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Pierre Vidal-Naquet
Par Claude Lecomte |
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Entretien avec Pierre Vidal-Naquet* Voir aussi Un historien dans la cité |
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Pourquoi avoir choisi la date de 1955 comme césure dans votre vie ? A cause de la guerre d'Algérie, me direz-vous, mais celle-ci a commencé plus tôt, en novembre 1954 ?
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Pierre Vidal-Naquet : Tout simplement parce que c'est en 1955 que je commence ma vie professionnelle.
J'ai été très hostile à la guerre d'Algérie dès son début comme je l'avais été à la guerre d'Indochine.
Mais j'avais mes études à terminer et je ne pouvais guère militer en dehors du mouvement étudiant auquel j'appartenais.
Il y a eu en plus un déclic, celui de la torture.
Je savais qu'elle avait déjà été pratiquée en Indochine, à Madagascar.
Dès 1951, Claude Bourdet demandait s'il n'existait pas une véritable Gestapo française ? Or, il arrivait que pour moi, la torture était intimement liée au nazisme.
Mon père, résistant avait été torturé à Marseille en 1944.
J'étais profondément indigné, ulcéré d'apprendre que l'armée, la police française pouvait avoir le même comportement.
Un autre moment important pour moi a été l'attitude de Guy Mollet, le 6 février 1956, capitulant sous les tomates des émeutiers d'Alger. Je n'avais pas énormément d'espoir dans le Front Républicain car je savais qui était Guy Mollet mais je l'avais entendu qualifier cette guerre " d'imbécile et sans issue " durant la campagne électorale précédant les élections du 2 janvier 1956. Sa capitulation m'a fait honte. Puis, il y eut les manifestations de rappelés...
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Précisément, vous écrivez qu'il "fallait savoir lire entre les lignes pour se rendre compte que l'Humanité parlait de ce mouvement mais ne le soutenait pas ".
Je m'inscris en faux pour avoir participé, avec les jeunesses communistes au soutien total à ce mouvement...
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P.
V.-N.
: Les jeunesses, sûrement mais les communistes que je connaissais m'ont dit que le soutien du parti était pour le moins mou...
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Ce n'est pas le souvenir que j'en garde, mais revenons à la torture...
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P.
V.-N.
: Dès 1956, les documents ont commencé d'affluer.
Jean-Pierre Biondi et Claude Gérard m'ont apporté en 1956, à la Bibliothèque nationale, des documents accusateurs sur ce qui se passait en Algérie y compris depuis la constitution du gouvernement de Front Républicain.
Puis, un événement décisif s'est produit, ma rencontre aux vacances de Noël avec mon vieux camarade Robert Bonnaud.
Soldat en Algérie, il y avait vu, dans les Némentchas, des soldats français égorgeant des prisonniers algériens au couteau de cuisine.
J'étais alors lié à la revue Esprit.
J'ai porté ce texte de Robert Bonnaud à Jean-Marie Domenach qui l'a immédiatement publié.
En juillet 1957, nous avons appris par l'Humanité, qui a été saisie puis par le Monde, qu'un journaliste communiste algérien, Henri Alleg, avait été torturé puis qu'un assistant à la Faculté des sciences d'Alger, Maurice Audin, avait disparu. J'ai adressé une lettre au Monde avec en signature ma fonction d'alors, assistant à la faculté des lettres de Caen à la suite de laquelle j'ai reçu une lettre de madame Audin. J'ai alors réagi en historien en posant le problème: Audin s'est-il évadé ou a-t-il été assassiné ? Le comité Maurice Audin qui s'est alors formé m'a confié la tâche de poursuivre cette investigation. L'affaire Audin ne représentait, nous l'avons vu rapidement, que la partie émergée d'un gigantesque iceberg. Le reste recouvrait la pratique généralisée de la torture et la guerre elle-même, car le FLN devait la pratiquer ainsi que l'OAS et ceux qui la combattaient. J'ai eu en 1961 un conflit avec Jules Borker, avocat communiste et défenseur de Maurice Audin qui s'étonnait que j'ai signé un texte dénonçant la torture utilisée contre les gens de l'OAS.
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Comment expliquez-vous que des gens qui ont subi la torture puissent l'infliger à leur tour ?
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P.
V.-N.
: Il n'y a qu'un poète communiste algérien, Bachir Hadj Ali pour avoir écrit " je jure que les tortionnaires ne seront pas torturés " car c'est une terrible logique qui fait que l'on passe facilement du rôle de victime à celui de bourreau, c'est la logique du combat.
Les torturés qui deviennent tortionnaires estiment qu'ils sont de bons tortionnaires.
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Vous avez écrit à ce propos que " la torture ne disparaîtra que lorsque chaque homme aura accédé à l'humanité ", mais j'en profite pour une question d'actualité: Vous avez publié dans Vérité-Liberté de juin-juillet 1962 " des documents accablants - venant des archives de Paul Teitgen - sur les activités tortionnaires de Jean-Marie Le Pen ".
