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Protection sociale
Par Benoît Monier* |
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Voir aussi L'indispensable débat national sur les dépenses de santé |
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Ce sont les richesses produites par les actifs qui font vivre les retraités.
Il y aura de plus en plus de retraités.
Comment financer ? Avec les fonds de pension ? Mais de quoi parle-t-on avec ceux-ci ? Des retraites ou des places boursières ?
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1.
Moins d'actifs et plus de retraités
A l'horizon des quarante prochaines années, personne ne nie que le ratio nombre d'actifs/nombre de retraités va sensiblement baisser. Est-ce en soi une catastrophe ? C'est en tout cas le résultat de deux phénomènes plutôt heureux: l'allongement du temps de formation initiale et continue et l'allongement de la durée de vie, plus particulièrement de la durée de vie sans invalidité. Reste, bien sûr, des chiffres dont la tendance n'est pas discutable. Selon les calculs sur l'évolution des ratios actifs/non actifs ou bien cotisants/retraités, il faudrait que la production par actif progresse de 0,5% à 1,4% par an pour faire face à la progression du nombre de retraités. Denis Kessler, aujourd'hui n° 2 du patronat, donnait déjà ce chiffre de 0,5% dans un dossier Economie et Statistiques de juillet 1990. Cela servit de lancement à une multiplication incessante de campagnes médiatiques sur le thème de la faillite annoncée du système de retraite.
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2.
La capitalisation ou la répartition...
Le choix d'un système par répartition ou par capitalisation ne change rien au fait qu'une année donnée - 2030 par exemple - il faudra prélever sur les richesses produites par les actifs de quoi faire vivre les retraités de cette année-là. Pour la répartition, il s'agira de cotisations prélevées sur le travail des actifs. Pour la capitalisation, il s'agira de la rente capitaliste prélevée... sur le travail des actifs. Dans un cas, il s'agit d'un droit gagé sur le travail des années à venir. Dans l'autre, d'un droit gagé sur les rendements financiers des mêmes années. A trop insister sur l'efficacité de la capitalisation, ses partisans vont finir par mettre en évidence bien involontairement le fait qu'on peut d'autant plus facilement augmenter le nombre de retraites versées en capitalisation qu'on ne garantit pas, et pour cause, leur montant.
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3.
Les retraites des Français payées par les Chinois ?
On parle beaucoup des fonds de pension américains qui font et défont les cours boursiers des plus grandes entreprises françaises. Lors de l'effondrement du cours de l'action Alcatel, le grand public a découvert le poids des fonds de pension américains dans les plus grandes entreprises françaises. Récemment, un député socialiste expliquait qu'il a été converti aux fonds de pension quand il s'est aperçu que les ouvriers de Renault travaillaient pour payer les retraites des Américains. " Faisons donc des fonds de pension français, ajoutait-il, ainsi les Chinois paieront les retraites des Français ". Au-delà de ce cynisme, on peut penser que la guerre économique, qui, effectivement, fait rage avec l'approfondissement de la crise, n'est pas la manière la plus sûre d'assurer ni les retraites du XXIe siècle, ni le développement économique de notre vieux continent. Pour trouver les moyens de financer durablement l'économie, pourquoi ne pas chercher plutôt du côté des 3 000 milliards d'encours de l'assurance-vie, la forme d'épargne qui s'est le plus vite développée en France depuis vingt ans ? Plus généralement, l'utilisation des fonds bancaires est en jeu, ce qui passe notamment par la création d'un grand pôle public regroupant banques et assurances.
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4.
Comment financer les retraites
Des propositions précises pour augmenter les ressources de la protection sociale sont défendues par les communistes: taxations des revenus financiers des entreprises et des institutions financières, modulation des cotisations patronales pour inciter à la création d'emplois et au relèvement des salaires. Quelle modulation ? A l'inverse du rapport Malinvaud qui propose d'élargir considérablement les exonérations de cotisations patronales, on peut augmenter globalement les ressources de la Sécurité sociale en augmentant la masse salariale totale. Certains proposent, pour aller dans ce sens, de repousser l'âge de la retraite. Ce sont souvent les mêmes qui poussent vers la sortie des entreprises les salariés de plus de 50 ans. De manière plus générale, n'est-il pas particulièrement mal-venu de retarder à 62, 65 ans ou plus les départs en retraite quand il y a 3 millions de chômeurs ? C'est ce qui est pourtant en train de se mettre en place avec l'allongement à 40 annuités du temps de travail ouvrant droit à la retraite à taux plein. Il y a donc urgence à revenir à la règle des 37,5 annuités en vigueur avant les décrets de 1993 et encore valable dans les régimes spéciaux de retraite. |
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* Collaborateur de la commission nationale santé et protection sociale du PCF. |
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L'indispensable débat national sur les dépenses de santé
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En France, l'état sanitaire global est bon et continue de s'améliorer.
Parallèllement, les inégalités en matière de santé et d'accès aux soins se creusent.
Pour relever ce défi de société, un grand débat national est indispensable.
Les Etats généraux de la santé, revendiqués lors du grand mouvement social de 1995 et de la longue grève des internes au printemps 1997, annoncés par Lionel Jospin lors de son discours inaugural, mis en place par la ministre de la Santé et de la Solidarité, sont entrés dans la phase de mise en oeuvre (1).
Un comité d'orientation a été désigné, des comités de pilotage installés dans chaque région, un calendrier prévisionnel de consultation nationale établi, un questionnaire adressé à tous les Français.
Pour que les Etats généraux répondent à leurs promesses, il faut qu'ils soient investis par tous ceux et celles qu'ils concernent, à chaque étape et chaque niveau; que les professionnels de santé, populations, élus se rencontrent, fassent l'inventaire des besoins, construisent et élaborent des propositions qu'il faudra prendre en compte.
C'est ce à quoi militants et élus du PCF entendent contribuer en organisant des rencontres et des débats sur le thème d'un service public de la santé amélioré, modernisé et démocratisé.
Mais, actuellement, dans le cadre de la révision des cartes sanitaires régionales, des schémas régionaux des urgences ou encore de la publication des décrets relatifs aux maternités, les annonces de restructurations, fusions, fermetures de services, se multiplient.
Une question de fond traverse tous les débats autour de la santé: sous couvert des contraintes de la crise, qui appelleraient une diminution irrémédiable des dépenses publiques de santé, faut-il emprunter la voie de la maîtrise rigoureuse et comptable des dépenses de santé - tant pour la prévention que pour la réparation de la santé - ou ne faut-il pas au contraire, en vue de la juguler, se diriger de façon offensive et déterminée vers dépenser plus et mieux pour la santé ? Les moyens existent d'une grande politique de santé publique et d'un système de soins moderne et efficace.
Seule une volonté large et puissante permettra de les mobiliser.
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Alix Suchecki, collaborateur de la commission nationale santé et protection sociale du PCF.
1.
Septembre et octobre, comités de pilotage régionaux et groupes de travail thématique ont été installés.
Novembre et décembre: début de la consultation nationale et des forums thématiques, poursuite des réunions des comités et des initiatives locales.
Janvier: résultats de la consultation nationale par questionnaire, forums de restitution en région, poursuite des réunions et initiatives.
Février: synthèses régionales et synthèses thématiques.
Fin février: journées nationales de clôture.
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