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Rentrée Internet I et II
Par Pierre Courcelles, Philippe Breton et Xavier Delrieu |
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Rentrée Internet 1
Depuis la rentrée on parle à nouveau beaucoup d'Internet. On remarquera qu'il y a moins de fascination pour le réseau lui-même et plus de réflexion sur son usage. Voilà un progrès dont on ne saurait que se féliciter. C'est aussi la preuve que ce moyen de communication rentre dans les moeurs et que l'enthousiasme utopique des débuts cède le pas devant plus de réalisme. Trois événements récents, dans lesquels Internet est impliqué, donnent à penser que, comme toute technique, celle-ci peut être l'occasion du pire comme du meilleur. Le premier est le rôle qu'a joué, brièvement mais de façon significative, le réseau des réseaux dans la diffusion quasi instantanée du volumineux rapport Starr. La capacité de couverture universelle d'Internet a constitué un élément important de la stratégie politique du procureur ultra-réactionnaire, résolu à la perte de Clinton, mais surtout de la - toute relative - modernité qu'il incarne. Internet a constitué un formidable outil d'amplification d'une véritable machine de guerre informationnelle. On aurait souhaité que cette première advienne dans le contexte d'une cause plus juste, plus profitable à l'humanité. La possibilité d'une diffusion mondiale de séquences de la vie privée grâce à Internet est bien ce que certains redoutaient depuis longtemps. Le deuxième événement est constitué par le feuilleton, hélas désormais récurrent, des usages d'Internet par les réseaux pédophiles. Qu'on se garde bien dans ce cas de mettre en cause la technique elle-même, comme certains commentateurs le font. L'amalgame serait insupportable et relèverait de la mauvaise foi anti-technicienne. Le problème que pose cet usage terrifiant du réseau est bien un problème politique, déjà soulevé, par exemple, à propo - dans un autre registre - de la diffusion du livre du docteur Kubler sur François Mitterrand. Sur ce point, il faut être clair: il n'y a aucune raison pour que les lois nationales, celles des Etats souverains, ne s'appliquent pas aussi à Internet. Nous ne vivons pas dans un " village planétaire " qui serait synonyme de total laissez-faire. La troisième source de réflexion est cette curieuse étude américaine sur les effets d'Internet. Selon les chercheurs publiés par la revue The american psychologist, la pratique d'Internet conduit à une " détérioration de la vie sociale et psychologique ". Elle accroît le sentiment de " solitude " et provoque des " états dépressifs ". Le plus drôle - si l'on peut dire - est que cette étude est financée par un groupe d'industriels, tels Apple, AT & T et Intel, qui cherchaient, on s'en doute, à prouver le contraire. Nul doute qu'ils financeront d'autres recherches pour essayer d'aller plus loin et, peut-être, d'obtenir des résultats inverses. On entendait beaucoup dire ces derniers temps, dans le monde internaute, que la pratique des réseaux renforçait la fréquence des contacts physiques, mais cette idée n'était appuyée sur aucune observation précise et systématique. Tout cela nous renvoie à une question fondamentale, celle de l'équilibre à trouver entre des rapports sociaux en direct dans le cadre d'une présence, physique et psychologique et la communication virtuelle qui se développe de plus en plus, grâce aux ordinateurs mais aussi aux téléphones portables, aux répondeurs et aux messageries. La vie sociale, c'est aussi et d'abord, le débat, la confrontation directe à l'autre, le dérangement de sa présence, l'acceptation à la fois d'une certaine perturbation et d'un enrichissement. Nul doute que les outils de communication continueront à se développer. Nous en avons besoin. Encore faut-il qu'ils élargissent notre horizon et non qu'ils remplacent - mal - ce que nous faisons déjà. Le maintien d'un lien social humain est à ce prix.
