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La presse en revue Par Pascal Carreau |
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| Troisième voie |
| "Les social-démocraties européennes à l'épreuve du pari de la réforme" est le thème d'Esprit. Olivier Mongin et Marc Lazar relèvent que, depuis l'arrivée de nouveaux gouvernements en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne, toute une littérature "a recouru à l'expression ambiguë de "troisième voie" et s'est focalisée sur l'avenir des social-démocraties européennes et des politiques de réforme". |
| Aujourd'hui, "troisième voie, social-démocratie, réforme : voilà trois termes que l'on a tendance à associer spontanément quand on évoque l'avenir du modèle social européen"; avec un double défaut : "raviver des débats idéologiques surannés qui ont rythmé l'histoire de la gauche" ; "ne pas prendre suffisamment en considération les glissements historiques (la sortie des Trente Glorieuses, la fin du communisme révolutionnaire). L'idée de troisième voie s'est d'ailleurs imposée parce qu'on y a vu, à tort, une nouvelle version de la troisième voie des années 30 qui préconisait un double dépassement de l'individualisme capitaliste et du collectivisme communiste." Or, "loin de correspondre à cette vision historique, l'idéologie de la troisième voie préconise un dépassement de la social-démocratie et reconsidère dans cette optique la pertinence du clivage droite/gauche". Elle "témoigne donc d'une double interrogation sur la réforme et sur les social-démocraties qui n'en incarnent que l'une des voies possibles". "Les social-démocraties européennes se heurtent, chacune à leur manière, à divers obstacles historiques." |
| Les partis sociaux-démocrates et socialistes, qui "n'ont jamais autant partagé d'idées, de références et de valeurs communes", "continuent néanmoins de se différencier en raison des traits de leur société d'appartenance, des dispositions des systèmes politiques nationaux, de leur propre cheminement historique, des caractéristiques de leur organisation, de leurs stratégies et de leurs pratiques." Les débats sur la troisième voie marquent donc "moins la victoire d'un modèle prédéfini ou en réinvention" que "la plus ou moins grande difficulté des pays européens d'assumer le parti pris de la réforme, si l'on entend par cette expression l'aptitude à transformer une société sans opérer une rupture révolutionnaire et revendiquer un modèle historique alternatif." |
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"De la troisième voie à l'impératif de la réforme",
Esprit, mars-avril 1999. |
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