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Avec l'Emergence de l'homme, Ian Tattersall, directeur du département d'Anthropologie du Museum d'histoire naturelle de New York, produit une synthèse tout à fait accessible et de surcroit passionnante, des connaissances et des grandes questions actuelles sur l'être humain. Ce qui est remarquable, c'est qu'il prend en compte les travaux des dernières décennies sur les animaux et notamment sur les grands singes. Qu'il considère ceux-ci avec respect et avec admiration. Qu'il s'émerveille de leurs capacités qui ont sans doute trop longtemps été minorées. Mais que cela ne le conduit pas à faire du singe un homme (ou vice versa) et qu'il garde la tête froide. Par exemple, en ce qui concerne le langage, les expériences "ont démontré des capacités d'apprentissage tout à fait impressionnantes chez ces primates" sans que cela indique que les grands singes aient jamais réellement compris quoi que ce soit (au sens où nous l'entendons) à ces expériences. La conclusion est sans appel : "les chimpanzés ne possèdent pas de langage. Ils ne sont pas non plus capables d'en acquérir une forme rudimentaire". De fait, il y a un "saut quantique" entre le langage et tous les autres systèmes de communication observables dans le monde animal. Une déception peut-être pour certains mais en aucun cas une dévaluation des grands singes. L'erreur, selon Ian Tattersall, provient du fait de considérer notre propre espèce comme le sommet de l'évolution. Et de donner à nos plus proches apparentés une position plus basse que la nôtre sur une pente qui culmine avec nous. Alors que chaque espèce constitue en quelque sorte le sommet de sa propre lignée évolutive... n
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