|
Ça va vite Par Henri Malberg |
|
|
|
La vie politique française semble s'être accélérée. Ça va vite. Un clou chasse l'autre.
L'année a commencé avec l'"euro-roi". Ne jamais oublier le fantastique défilé des ministres des Finances glorieux et optimistes.
Du coup, la Bourse s'est envolée. Puis, elle est retombée. N'empêche qu'au total cela doit faire plus 30 %, de janvier 1998 à janvier 1999. Ils ne sont pas à plaindre, pensent les pauvres, comme la grande masse des Français. Voir ici notre dossier "Oubliés de l'an 2 000".
Et à droite ? Le président de la République a commencé l'année en fanfare critiquant les 35 heures, les impôts trop lourds et l'insécurité. La droite se voyait déjà en haut de l'affiche. Patatras ! Elle se retrouve divisée en trois morceaux, sinon quatre pour les élections européennes. C'est bien, disent les uns, on ratisse plus large. Non, disent les autres, on va s'étriper entre nous. A l'extrême droite, le Congrès du Front national de Mégret met la France dans la situation d'avoir deux FN au lieu d'un. Donc, écrit l'Humanité, une raison d'être deux fois plus vigilants (1). |
| Du meilleur et du préoccupant |
|
Dans la situation du pays, il y a du meilleur et du préoccupant.
Par exemple, bonne nouvelle à EDF : on va remplacer 15 000 salariés qui partent à la retraite par 20 000 embauches. C'est un coup de jeune. Mais, dans l'automobile, le patronat cherche à gagner ce qu'il n'avait pas obtenu avec la droite : 40 000 départs à la retraite, 15 000 embauches. Parmi les inquiétudes, le projet ébauché dans les rangs du pouvoir de favoriser les "stock-options". Un cadeau énorme de 4 milliards à 12 000 privilégiés qui auraient bénéficié d'une baisse d'imposition de 40 % à 26 %. A comparer aux 2,5 milliards accordés le 1er janvier à 1,5 millions de personnes qui vivent avec les minima sociaux. L'affaire, révélée, semble dans le lac. L'arrogance des puissants est sans limite. Les banquiers et le gouverneur de la Banque de France réclament une baisse de la rémunération du livret A – 46 millions de bénéficiaires. Argument : cela a rapporté 2 % l'an dernier, déduction faite de la hausse des prix. Le p.d.-g. de la BNP a osé déclarer que "les caisses d'épargne étaient un véritable paradis fiscal"... Le projet a été repoussé par le premier ministre, qui a déclaré, le 21 janvier, au Forum de l'Expansion, que "les données économiques sont toujours accompagnées de données psychologiques et politiques". Le Monde commente : on verra après les européennes (2). |
| La responsabilité des gens de gauche |
|
En ce début d'année, c'est comme si le destin hésitait entre les pressions du libéralisme, des marchés financiers et l'avancée résolue nécessaire si on veut satisfaire ceux qui ont voté à gauche.
Ça se joue tous les jours dans les luttes, dans les débats politiques et dans les décisions gouvernementales. Interrogé par Regards sur les enjeux actuels, Robert Hue expose ses craintes. Il avait fait remarquer dans Libération du 21 janvier dernier : "... Lionel Jospin conduit une politique qui, sur un certain nombre de questions, ne va pas assez loin, selon moi. Il ne s'inscrit pas dans une démarche néo-libérale mais il n'est pas assez en rupture avec le libéralisme." Toutes les forces progressistes sont comptables de la suite. Le Parti communiste aussi, bien sûr. Cela se pose avant tout en termes de batailles quotidiennes pour rassembler les forces en faveur du progrès social et pour donner du contenu au désir de changement. Pour les communistes, être au gouvernement et dans la majorité, – "dedans" comme on dit – en même temps que critiques et actifs dans le pays pour que des solutions plus à gauche l'emportent, est une même démarche. C'est la stratégie politique d'un parti qui veut agir de toutes ses forces pour des solutions positives face à l'énorme pression qui s'exerce pour faire pencher la politique du pouvoir vers un social libéralisme, ce qui signifierait un recul de l'espérance pour longtemps. |
| Demain les élections européennes |
|
Les élections européennes du 13 juin prennent une place croissante dans la vie politique. Un grand débat s'engage sur l'avenir de l'Europe.
Les communistes développent l'idée d'une réorientation de la construction européenne comme association de nations libres, coopérant au progrès social et à la démocratie.
Elaborant sa liste, le Parti communiste a choisi de s'ouvrir à tous les mouvements sociaux et intellectuels. Pour contribuer à leur donner la place à laquelle ils peuvent prétendre dans la vie du pays. |
| Un nouveau projet de société |
|
La réflexion sur un nouveau projet de société fait partie de l'ambition des communistes, qui ne se fondent pas dans une gauche vague. Un projet communiste s'élabore, que le secrétaire national du Parti communiste, dans son nouveau livre, a resserré en neuf grands thèmes charpentés, argumentés. Le dixième, c'est le Parti communiste lui-même. Ce n'est pas le moins important (3).
Dans ce chantier du renouveau, un effort de retour sur l'histoire du Parti communiste est nécessaire. Ce qu'il a fait de grand et ce qu'il a fait de mal. C'est le sens des pages que nous consacrons à ceux qui ont été exclus ou éloignés du Parti. Peut-on d'ailleurs imaginer l'avenir d'une France progressiste et d'une société qui bouge sans un parti communiste vivant, créateur, utile, un parti communiste pour qui votent plus de Françaises et de Français ? |
| Et Regards ? |
|
Regards, mensuel communiste, est engagé dans le même effort que l'Humanité et l'Humanité hebdo pour répondre aux besoins d'un public plus large.
Beaucoup de lecteurs nous disent leur intérêt. Et leurs critiques. Nous voulons entendre tout ce qu'on pense du contenu de Regards, de sa démarche, de son accessibilité et du confort de lecture. Le mois prochain, nous publierons un questionnaire précis qui nous permettra de mieux cerner les attentes et les opinions. Ce sera beaucoup nous aider que d'y répondre. Nous rendrons publique l'analyse de ces réponses et nous en tiendrons compte pour faire encore mieux un mensuel communiste de débats, d'ouverture. Un journal intéressant, vivant, qu'on a plaisir à ouvrir, tenir dans ses mains, lire. Et conserver. Et puis, nous aider, c'est aussi contribuer à élargir le nombre de nos abonnés. Il est à la portée de nombre de lecteurs de faire un abonnement dans leur entourage. Ce geste multiplié peut beaucoup pour conforter notre situation financière qui, comme chacun l'imagine, relève d'une bataille incessante. |
|
1. 25 janvier 1999. 2. 23 janvier 1999. 3. Voir l'entretien avec Robert Hue, pages 13 et 14 . |