Vous a-t-il poursuivi en justice ?
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P.
V.-N.
: Il n'y a jamais eu aucune réaction, aucun procès.
Je l'ai affirmé à la barre des tribunaux au cours de procès intentés à Libération et au Canard enchaîné, j'ai même précisé que Le Pen avait accompli ces actes à titre privé, même pas en service commandé.
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Concernant la poursuite de la guerre, vous rejetez la version gaulliste d'une marche programmée vers l'indépendance voulue par le général de Gaulle dès 1958.
Sur quoi appuyez-vous votre conviction ?
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P.
V.-N.
: De Gaulle était un homme politique très habile.
Il avait su mettre plusieurs fers au feu, se conciliant les partisans de l'Algérie française comme en a témoigné Soustelle, tout en affirmant à d'autres qu'un peuple qui se bat pour l'indépendance doit l'obtenir.
Il est vrai que dès l'été 58, il avait noué des contacts par l'intermédiaire de Farès et de Jean Amrouche avec le FLN.
Mais il voulait obtenir la victoire sur le terrain.
Ce fut le but de l'opération Challe, particulièrement meurtrière.
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Vous écrivez à propos de la lutte contre cette guerre: " je fis l'apologie du refus collectif qui malheureusement n'existait pas ".
Pourquoi, selon vous ?
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P.
V.-N.
: C'était un refus collectif qui avait caractérisé le mouvement des rappelés et je souhaitais effectivement qu'il y ait un refus collectif.
Dire qu'il a échoué n'est pas tout à fait exact.
Il a été pratiqué au moment du putsch des généraux.
C'est le refus d'obéir des soldats qui a joué le rôle décisif, à l'appel il est vrai, du général de Gaulle.
Mais le refus de la guerre elle-même n'a pu être possible face à la légalité.
Il n'y a pas eu beaucoup de déserteurs, quelques dizaines, dont il faut détacher le cas de Noël Favrelière.
Il était chargé de garder deux prisonniers, deux combattants.
L'un a été emmené et jeté d'un hélicoptère sur son village.
Alors, Noël a emmené l'autre et est parti avec lui.
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Vous écrivez, à propos de l'action des anticolonialistes qu'ils constituaient trois catégories: " les dreyfusards; les bolchéviques qui espéraient qu'à la faveur de cette crise se constituerait un parti révolutionnaire nouveau; les tiers mondistes qui voyaient dans "les damnés de la terre" la nouvelle force révolutionnaire qui ébranlerait le monde.
" Mais, moi, je ne me reconnais dans aucune de ces catégories.
J'ai soutenu partout l'action de libération en pensant qu'il n'était plus possible que subsiste le colonialisme...
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P.
V.-N.
: Madeleine Rebérioux me fait le même reproche dans le livre Un historien dans la cité.
Elle écrit que cette distinction ne lui semble pas " très pertinente ".
Il est vrai que chacun a en réalité un peu des trois.
Je l'ai d'ailleurs écrit en précisant que " en chacun de nous les proportions variaient selon les tempéraments et selon les moments ".
Moi, je suis fondamentalement un dreyfusard mais les deux autres catégories également apparaissent.
Dreyfus, c'est, dans une certaine mesure, le même combat. C'est d'abord chez moi une tradition familiale. Mon oncle, né en 1900, a été prénommé Georges, comme le colonel Picquart, Emile comme Zola et Alfred comme Dreyfus. Dans les deux cas, j'ai le sentiment d'un combat pour la vérité, d'un combat pour l'histoire, d'un combat pour la France. C'est ce qu'exprime Jaurès dans ce texte, extrait de Preuves que j'ai publié en quatrième de couverture du livre sur l'affaire Audin et qui dit que puisque toutes les institutions se sont pourries, une seule peut faire la révision du procès et c'est la France. On peut trouver cela grandiloquent mais l'idée demeure profonde. Un mot encore sur la liaison entre l'affaire Dreyfus et l'affaire Audin, lorsque le dossier a été retiré des mains de la justice d'Alger, c'est à Rennes, lieu du second procès Dreyfus, que ce dossier a été transmis
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Vous écrivez que " la guerre d'Algérie avait provoqué en moi un engagement total.
Je ne devais plus jamais me retrouver ainsi pris à la gorge par un sentiment aussi intense ".
Quelles sont aujourd'hui les causes qui valent que l'on s'y engage comme pour l'affaire Dreyfus, comme pour l'affaire Audin ?
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P.
V.-N.
: Je dirais d'abord pour la paix en Algérie, pour la fin de cette guerre civile.
J'ai écrit deux articles dans Le Monde sur ce sujet.