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Rentrée Internet 2
1999 sera l'équivalent pour l'Internet de ce qu'a été 1997 pour la téléphonie mobile " a déclaré Jean-Marie Messier, PD-G de Vivendi (ex-Générale des Eaux), lors de la XIXe Université d'été de la communication à Hourtin, placée sous le thème " Un nouveau monde: l'Europe ". A cette occasion, le Premier ministre, Lionel Jospin, avait souhaité laisser l'initiative aux entreprises privées, tout en affirmant le rôle moteur et fédérateur de l'Etat. Un an plus tard, il n'est donc pas étonnant qu'un nombre important de ministres et de chefs d'entreprises se soient réunis du 24 au 28 août en Gironde. Le gouvernement devait faire le point des actions engagées et les entreprises exposer leurs stratégies. Claude Allègre, ministre de l'Education nationale, de la Recherche et de la Technologie, a inauguré la manifestation en annonçant la création d'un " fonds d'amorçage " de 200 millions de francs destiné à l'industrie des programmes éducatifs. Pour bénéficier de subventions, les entreprises devront investir trois fois le montant de l'aide publique. Il s'est en outre félicité du taux de connexion des établissements scolaires sur les réseaux: même si les écoles ont pris un certain retard, ce taux est aujourd'hui satisfaisant pour les lycées et les collèges (respectivement 82% et 60%)." D'ores et déjà, la France est le pays le mieux équipé d'Europe ", a-t-il ajouté. Dominique Voynet, ministre de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement, a, quant à elle, clairement exprimé l'importance de l'Etat pour que la société de l'information ne soit " pas seulement ce que les marchés en feront " et pour " donner à tous nos territoires une chance de profiter de la révolution numérique ". Selon elle, ces nouvelles technologies devraient permettre de recomposer l'aménagement du territoire, " la grande ville, dans le cadre de tertiairisation de l'économie, [n'étant] plus la localisation la mieux adaptée en termes de coût de production, pour la réalisation de téléservices et de téléactivités ". Pour ce faire, les initiatives lancées depuis quelques années seront bientôt renforcées. Toujours en vue de " soutenir le développement de nouveaux services innovants ", Christian Pierret, secrétaire d'Etat à l'Industrie, a, lui, annoncé que 300 millions de francs seraient débloqués. Enfin, en clôture de l'Université d'été, Dominique Strauss-Kahn, ministre de l'Economie et des Finances, a annoncé que " plusieurs dispositions de nature à encourager l'investissement dans les entreprises innovantes " figureront dans le projet de loi de finances 99. Ces différentes actions gouvernementales font donc état, un an après le discours d'Hourtin du Premier ministre, d'un réel engagement de l'Etat afin de solder définitivement le fameux " retard français ". Cependant, les millions de francs octroyés par les différents ministères ne furent pas les seuls centres d'intérêts de la manifestation. Les 70 débats qui y furent organisés ont, en effet, permis d'approfondir une réflexion sur la société de l'information, dans laquelle le secteur privé désire être partie prenante. On a, par exemple, pu entendre, lors d'un débat intitulé " Entreprise et société française de l'information ", le PD-G d'IBM France, Bernard Dufau, s'exprimer sur la place de la technologie. Selon lui, on recherche bien trop souvent des réponses technologiques à nos problèmes de sociétés. Or, " cette approche conduit souvent à une déception ", il convient donc d'adopter " des solutions de société par le recours à des technologies adaptées ". Une manière de dire qu'un outil restera toujours un outil.
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Service public
Catherine Trautmann, ministre de la Culture, a, elle aussi, fait le voyage d'Hourtin. Sujet principal de sa copie: la réforme de l'audiovisuel public. Le gouvernement ayant, après bien des tergiversations, décidé de séquencer la réforme, l'audiovisuel privé viendra après le public, début 1999 ou plus tard, le plus tard possible peut être, et, en tout cas, avec ménagement car dans ce dossier on trouve trois poids lourds du capitalisme français, La Lyonnaise des Eaux, le groupe Bouygues et Vivendi, ex-Générale des Eaux. Les mesures de rénovation de l'audiovisuel public devraient, elles, être présentées à la fin du mois de septembre par le Premier ministre. Comme la ministre avait confié au Monde, le 11 juillet, les grandes orientations de la réforme (1), elle avait peu à ajouter le 25 août à Hourtin. Sinon reprendre le prêche sur l'esprit de la réforme: " ...un audiovisuel public fort constitue plus que jamais un outil irremplaçable au service de la vie citoyenne, du développement culturel et du rayonnement international "; ou évoquer à mots feutrés l'âpre débat qui a travaillé le gouvernement dès le lendemain des élections législatives de juin 1995: "Je crois avoir convaincu l'ensemble du gouvernement que l'audiovisuel public ne pourrait retrouver son identité sans qu'il soit radicalement remédié aux dérives qui ont, depuis plusieurs années, affecté son mode de financement", et son corollaire: "Ce que j'attends en définitive de la réforme des chaînes publiques, c'est qu'elle suscite l'émergence d'une nouvelle culture d'entreprise: une culture soucieuse avant tout de l'auditeur et du spectateur; une culture qui associe pleinement développement industriel et objectifs de service public." Culture d'entreprise et développement industriel, il faut entendre: logiques économique et de l'audimat, ce sont elles qui gouvernent l'audiovisuel public depuis la privatisation de la Une en 1986. Avec les résultats qu'on sait.n P. C. 1. La création d'une holding qui regrouperait l'ensemble des chaînes publiques; la limitation à 50% les recettes de France 2 provenant de la publicité; la stabilisation de la redevance. |
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Brèves
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Sur France 2, Didier Epelbaum, le médiateur de la rédaction, a inauguré ses fonctions le 12 septembre dans le journal de 13 h, fonction voulue par Catherine Trautmann en novembre 1997.
L'hebdo du médiateur, tel est l'intitulé de ses interventions au cours desquelles il remplira le " devoir d'explication de la télévision " à l'usage des téléspectateurs.
Sa première intercession a porté sur des images diffusées le 28 août montrant l'exécution sommaire, à Kinshasa, d'un homme par des soldats de Désiré Kabila, et qui avait valu un abondant courrier de téléspectateurs.
" La dernière séance ", avec son cortège de films américains des années cinquante, disparaît de la grille de France 3.
Stewart Granger, Gary Cooper ou Errol Flynn ont perdu leur plus fervent défenseur sur la télévision française.
