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Télécoms
Par Xavier Delrieu |
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Les maniaques du téléphone, les alpinistes ou les explorateurs de tout poil devraient être heureux: il est aujourd'hui possible de téléphoner depuis la forêt amazonienne ou bien du sommet du K2.
Depuis le 1er novembre, la constellation Iridium, regroupant soixante-six satellites tournant à 780 kilomètres d'altitude, est en effet opérationnelle.
A l'origine du projet, l'Américain Motorola ne se place pas en concurrent de nos téléphones cellulaires.
Tout d'abord parce que la capacité maximale d'Iridium tourne autour de trois millions d'abonnés qui peuvent se répartir sur 180 pays. D'autre part, le coût des communications est quelque peu dissuasif: un abonnement de 300 francs mensuel, entre 12 et 42 francs la minute de communication et enfin l'appareil lui-même est vendu environ 25 000 francs. De plus, nous sommes encore loin de l'aspect pratique de nos portables: l'appareil est lourd (près de 500 grammes), volumineux (une quinzaine de centimètres) et ne fonctionne qu'en déployant une antenne de 20 centimètres en direction des étoiles. Le système de liaison est en effet simple mais peu pratique. Le téléphone transmet directement la voix vers le satellite le plus proche (c'est pourquoi il est impératif qu'il n'y ait aucun obstacle). Le signal est alors relayé vers un autre satellite qui le fera enfin descendre sur terre vers un réseau classique ou cellulaire. On pourra néanmoins apprécier la qualité de la liaison due à la basse altitude des satellites. Les hommes d'affaires qui voyagent perpétuellement ou les marins en solitaire devraient donc trouver dans ce nouveau réseau de téléphonie un confort, et parfois une sécurité, qui, jusqu'à présent, pouvaient leur faire défaut. D'autant plus que d'autres projets similaires sont en cours d'élaboration, notamment Teledesic dans lequel Microsoft est impliqué et qui devrait regrouper 288 satellites au début du prochain millénaire. Le projet Iridium a coûté 36 milliards de francs mais semble tout à fait augurer ce que sera le téléphone de l'avenir: un outil sans frontières. X. D. |