Je pense, depuis 1962, que le drame de l'Algérie est d'être tombé sous la coupe d'une clique militaire, avec Ben Bella puis Boumedienne et cette armée des frontières qui n'avait jamais combattu, et cela s'est poursuivi avec Chadli puis Zéroual.
Je sais fort bien que les Islamistes sont des criminels mais il y a aussi la responsabilité de ce gang qui s'est emparé de l'Algérie.
Tant qu'il ne sera pas démantelé rien ne sera possible...
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Mais, ne pensez-vous pas qu'en tant qu'anciens colonialistes les Français sont mal placés pour jouer les donneurs de leçons ? N'avez-vous pas écrit que " nous autres, Français, nous portons notre part de responsabilités " dans la situation actuelle de l'Algérie par l'héritage du colonialisme ?
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P.
V.-N.
: Je ne pense pas jouer les donneurs de leçons mais je pense que ceux qui se sont pleinement engagés pour l'indépendance algérienne peuvent émettre des avis et cela, je l'ai dit et écrit dès 1962.
Je n'ai jamais regretté d'avoir lutté pour l'indépendance et je ne suis pas prêt à le faire mais je continuerai à m'élever comme je l'ai fait contre les massacres des harkis, contre les mesures des putschistes et de leurs adversaires.
Les responsabilités françaises sont évidentes.
Les autorités d'alors et le FLN se sont livrés à une sorte de concurrence à qui détruirait le plus possible d'élites algériennes.
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Vous êtes un historien de la Grèce antique.
D'où vient cette passion, que vous apporte-elle pour la connaissance de l'histoire contemporaine ?
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P.
V.-N.
: Cela remonte à mon enfance durant la guerre.
Je lisais Antigone mais alors que Jean Anouilh faisait l'apologie de Créon comme type même du collaborateur, moi, je privilégiais Antigone, la résistante refusant la tyrannie.
Il en était de même sur le combat de Démosthène contre Eschine.
Démosthène était le résistant luttant contre la collaboration.
J'avais un professeur d'histoire en seconde qui nous a fait partager ces valeurs.
Il était lui même résistant et a combattu dans l'armée de Lattre.
La Grèce était le symbole de la beauté et de la démocratie même si j'en connais les limites à l'égard des femmes, des esclaves...
Elle est pour moi également le symbole du recul par rapport à l'actualité immédiate. Quand j'ai du choisir une idée de thèse, j'ai d'abord voulu la consacrer à la guerre d'Espagne, cette grande cause des années trente. Et finalement, j'ai choisi la Grèce antique pour ne pas m'engluer dans l'engagement immédiat. J'ai recherché une énigme policière à résoudre dans l'histoire de la Grèce...
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Comme pour l'affaire Audin...
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P.
V.-N.
: Tout à fait.
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Pierre Pachet, a propos de vos travaux, écrit dans Un historien dans la cité que " faire reconnaître les faits, faire que les témoins soient entendus aura été le sens de plusieurs des grands combats du siècle ".
Et pourtant des historiens refusent de prendre en compte le témoignage...
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P.
V.-N.
: Je n'ai jamais marché dans cette fantaisie.
Le meilleur livre écrit sur la Shoah est celui d'Hilberg.
Je lui ai demandé: comment savez vous qu'à Treblinka, un SS dressait son chien en lui disant: " Homme, saute à la gorge de ce chien ".
On le sait par des témoins car aucune archive n'aurait pu donner cette précision d'où l'importance de l'enquête orale.
On peut en donner d'autres exemples, celui de Primo Lévi.
Ou du film de Claude Lanzmann sur la Shoah qui ne repose que sur des témoignages.
Je ne marche pas du tout dans la voie de ceux qui ne reconnaissent que le document écrit.
Mon doyen de Caen, lui même ancien résistant, déporté, malheureusement devenu révisionniste, avec l'âge, sans doute, avait justement déclaré que " l'histoire de la déportation sera écrite par notre génération ou ne sera pas écrite ".
Il demeure certainement une part d'indicible et d'inconnaissable, on ne saura jamais ce que pensaient les gens dans les chambres à gaz. Un texte de Thucydide dans les Assassins de la Mémoire évoque la disparition de plusieurs milliers d'ilotes dont on ne saura jamais comment chacun d'eux a péri. Naturellement, il faut être critique envers les témoins mais cela ne veut pas dire se passer de leurs témoignages. Il est passionnant en tant qu'historien de faire entrer la mémoire dans l'histoire ou comme je le dis souvent, la petite Madeleine de Proust dans l'univers des historiens.
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Vous n'avez jamais été communiste, vous avez fréquenté nombre de membres de ce parti et eu avec lui des relations conflictuelles.
Comment définiriez-vous aujourd'hui ces relations ?
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P.
V.-N.
: Je ne regrette pas du tout mes relations avec les communistes.
