Regards Juillet/Août 1999 - L'Evénement

Il n'y a pas de déterminisme du techno-global

Par Pierre Courcelles


Entretien avec ARMAND MATTELART *
Voir aussi CHRONOLOGIE

L'utopie

 

La notion d'utopie a évolué au cours de l'histoire. Aujourd'hui, on parle de techno-utopie. Une rupture s'est faite au lendemain de la Seconde Guerre. Jusque là, le mot utopie s'attachait aux "utopies sociales" du XIXe siècle qui ont cédé la place à la "techno utopie" qui ouvrira sur le déterminisme technique. L'utopie est partie intégrante de la réalité... La grande rupture de ces deux dernières décennies. Toutes les grandes utopies de construction d'un monde unifié, d'un monde réconcilié avec lui-même étaient appuyées par la reconnaissance des injustices et des inégalités. On voit dans les techno-utopies l'idée selon laquelle elles ne peuvent travailler qu'avec les 20 % de la population qui ont réellement accès aux biens qu'offre la modernité.

 

L'histoire

Il y a, dans mes livres, une rébellion contre la manière dont sont traitées les questions de la communication par les sciences de l'information et de la communication mais aussi contre une "certaine idée" de l'histoire. J'ai été influencé, comme beaucoup, par l'Ecole des Annales (1), mais, en France, tout ce qui ne relève pas d'une histoire qui peut être étiquetée "Ecole des Annales", n'est pas de l'histoire. Il y a une "histoire noble" et une "histoire pas noble" et, lorsqu'on fait, comme je le fais, une histoire des réseaux, c'est de l'histoire "pas noble" parce qu'elle n'entre pas dans une certaine "culture de l'histoire". Il y a des cadres académiques dans lesquels on (re)fait l'histoire qu'il faut briser. Il y a des gens, comme Etienne Balibar ou Jacques Rancière, qui avancent avec une conception différente de l'histoire à écrire

 

La globalisation

 

On parle de "globalisation" depuis le début des années 1980. Les Nations unies ont introduit ce mot dans leur vocabulaire officiel, dans le langage bureaucratique à cette époque. Mais la première fois que le secrétaire général de cette institution, en l'occurrence Kofi Annan, a reconnu publiquement que la "globalisation" pouvait avoir un sens négatif, c'est l'an dernier, en septembre-octobre, lorsque la crise financière, après l'Asie et la Russie, a éclaté au Brésil. Le problème qui se pose alors, c'est l'adéquation complète des notions qu'on utilise pour dénommer le monde avec ce qui se passe dans la réalité.

 

La fin des idéologies

 

La "fin des idéologies", comme la "fin de l'histoire", c'est le grand mythe. Cette thèse est née au cours de la guerre froide et, lorsqu'elle a pris fin, certains ont cru que les idéologies avaient disparu en même temps et qu'en conséquence les idéologies ne pouvaient plus s'affronter. Or, nous vivons un monde profondément marqué par les idéologies. La conception managériale de ré-ordonnancement du monde est purement idéologique. Ce qui me préoccupe, c'est qu'on utilise des termes qui sont chargés historiquement en les délestant de tout leur poids historique. Il y a une non-créativité conceptuelle qui accompagne l'état du monde. Il manque d'outils de compréhension du monde. Ainsi, par exemple, les termes "internationalisation", "national", "multinational", "transnational", etc. reviennent à la surface et on oublie qu'ils ont une histoire. Un langage, aujourd'hui, s'est imposé qui bloque toute compréhension des liens entre ces termes-là et la scène mondiale.

 

La culture

La question première est de savoir ce qu'est la culture aujourd'hui. Les grandes luttes politiques, les grands rapports de force mondiaux sont déterminés par l'examen de l'évolution de la culture dans ses formes industrielles, c'est-à-dire la culture liée à la technique et à l'industrie. Il y a une sphère de la culture qui représente un enjeu parce qu'elle représente des rapports de force entre l'Europe et les Etats-Unis, par exemple : c'est la notion d'"exception culturelle", c'est celle de la convergence des technologies. Aujourd'hui, à la différence de toutes les discussions sur le thème de la culture qui ont eu lieu depuis un siècle, la culture est de plus en plus un secteur des "services". En conséquence, les luttes politiques dans le domaine de la culture sont de l'ordre de la régulation des flux, des programmes, des produits culturels qui sont liés avec le redéploiement des dispositifs d'information dans la mesure où les produits culturels passent par la numérisation. La culture est aujourd'hui de plus en plus souvent définie à partir de sa numérisation qui est aujourd'hui la manière de la transmettre, comme de l'information.

