|
An 2000
Par Xavier Delrieu |
|
|
|
Si un ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie vous annonce qu'il "est de plus en plus probable qu'il n'y aura pas d'avions qui voleront le 1er janvier 2000 ", c'est que le bug de l'an 2000 commence à sérieusement inquiéter son monde.
Dominique Strauss-Kahn, Marylise Lebranchu, secrétaire d'Etat aux PME, au commerce et à l'artisanat, et Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'industrie ont donc décidé de prendre les choses en main et de s'attaquer à ces quelques lignes informatiques manquantes qui pourraient bien semer une panique générale dans tous les ordinateurs, ascenseurs, digicodes...
Rappelons que tous les systèmes informatiques pourraient confondre le 1er janvier 1900 et le 1er janvier 2000, les puces ne mémorisant les dates que par les deux derniers chiffres, et ce depuis les prémisses de l'ère informatique, où deux lignes économisées avaient leur importance. Cette fois-ci, il ne s'agit pas de corriger un système en prenant son temps, la date butoir est connue depuis longtemps et le résultat sera lui aussi binaire: ça " plantera " ou ça ne " plantera " pas. Les grandes entreprises, les banques et les administrations ont d'ores et déjà pris le problème à bras-le-corps. Ce sont les PME qui semblent encore insuffisamment préparées à cette échéance. Diverses mesures ont donc été adoptées: un centre national d'information sur le passage à l'an 2000 a été créé et a édité un guide pratique intitulé Maîtrisons ensemble le passage à l'an 2000 des systèmes électroniques qui est diffusé dans près de 2,2 millions de PME; un comité national réunissant acteurs privés et publics va suivre toute l'année les avancées des divers projets; une campagne radio de sensibilisation auprès des chefs d'entreprises est prévue. Il serait même question de transformer le vendredi 31 décembre 1999 en jour férié afin de peaufiner les préparatifs de dernières minutes... En fait, en France nous ne risquons pas grand chose, chacun a pris la mesure des risques. Ce qui n'est pas du tout le cas en Europe de l'Est et en Russie où un ministère n'hésite pas à répondre qu'il attendra "l'an 2000 pour remédier à toute panne d'ordinateur due au changement de millénaire ". |