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LECTURES DU MOI Par Suzanne Bernard |
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| “ Ce qui m'a intéressée chez Catherine de Sienne, c'est ce que n'avaient pas retenu les biographes qui m'avaient précédée : le côté visionnaire de cette sainte du XIVe siècle, qui, par ailleurs, croyait à l'action en ce monde, ce qui la rend étonnamment moderne. On a donné d'elle une image mièvre, douceâtre. J'ai tout repris à zéro. ” |
| Avec ses visions reçues dès l'enfance, Catherine exaspérait même le Tiers-Ordre de Saint Dominique auquel elle s'était ralliée. Le thomisme allait accentuer ce refus du surnaturel qui n'a fait que s'amplifier jusqu'à nos jours. Avec humour, Francine de Martinoir remarque la commodité du terme "paranormal" qui, aujourd'hui, réintroduit l'inexplicable en lui enlevant toute connotation religieuse. |
| “ Que les athées pensent que tout ce qu'a vu ou cru voir Catherine de Sienne (elle voyait, elle entendait le Christ à l'égal d'une personne vivante) n'est que fariboles, c'est logique. Mais être croyant et éliminer le surnaturel, n'est-ce pas affligeant ? ” |
| Le biographe a gardé la distance en approfondissant le "parcours existentiel" de celle qui ne vécut que trente-trois ans mais dont la vie, finalement, s'avère plus importante que les textes : |
| “ Ce n'est pas pour moi un modèle, mais elle m'a changée dans ma façon de lire la réalité, je veux dire le rapport entre le visible et l'invisible. J'ai conscience d'aller à contre-courant de notre époque, cela m'est égal ! J'assume les risques. Je suis Corse et, pour tous les Méditerranéens, le surnaturel est naturel... ” |
| Catherine de Sienne ou la traversée des apparences vient de sortir aux éditions du Rocher (195 p., 110 F), c'est un livre superbe. Qu'on croit ou non au surnaturel... n |
| Francine de Martinoir |
| Catherine de Sienne ou la traversée des apparences, |
| Editions du Rocher, 195 p., 110 F. |
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