Parallèlement à ces procédures, dans le monde, à l'intérieur même de ce monde technique, on constate des retours aux spécificités culturelles, c'est-à-dire à une conception plus large de la culture qui n'est pas seulement liée à l'industrie et à la technique et donc à la conception qu'ont les peuples de leur organisation quotidienne. La présence, dans les débats sur la culture, de la notion de "métissage culturel", même si je lui préfère celle de "créolisation", que j'emprunte à Edouard Glissant (2), montre bien que les cultures résistent à leur définition par l'information numérisée. Le "métissage", bien entendu, n'étant pas la réponse aux questions que je viens de soulever. Le "métissage" est aussi un rapport de force et n'est donc pas à l'abri de contradictions. Au début de mon livre, j'évoque la figure du premier écrivain métis, l'Inca Garsilaso de la Vega (3), auteur de Comentarios reales où on voit très bien que le "métissage" peut amener à la fusion avec la culture du dominant. Depuis le début des années 1970 et accompagnant la multiplication des systèmes techniques, il y a une prise de conscience de la part des cultures minoritaires de la nécessité de l'appropriation sociale des techniques comme moyen d'expression d'appartenance affirmée à une culture particulière.

L'appropriation des techniques fait partie du processus d'hominisation, le préhistorien français André Leroi-Gourhan l'a abondamment montré (4). Il n'en reste pas moins que nous sommes devant un système globalisant auquel il faut résister. Dans toutes les sphères de la communauté internationale, l'Europe, l'OMC, les Nations unies, etc., on produit des discours qui impliquent une réflexion sur le devenir de l'architecture des réseaux de l'information et de la communication.

L'Internet On ne peut pas être pour ou contre Internet, on peut être pour ou contre la mythologie d'Internet. Indépendamment des utopies qu'il suscite, la démocratie mondiale, la grande famille humaine, etc., il semble évident qu'une rupture est en train de se produire, qu'avec Internet et tous les autres dispositifs techniques de numérisation et de multimédia, on est en train de franchir une étape dans les modes de production, d'acquisition, de diffusion et de circulation des savoirs et de l'information. L'illusion, c'est de croire qu'il suffit qu'une technologie apparaisse pour que se créent ses usages sociaux et culturels, c'est de croire qu'à partir du marché et d'une logique de l'offre on va pouvoir assumer cette révolution et que tout le monde va pouvoir y accéder rapidement. Il existe un néo-darwinisme technique qui nous engage à croire que les technologies trouvent leurs usages de par elles-mêmes. Le surgissement de ces technologies doit être vu comme une construction sociale où les divers acteurs interviennent à des niveaux différents dans des affrontements entre conceptions divergentes de l'organisation du monde et des sociétés, et donc de la configuration et de l'utilisation des réseaux. La question technique n'a pas encore été, ici, projetée au centre des débats politiques. Lorsque Lionel Jospin et Dominique Strauss-Kahn reçoivent Bill Gate, le tout puissant patron de Microsoft, cela indique que l'évaluation des divers enjeux du système techno-global n'a pas été faite. Les enjeux de résistance, les enjeux institutionnels sont donc fondamentaux. n

 

* Professeur en sciences de l'information et de la communication à Paris-VIII. Auteur de plusieurs ouvrages sur la Communication (V. bibliographie).


1. Fondée en 1929, la revue des Annales d'histoire économique et sociale regroupait des historiens qui rejetaient l'histoire événementielle et, dans une visée interdisciplinaire, voulaient faire appel aux autres sciences humaines. De Marc Bloch, fondateur de la revue, jusqu'à Fernand Braudel, Georges Duby, Jacques Le Goff, notamment, l'Ecole des Annales reste active.

2. Edouart Glissant, Introduction à une poétique du divers, Gallimard, 1996.

3. Le Péruvien Garsilaso de la Vega (1539-1616) était fils d'un capitaine espagnol et de la princesse Chimpu Ocllo, cousine du dernier empereur inca, Atahualpa (v.1500-1533), vaincu par l'Espagnol Hernando Pizzaro (v.1508-1578), condamné à mort et étranglé.

