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Découverte Par Claudie André-Deshays* |
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Entretien avec |
| En direct avec Claudie André-Deshays à l'entrainement à la Cité des étoiles. |
| "Je suis la doublure de Jean-Pierre Haigneré pour la mission du 22 février, le dernier vol à bord de la station Mir qui descendra ensuite et sera détruite dans l'atmosphère durant l'été 1999. La station spatiale internationale (ISS) prendra le relais. Il s'agit d'un vol de longue durée, de trois à six mois. Une sortie extra-véhiculaireest prévue pour un programme scientifique “d'exobiologie”. Il s'agit de savoir comment se comporteront des acides aminés, des protéines exposées au vide spatial, aux radiations. Comment vont-elles être modifiées ? Et par là-même de comprendre comment ces molécules primaires, ces briques de la vie, ont pu aboutir à la constitution de la vie ? Au fond, comment expliquer l'apparition de la vie sur Terre ? Une autre expérience consiste à récupérer des poussières de comètes. Les Léonides, un flux de comètes, sont passées près de la Terre au mois de novembre. A l'extérieur de la station, on a installé une plaque qui a permis de piéger des poussières de comètes et on va donc récupérer cette plaque. L'analyse de ces poussières intéresse l'origine de l'univers dont les comètes sont des vestiges des premiers moments, restés en l'état pendant des milliards d'années. |
| La troisième expérience, plus technologique, est l'exposition de composants électroniques à cette atmosphère de vide spatial et de radiations pour savoir comment se comportent les batteries solaires et les systèmes électroniques de haut niveau dans cette ambiance. Cela servira aussi à déterminer les meilleurs matériaux et composants à utiliser pour les satellites automatiques. Cette sortie extra-véhiculaire est un moment très fort de notre entraînement. On va sortir avec un scaphandre spécifique, "orlan" qui est une sorte de petit vaisseau protecteur individuel et complètement autonome. On sort de la station sans cordon ombilical qui nous y relie. Aussi ce vaisseau contient tout le système de support-vie (oxygène, absorption du gaz carbonique, maintien de la température, protection contre les radiations). |
| Enfin on va s'entraîner comme ingénieur, aussi bien pour le vaisseau Soyouz que pour le travail à l'intérieur de la station MIR. Jusqu'à présent les Français et les Européens avaient été entraînés comme cosmonautes chercheurs, expérimentateurs pour un programme scientifique. Cette fois-ci, nous aurons la double fonction. Cela repose sur la coopération de longue durée entre la France et la Russie depuis le premier vol de Jean-Loup Chrétien en 1982. Ces multiples tâches – à la fois gérer des systèmes et réaliser des manipulations scientifiques – constituent le métier d'astronaute." |
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* Première Française dans l'espace. |