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Lectures |
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| Le propre de l'Homme |
| La mode actuelle est à gommer la spécificité humaine dans le règne animal. Le singe serait un Homme. Et donc l'Homme serait un singe. Ainsi naturalisées, les tares de nos sociétés deviendraient sinon acceptables, du moins indépassables. Et pourtant la contradiction vient d'où on l'attend le moins : le sexe ! Quoi de plus bestial, me direz-vous. Erreur ! "Les pratiques sexuelles des hommes (et des femmes, il faut bien le préciser) diffèrent de celles des autres animaux, y compris de nos ancêtres simiens les plus proches", montre le physiologiste, Jared Diamond, de l'Académie des Sciences américaine. Son dernier ouvrage s'attache à comprendre "pourquoi nous sommes devenus aussi différents" au cours de l'évolution. Le scientifique place "notre sexualité particulière" au même niveau que la taille du cerveau ou la station debout pour expliquer le développement de la culture, du langage, des relations familiales ou la maîtrise des outils. Et de soulever plus d'une question de prime abord, incongrue : "à quoi servent les hommes ? pourquoi n'allaitent-ils pas leurs nourrissons ?" Ou encore : "la taille du pénis humain dépasse le strict nécessaire fonctionnel (...) Il s'agit donc d'une manière pour l'homme de se vanter : je suis déjà si intelligent et supérieur que je n'ai pas besoin de développer mon cerveau mais je peux au contraire me permettre le handicap d'agrandir inutilement mon pénis". |
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Jared Diamond,
Pourquoi l'amour est un plaisir, l'évolution de la sexualité humaine, Hachette Littératures, 190p, 98F |
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