4. André Leroi-Gourhan, Technique et langage, Albin Michel, 1992.

retour

 


CHRONOLOGIE

Par PIERRE COURCELLES


Chronologie

1937 Le mathématicien britannique Alan M. Turing (1912-1954), conçoit une machine capable de traiter de l'information selon un programme pré-établi. Elle est le modèle mathématique des ordinateurs à venir.

1938 Le mathématicien Claude E. Shannon (né en 1916) "fournit une base théorique à tous les circuits qui seront conçus par la suite pour les calculateurs digitaux électromécaniques et et électriques". (R. Ligonnière, 1987)

1940 Le physicien américain John Atanasoff (né en 1903) construit le premier calculateur binaire, l'ABC, machine non programmable et non automatique. En 1973, à l'issue d'un long procès, Atanasoff fut reconnu comme étant l'inventeur de l'ordinateur.

1943 La société IBM présente un calculateur électromécanique conçu par Howard H. Aiken (1900-1973), le ASCC (Automatic Sequence-Controlled Calculator-Calculateur automatique à fonctionnement séquenciel). C'est le premier calculateur analytique multifonctions.

1945 Le mathématicien John von Neumann (1903-1957) publie une étude qui pose les principes de base d'un calculateur analytique à programme enregistré, l'EDVAC (Electronic Discrete Variable Computer - Ordinateur électronique à variables discontinues). Arthur C. Clarke, ingénieur et romancier de science-fiction (2001, l'Odyssée de l'espace), prévoit le lancement de satellites géostationnaires de télécommunications. Le mathématicien américain Vannevar Bush (1890-1974) conçoit "Memex", un système de gestion et d'accès à l'information, livres et documents qui comprend un "indexage associatif" permettant une consulation non-linéaire. Ce système est à la base du procédé des "liens hypertextes" développés par Ted Nelson en 1965.

1946 L'ENIAC (Electronic Numerical, Integrator And Computer), premier calculateur analytique multifonctions entièrement électronique, est présenté en public. Destiné à l'armée américaine, il a été conçu par les physiciens John P. Eckert (né en 1919) et John W. Mauchly (1907-1980) et le mathématicien Hermann H. Goldsine (né en 1913).

1947 Mise au point du premier transistor par John Bardeen (1908-1991), Walter H. Brattain (1902-1987), William Shockley (1910-1989), au sein du laboratoire de la société Bell ; les trois chercheurs recevront le prix Nobel de physique en 1956. Alan Turing décrit le concept d'"Intelligence artificielle" dans un article intitulé "Intelligent Machinery".

1948 IBM présente en public le calculateur SSEC (Selective Sequence Electronic Calculator), le premier calculateur analytique multifonction à programme enregistré. C'est le premier "presque ordinateur". Il a été conçu par Walace J. Eckert, Frank E. Hamilton et R. R. Seeber. Le mathématicien américain Norbert Wiener (1894-1964) publie Cybernetics or Control and Communication in the Animal and the Machine. Le mot "cybernétique", qui connaîtra une large popularité, désigne la science des machines automatiques autorégulées et exercera une importante influence sur les modèles de communication.

1949 Le mathématicien américain Claude E. Shannon publie un article intitulé "The Mathematical Theory of Communication". Cette étude constitue pour certains un texte fondateur des Sciences de l'information et de la communication.

1950 Alan Turing publie un article intitulé "Computing machinery and intelligence", texte fondateur des travaux sur l'intelligence artificielle.

1951 P. Eckert et J. Mauchly commercialisent leur premier ordinateur à programme intégré, l'UNIVAC.

1952 Mise en service de l'EDVAC. La société Bull met au point l'ordinateur Gamma 3.

1955 A la demande d'IBM, création du mot "ordinateur" par Jacques Perret, philologue, professeur à la Sorbonne.

1956 Gregory Bateson (1904-1980), anthropologue américain, signe, avec Don D. Jackson, J. Haley et J.H. Weakland, un article où est formulée, dans le champ de la communication interpersonnelle, le célèbre concept du "double bind", la "double contrainte" ou encore le "double lien", c'est-à-dire une communication paradoxale comportant des messages contradictoires, ainsi lorsqu'une personne dit à une autre : "Sois spontané !".