Je ne suis ni Besançon, ni Furet.
En 1948-49, j'ai proposé à Charles Malamoud, alors membre de la cellule du lycée Henri IV d'entrer au parti mais à la condition d'y faire opposition à Staline.
Il m'a répliqué que mes chances étaient réduites.
Je crois que cela tient à ce que, très jeune, j'avais lu Trotski, mais ce qui a été décisif pour moi, c'est la lecture du livre bleu du procès Rajk.
Pour un futur historien, c'était un document.
On touchait là aux limites de la vraisemblance et il m'a paru impossible de rejoindre ce parti, Charles m'a rejoint alors et toute tentation a disparu.
J'ai voyagé ensuite en URSS et dans les démocraties populaires. L'URSS m'est apparue d'abord comme une entreprise en panne puis devenue un repoussoir. Je pense que les voyages à l'est dans les années soixante n'ont pas donné envie à nos touristes de connaître les joies de ces régimes et que les difficultés du parti communiste ont quelque chose à voir avec ces voyages. Cela dit et pour utiliser des symboles, que l'on ait débaptisé une rue Staline ne m'a fait nulle peine, et pas davantage une rue Lénine car il y a longtemps que je ne suis plus léniniste. Mais que l'on débaptise une rue Gabriel Péri, une rue Danielle Casanova, une rue Maurice Audin, car il en existe à Saint-Denis et à Echirolles et je me mettrais en colère. Une solidarité de résistance, de lutte anticolonialiste fait que je ne considérerais jamais un communiste comme un ennemi. Un article dans Le Figaro m'a qualifié d'anticommuniste. C'est absurde. Je déteste l'esprit du livre de Courtois et surtout sa préface qui est abominable.
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Vous estimez que " si l'occident ne trouve pas un moyen de réduire l'écart et de partager la richesse, c'est la planète entière qui risque d'exploser ".
C'est la grande question de l'an 2000 ?
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P.
V.-N.
: De 2000 et des suivants.
Je suis cette évolution avec inquiétude.
La justice, le socialisme parce que je suis socialiste, c'est aussi et d'abord le partage équitable des richesses de la planète.
On n'en est pas là ! L'issue, pour moi, c'est un gouvernement mondial.
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Vous vous définissez comme " un polymorphe souple ", vous vous présentez en effet sous des formes différentes mais pourquoi souple ?
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P.
V.-N.
: C'est André Piganiol qui m'avait qualifié ainsi en me comparant à César.
Je ne suis pas César.
Je veux être prêt, disponible pour l'accueil de la vérité, pour participer à de grandes causes.
Aujourd'hui, c'est celle de la reconnaissance réciproque d'Israël et de la Palestine que la politique de Benyamin Nétanyahu rend de plus en plus difficile.
Je me suis battu depuis 1967 pour l'existence de deux Etats.
Leur coexistence me paraît plus lointaine que jamais car Netanyahu est en train de construire des bantoustans dans les territoires occupés.
Je suis allé en Afrique du Sud, ce n'est ni le paradis ni l'arc en ciel mais on y voit naître une certaine coexistence.
Il n'y a pas d'autre issue.
n
Entretien réalisé par Claude Lecomte le 14 décembre 1998 |
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* Pierre Vidal-Naquet, né en 1930, fils d'un avocat mort en déportation, et se définissant lui-même comme un Français juif " qui ressent comme Français lOEinjure qui lui est faite comme juif ". C'est ce père, Lucien, qui a tracé sa voie à l'historien en lui lisant dans les années 42/43 ce texte de Chateaubriand: " Lorsque dans le silence de l'abjection, l'on n'entend plus retentir que la chaîne de l'esclave et la voix du délateur; lorsque tout tremble devant le tyran et qu'il est aussi dangereux d'encourir sa faveur que de mériter sa disgrâce, l'historien paraît chargé de la vengeance des peuples. " |
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Un historien dans la cité
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Ainsi baptisé dans un livre récent par ses amis (aux Editions La Découverte), Pierre Vidal-Naquet est l'auteur de nombreux livres sur la Grèce ancienne. Il vient d'achever le second tome de ses mémoires, le Trouble et la lumière- 1955-1998. Le premier tome, également paru au Seuil, relatait ses années de jeunesse et d'adolescence, la tragédie de l'occupation et de la disparition de ses parents à Auschwitz-Birkenau. Ce second tome couvre les années de la guerre d'Algérie et de sa lutte constante pour faire reconnaître l'assassinat de Maurice Audin. Pierre Vidal-Naquet s'est également engagé dans de nombreuses actions militantes, contre la guerre américaine au Vietnam, contre les offensives négationnistes, contre le pillage des richesses du tiers monde. Il est, bien entendu, un adversaire résolu de Le Pen. " L'ennemi que je pourfends, c'est l'imposture ", écrit-il. |