Regards Juin 1999 - Lectures

La presse en revue
Projets

Par Pascal Carreau


Ecologie et politique

Hugues Portelli note que "pour les tenants de l'écologie politique, le mouvement écologiste contemporain serait à cette fin de XXe siècle ce que le socialisme aurait été au siècle qui s'étend de la révolution industrielle aux années 1970." Selon lui, il s'agit d'un "parallélisme séduisant mais qui ne tient pas compte des faiblesses intrinsèques de l'écologisme. La première est l'absence de base sociale homogène : le monde ouvrier avait fourni la base naturelle du socialisme, avec ses conditions de travail et de vie, ses solidarités professionnelles, humaines et territoriales. A l'inverse, les problèmes d'environnement concernent le citoyen dans sa vie sociale, son cadre de vie, et non sa vie professionnelle. Il est donc difficile de fédérer, faute de groupes sociaux homogènes, des individus aux prises avec tantôt le danger nucléaire, tantôt la pollution, tantôt la déforestation..."

La deuxième, selon lui, est que "le mode d'organisation et de représentation de l'écologie est essentiellement associatif. Dans la plupart des Etats développés, un réseau d'associations et de groupes de pression très dense s'est constitué pour défendre l'environnement. Il est souvent segmenté" et "la puissance du mouvement associatif (qui refuse l'engagement politique) est un barrage décisif à la constitution d'un mouvement politique, soit qu'il opte pour les techniques du lobbying (modèle anglo-saxon), soit qu'il se structure sur son seul objectif, y compris sous forme de transnationale militante (comme Greenpeace ou WWF)".

"Pourquoi les Verts n'arrivent pas à décoller",
Le Monde des Débats, mai 1999

 

Social-démocratie, nouvelle étape ?

Dans son premier numéro, la Revue Socialiste évoque l'avenir du "socialisme européen". Elle pose que "les partis socialistes et sociaux-démocrates européens ont le vent (électoral) en poupe. (...) Une des caractéristiques essentielles de ces succès électoraux tient à la convergence apparente de leur orientation politique. Il s'agit certes de victoires de la gauche ou du centre-gauche sur la droite, mais surtout de victoires de partis empreints, pour la première fois à l'échelle européenne, de réalisme économique et social." Peut-on en tirer "des enseignements qui nous permettraient de distinguer les traits d'une nouvelle vision d'ensemble du programme et de la stratégie social-démocrates en Europe ?"

Ces victoires électorales "apparaissent à la fois comme l'aboutissement d'une transformation idéologique et comme le début d'une nouvelle étape dont il reste en grande partie à tracer les contours. L'exercice du pouvoir présentant à la fois l'avantage de rendre urgente la mise en oeuvre de nouvelles coordonnées pour l'action politique et l'inconvénient de presser une réflexion encore embryonnaire. Il ne s'agit plus en effet de savoir si les grands partis sociaux-démocrates européens réussiront un nouveau "Bad-Godesberg" à froid – intégrant cette fois rien moins que la fin du monde communiste, la mondialisation de l'économie et la révolution des technologies dans leur programme – mais plutôt s'ils seront capables d'engager un véritable travail de renouveau idéologique alors même qu'ils sont aux affaires".

"Perpectives",
La Revue socialiste, n°1, printemps 1999.

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