1957 L'URSS lance le premier satellite artificiel, "Spoutnik I" Le ministère de la Défense américain crée l'ARPA (Advanced Research Projet Agency), chargé de la recherche dans divers domaines, notamment l'informatique. C'est au sein de cette Agence que naîtra l'idée de réseau informatique

1959 Jack S. Kilby et Robert Noyce mettent au point le circuit intégré (la puce électronique).

1960 Le sociologue Georges Friedmann crée à l'Ecole pratique des hautes études le Centre d'études des communications de masse (CECMAS). Paul Baran de la Rand Corporation décrit le principe de la "commutation par paquet". Cette technique de transmission des données sous forme segmentée est à la base du fonctionnement du réseau Internet.

1962 Création du mot "Informatique" par Philippe Dreyfus (à partir des mots "information" et "automatique". Lancement par les Etats-Unis du premier satellite de télécommunications, Telstar, qui établit la première liaison transatlantique de télévision entre Andover (Etats-Unis) et Pleumeur-Bodou (France). Marshall McLuhan (1911-1980), professeur de littérature canadien, publie la Galaxie Gutemberg où il lance la célèbre notion de "Village global", caractérisant l'entrée de l'humanité dans l'ère électronique, la "Galaxie Marconi". Un aphorisme le rendra également célèbre : "Le média est le message", signifiant par là que c'est la nature du média qui l'emporte sur le contenu qu'il véhicule dans la formation des modes de penser et d'agir.

1963 Lancement par les Etats-Unis du premier satellite géostationaire de télécommunications, le Syncom I.

1965 Le mot "hypertexte" est inventé par Ted Nelson qui conçoit un projet de bibliothèque universelle, "Xanadu", à l'intérieur de laquelle il serait possible de consulter les ouvrages en utilisant des "liens hypertextes". Selon Nelson, l'hypertexte se définit comme "Une combinaison de textes en langage naturel avec la capacité de l'ordinateur pour réaliser des branchements interactifs ou des affichages dynamiques d'un texte non linéaire...". Lancement du premier satellite géostationnaire de télécommunications internationales, Early Bird.

1966 Mise en place du "Plan calcul" français (destiné à s'affranchir de la domination américaine dans le secteur de l'informatique). Charles Kao, ingénieur chez ATT, publie le résultat de ses travaux sur la fibre optique. Robert Taylor, l'un des responsables de l'ARPA, propose la création d'un réseau informatique interactif à l'usage des militaires américains. Il sera appelé Arpanet.

1967 Création de l'INRIA (Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique).

1968 Premier ordinateur issu du Plan calcul français, l'Iris 80.

1969 Le réseau Arpanet entre en service.

1970 En France le parc d'ordinateurs est estimé à 4 500 unités.

1971 Premier micro-processeur fabriqué par la société Intel, le 4004.

1972 En France, est commercialisé le premie micro-ordinateur, le Micral/N, conçu par François Gernelle et André Truong. Il devance les premiers micro-ordinateurs américains, le MITS 816 et l'Alto lancé par la firme Xerox. Production des premières fibres optiques par la société américaine Corning Glassworks.

1974 Vinton Cerf et Robert Kahn affinent le protocole TCP/IP (Transmission Control Protocol/ Internet Protocol) qui permet l'interconnexion des réseaux apparus parallèlement au réseau Arpanet.

1975 Création de la société Microsoft par Bill Gates et Paul Allen. Commercialisation (en kit) du premier micro-ordinateur, l'Altair 8800, inventé par Edwards Robert. Pour cet ordinateur, Bill Gates et Paul Allen ont écrit le programme du computer "Basic". Le parc mondial d'ordinateurs est estimé à 190 000 unités.

1977 Création de Eutelsat, organisation européenne de satellites. Création au sein de l'Unesco de la "Commission internationale pour l'étude des problèmes de la communication"; le rapport de cette Commission sera publié en 1980. Depuis le début de la décennie, l'Unesco est le principal lieu où se discute le "Nouvel ordre mondial de l'information et de la communication" (NOMIC). Le Centre national d'études des télécommunications (CNET), en collaboration avec le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), organise un colloque intitulé "Sciences humaines et télécommunications".

