Regards Avril 1999 - Lectures

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Essais

Par Pierre Courcelles


Socialistes et Belges...

L'idée de révolution sociale ayant été, provisoirement (?), remisée dans les cartons de l'Histoire, il reste à se (re)mettre à l'étude de son terme antagoniste, le réformisme – en gardant cependant en mémoire que Marx (et Lénine) considérait la lutte pour les réformes économiques comme l'une des tâches de la lutte révolutionnaire. C'est ce que proposent les amis belges avec les Socialistes et le pouvoir, un copieux ouvrage réunissant, sous la direction de Hugues Le Paige et Pascal Delwit, une dizaine d'historiens, politologues, sociologues, économistes, journalistes qui tentent de "dresser le bilan (provisoire) des tentatives faites jusqu'à présent pour maîtriser l'avenir et rendre plus égalitaire la société existante". Tentatives des socialistes belges dont le parti d'origine, le POB (Parti ouvrier belge), fut fondé en 1885 sur une large base d'organisations ouvrières dans un contexte de rapide révolution industrielle de la partie wallonne du pays. C'est l'un des premiers partis socialistes, en 1894, à entrer dans un parlement, avec 27 députés. C'est aussi le premier parti socialiste européen à avoir participé, dès 1914, en la personne d'Emile Vandervelde, à un gouvernement "bourgeois" – d'union nationale, il est vrai. C'est aussi de ses rangs que vient l'une des plus intenses contestations de la lutte des classes, l'ouvrage d'Henri De Man Au-delà du marxisme publié en 1927. Les socialistes belges ont beaucoup oeuvré à la constitution d'un "modèle" social-démocrate qui, s'il est aujourd'hui en crise, ne rencontre aucune alternative crédible. C'est aussi la raison pour laquelle cet ouvrage ne se veut pas seulement rétrospectif mais aussi le lieu de "s'interroger sur le présent et l'avenir de ce projet" – le réformisme.

Les Socialistes et le pouvoir,
sous la direction d'Hugues Le Paige et Pascal De Wit.
Editions Labor, collection La Noria, 1998.

Editions Labor : 158, chaussée de Haecht, 1030 Bruxelles.

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