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Mémoire Par Marina Da Silva |
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| En fixant les élections israéliennes au 17 mai, Benyamin Netanyaou a cherché à mettre encore davantage en difficulté Yasser Arafat, déjà très affaibli par son incapacité à obtenir l'application des accords de paix et dont la seule carte restait la proclamation de l'Etat palestinien, le 4 mai 1999. Juste avant les élections israéliennes ? L'on imagine à quelles pressions les Palestiniens, urbi et orbi, vont être soumis pour y renoncer au prétexte de "radicaliser" encore davantage de sa politique le confirme. |
| On ne saurait oublier que le ministre des Affaires étrangères avait été reconnu responsable par la Cour israélienne des massacres des camps de réfugiés de Sabra et Chatila, en 1982. Ses états de service l'avaient déjà illustré dans l'exécution de soldats égyptiens faits prisonniers dans le Sinai, en 1967. Il semble donc que la société israélienne ait la mémoire courte de le voir ainsi revenir au devant de la scène politique. La nôtre aussi qui a laissé l'illustre personnage être officiellement accueilli à Paris à la mi-janvier sans protestation notable. |
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Le choix de Sharon pour refaire l'unité
autour du gouvernement israélien n'est
pas du meilleur augure pour les Palestiniens. Le ministre des Affaires étrangères n'a que
le mot "sécurité" à la bouche, qu'il martèle durant ses conférences de presse.
"Le Likoud est le seul qui peut faire avancer le traité de paix car nous sommes les seuls à traiter des questions de sécurité." "Je suis venu d'abord en tant que juif. Je suis concerné par le sort et la sécurité des juifs." "Si les Palestiniens veulent arriver à un accord, ils doivent d'abord répondre à nos demandes de sécurité." Si l'on évoque la proclamation d'un Etat palestinien, il n'hésite pas à être menaçant et à la qualifier de "décision unilatérale pour laquelle il y aurait des représailles". |
| Ses projets politiques pour les Palestiniens sont clairs et développés dans le "plan Sharon" (publié dans le quotidien Ha'aretz, le 5 novembre 1998). Il n'y est plus du tout question d'Etat palestinien mais du concept de "souveraineté limitée" avec le contrôle par Israël des armes, des frontières, des ports du peu de territoire indépendant... Certes Sharon reconnaît qu'il faut faire quelque chose sur le plan humanitaire et économique, réalisant que, lorsque le PNB israélien est de 30 000 dollars pour les Israéliens et plafonne à 2 000/3 000 dollars pour les Palestiniens, les conséquences peuvent en être explosives. |
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Mais il semble convaincu qu'avec
quelques miettes et beaucoup de dureté il peut encore jouer longtemps les apprentis sorciers. Le plus inquiétant, c'est que ses positions ne sont pas seulement les siennes mais celles du gouvernement qu'il représente. C'est, d'une part, ce qu'il assure haut et fort et, d'autre part, corroboré dans l'information du MidEast Mirror selon laquelle
bien que "arrivé seulement à la septième place parmi les membres du comité central du Likoud, il aurait une place importante dans le futur gouvernement en cas de
victoire de Netanyaou".
Rendez-vous en mai. |
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