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Algérie
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Entretien avec Mahfoud Bennoune* Voir aussi Une initiative du PCF |
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Une élection présidentielle doit avoir lieu dans quelques mois et alors que la violence se poursuit, un nouveau Premier ministre a été désigné.
Comment regardez-vous la situation politique ?
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Mahfoud Bennoune : La situation politique est avant tout caractérisée par la préparation des élections.
Après la surprise qu'a constituée l'annonce de Liamine Zeroual de démissionner avant la fin de son mandat, les partis politiques, les gens commencent à se préparer à ce scrutin, prévu pour le printemps prochain, dans des conditions extrêmement difficiles et graves.
La façon dont Zeroual a démissionné fait penser au capitaine qui abandonne son navire dans la tempête. D'un côté, le terrorisme est là, de l'autre, le plan d'ajustement structurel du FMI, qui, lui-même, a eu les effets d'une guerre dévastatrice, nous étrangle. 280 000 emplois doivent être supprimés dans des secteurs clés qui vont s'ajouter aux 4 millions de chômeurs déjà exixtants. Dans certaines provinces, le taux de chômage atteint d'ailleurs 80%. Le système scolaire a aussi d'énormes problèmes. Quand un pays comme l'Algérie est assailli sur tous les fronts, social, économique et sécuritaire, la seule possibilité est d'essayer de rassembler les forces démocratiques pour contre-attaquer. Mais la situation est très dangereuse et préoccupante.
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Justement, où en sont les forces démocratiques.
Un front va-t-il se constituer ?
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M.
B.
: Les forces démocratiques s'efforcent de créer quelque chose.
Je ne vous cache pas que c'est difficile.
Le peuple a perdu confiance dans les institutions, l'Etat, les hommes politiques, les partis parce qu'il a été déçu.
Il faut un effort énorme pour parvenir au moins à gagner la confiance du peuple.
La politique est un acte volontariste.
Sans la prise de conscience, sans les explications, sans l'acte volontaire, mobilisateur pour dire aux gens qu'ils doivent réagir afin de se protéger, on ne peut pas changer les choses.
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Ces Assises de Marseille peuvent-elles aider à aller dans ce sens ?
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| M. B. : Absolument. Nous sommes venus discuter avec nos amis français qui nous ont toujours soutenus au moment où l'Union européenne et les Etats-Unis nous ont mis en quarantaine: ils ont cessé leurs relations aériennes, ont interdit à leurs citoyens de voyager en Algérie pour des raisons de sécurité. En quelque sorte, ils nous abandonnent à notre sort face à l'intégrisme. Les discussions que nous avons engagées à Marseille et que nous allons concrétiser dans les mois qui viennent, ont justement permis d'expliquer la complexité de la situation algérienne. |
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* Universitaire algérien, sociologue. |
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Une initiative du PCF
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France-Algérie-Europe, partenariat vital
Marseille a accueilli, les 27, 28 et 29 novembre des assises d'un nouveau genre: 180 personnes des deux rives de la Méditerranée ont travaillé, à l'initiative du PCF, à un partenariat Algérie-France-Europe.
Au coeur des débats, la question économique et sociale et la dette de 31 milliards de dollars qui handicape le développement du pays.
Plusieurs propositions concrètes ont été formulées, comme la création d'une agence de développement et de coopération en Méditerranée, la création d'une chaîne de télévision France-Maghreb et la réouverture de la ligne d'Air France.
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