1978 Vote par l'Assemblée nationale de la loi "Informatique et libertés". Simon Nora et Alain Minc remettent au président de la République leur rapport sur "L'informatisation de la société". Inauguration de "Transpac", réseau français informatique de transmission de données par paquets à haut débit.

1979 Lancement du pro- gramme français "10 000 micro-ordinateurs dans les lycées".

1980 De nombreux réseaux utilisant le protocole TCP/IP se connectent entre eux, le "réseau des réseaux" ainsi créé prend le nom d'Internet.

1982 Mise en service du Minitel.

1984 Le romancier américain de science-fiction, William Gibson, invente le mot "cyberspace" (cybermonde ou cyberespace) dans son roman Neuromancer.

1985 Le gouvernement français lance le plan "Informatique pour tous".

1987 Mise en service, sous le nom de "Numéris", du RNIS (Réseau Numérique à Intégration de Services), développé par le CNET.

1988 Première liaison française avec Internet.

1989 Le World Wide Web (la partie multimédia de l'Internet) est conçu au CERN (Centre européen de la recherche nucléaire, à Genève) par Tim Berneers-Lee. La société Intel commercialise le premier microprocesseur de plus d'un million de composants.

1990 Lancement par le gouvernement français du "Plan Informatique à l'école" (150 000 micro-ordinateurs prévus). Présentation du projet Iridium par la société Motorola (lancement de 70 satellites de télécommunications en orbite basse -750km d'altitude). Après vingt ans de procédures judiciaires, l'Américain Gilbert Hyatt est reconnu comme étant l'inventeur du micro-processeur.

1991 Création, en France, de Renater (Réseau national de télécommunication pour l'enseignement et la recherche).

1992 Lors de la campagne électorale à la présidence des Etats-Unis, le projet des autoroutes de l'information est lancé par Albert Gore, futur vice-président.

1993 Le principe de "L'exception culturelle" est adopté lors de la phase finale des discussion commerciales du GATT. Le gouvernement américain annonce le lancement du plan d'Albert Gore des "Autoroutes de l'information". Le président de la Communauté européenne, Jacques Delors, publie le "Livre blanc" sur les autoroutes de l'information.

1994 25e anniversaire de la création d'Internet. Gérard Théry, remet au Premier ministre un rapport sur "Les autoroutes de l'information". La Commission européenne définit un plan d'action intitulé : "Vers la société de l'information en Europe". Publication du rapport de Thierry Breton sur les marchés des autoroutes de l'information. Le conseil des ministres de l'UE chargés des télécommunications décident de la libéralisation des télécommunications au 01/01/98.

1995 Le G7 se réunit à Bruxelles pour une session entièrement consacrée aux autoroutes de l'information.

1996 Création par le gouvernement de "L'Observatoire des autoroutes de l'information". Un internaute français met sur Internet le Grand Secret, le livre interdit de Claude Gubler, l'ancien médecin de François Mitterrand.

1997 Le ministre délégué aux Télécommunications, François Fillon, reçoit Bill Gates, PDG de Microsoft. Publication du rapport de Patrice Martin-Lalande l'Internet, un vrai défi pour la France. Lors de la 18e Université d'été de la communication à Hourtin, Lionel Jospin prononce un discours intitulé "Préparer l'entrée de la France dans la société de l'information". Le ministre de l'Education nationale, Claude Allègre, lance un plan d'intégration des nouvelles technologies de l'information et de la communication dans l'enseignement. Le Commissaire européen, Martin Bangemann, publie le "Livre Vert" sur la convergence des technologies de l'information.

1998 Un comité interministériel définit un "Programme d'action" en faveur de la société de l'information, (PAGSI). Le ministre de l'Economie, Dominique Strauss-Kahn, reçoit Bill Gates. Publication du rapport de Francis Lorentz sur "Commerce électronique : une nouvelle donne pour les consommateurs, les entreprises, les citoyens et les pouvoirs publics". Publication du rapport de René Trégouët : "Des pyramides du savoir aux réseaux du savoir". Lionel Jospin confie au Commissariat général du Plan une mission de réflexion sur "Les technologies de l'information au service de la modernisation de l'Etat".

1999 Publication du rapport de Jean-François Abramatic, "Développement technique de l'Internet".

retour