette condition-là qu'ils ont pu se réconcilier avec la ville et sa dynamique. Un projet de ce type doit en grande partie son succès à une volonté de sensibilisation et à la cohésion entre les différents acteurs sociaux : habitants, associations, élus, techniciens, concepteur. Ainsi, de nombreuses réunions publiques ont permis de débattre du projet, et de répondre aux suggestions des habitants. |
| Aujourd'hui le regard sur Sauveteurs-Cervelières a changé. Ses habitants ont en partie effacé son image négative : ils en sont fiers et recoivent famille et amis sans complexe . |
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* Paysagiste DPLG, enseigne à l'Ecole nationale du paysage de Versailles |