On est assez triste: ce cinéma-là n'était visible que dans l'émission d'Eddy Mitchell.
C'était aussi la seule occasion de voir, sur France 2 et 3, des films en version originale avant minuit.
L'uniformisation des programmations est aujourd'hui de rigueur.
Deux chaînes d'informations sportives en continu viennent d'être lancées: Infosport sur le bouquet satellite TPS depuis le 10 juillet et L'Equipe TV sur CanalSatellite depuis le 31 août.
Les deux bouquets de programmes poursuivent leur concurrence.
Chacun espère profiter de l'engouement suscité par le Mondial, même si l'origine des projets est bien entendu antérieure.
Autre chaîne thématique lancée par Canal et l'éditeur Infogramme: Game One, dédiée à l'actualité des jeux vidéo, mais sans offrir de téléchargement.
Les jeux vidéo représentent 17 milliards de dollars de chiffres d'affaire au niveau mondial..
Avec un budget de publicité de 100 millions de dollars, Apple vient de lancer l'iMac (9 990 F), une machine principalement tournée vers Internet.
Côté technique, ses performances sont remarquables.
Et son " look " devrait séduire: tout en courbes, en couleur et translucide.
Steve Jobs, qui est venu présenter le nouveau-né à Paris, espère écouler un million d'Imac d'ici à la fin 1999.
L'enjeu est d'importance: si Apple gagne ce pari, les éditeurs de logiciels pourraient à nouveau écrire une version Macintosh de leurs programmes et les comptes de la firme à la pomme pourraient continuer à se redresser.
Le cours de l'action Apple a triplé depuis le début de l'année.
Les éditions du Seuil et les éditions 00h00 (dire Zéro heure), viennent de lancer une expérience qui sera suivie avec curiosité et intérêt dans le monde de l'édition.
Editeur entièrement installé sur Internet, 00h00 propose des textes inédits ou du domaine public ou sous copyright, dans les champs de la fiction comme de la non-fiction.
Avec l'accord du Seuil, il propose la version numérisée du dernier Bourdieu paru: la Domination masculine.
L'intérêt ? Le stockage de l'ouvrage sur le disque dur de l'ordinateur; la possibilité de le traiter en hypertexte et celle de lui appliquer un moteur de recherche qui, à partir d'un mot ou d'une chaîne de mots, permet le renvoi au texte; la liberté d'en faire une sortie papier, intégrale ou partielle, etc.
La version numérique est vendue 55 F.
La version papier, celle que l'on trouve en librairie et que l'on peut aussi commander à l'adresse de 00h00, vaut 85 F.(
Les Parisiens devraient pouvoir accéder à Internet via le réseau câblé d'ici à la fin janvier 1999.
Telle est la décision de l'Autorité de régulation des télécommunications (ART).
Le feuilleton opposant Paris TV Câble, filiale du groupe Suez Lyonnaise, qui exploite le réseau câblé de la capitale, à France Télécom, qui en est propriétaire, traînait en longueur depuis des mois.
L'opérateur était accusé de systématiquement freiner les travaux de modernisation nécessaires, afin de favoriser son offre Wanadoo qui passe, elle, par le réseau téléphonique.
Les 16, 17 et 18 octobre sont dédiés au livre et à la lecture: Lire en fête, manifestation annuelle impulsée par le ministère de la Culture.
Le magazine électronique Pagina (www.pagina.tm.fr) y est associé.
Il fédère les nombreux sites Internet qui proposent des pages consacrées à l'écrit, au livre, à la lecture.
63% des entreprises françaises sont équipées en ordinateurs.
Elles n'étaient que 32% en 1994.
L'utilisation d'Internet dépend en grande partie de la taille de l'entreprise: 60% de celles de plus de 2000 personnes publient sur Internet, elles sont encore 40% entre 500 et 2000 salariés et 8% dans les PMI.
Ce sont, bien entendu, les entreprises d'équipements électriques et informatiques qui sont les plus assidues sur les réseaux.
L'ordinateur tel que nous le connaissons est en passe d'atteindre ses limites.
Les processeurs étant de plus en plus puissants, les connexions entre les transistors qui les composent surchauffent très rapidement.
L'adjonction de ventilateurs ne suffit plus à les refroidir.
Il fallait donc trouver une parade.
Les connexions qui étaient jusqu'à présent en aluminium seront remplacées par le cuivre, excellent conducteur.
La course à la puissance sera relancée.
On annonce des processeurs tournant à près de 1000 Mhz, dans les deux ou trois ans à venir.
Bill Gates a tout tenté pour obtenir l'annulation de la deuxième phase du procès que la justice américaine intente à Microsoft pour " pratiques anti-concurrentielles ".
Il n'a obtenu que son report au 15 octobre.
Avec, en outre, de nouveaux griefs: avoir détruit des documents utiles à la manifestation de la vérité et avoir fait pression sur Intel, le n° 1 mondial des microprocesseurs, pour qu'il ne développe pas une technologie susceptible de freiner la domination de Microsoft en favorisant le navigateur Netscape, le concurrent d'Internet Explorer.
Qu'importe, au 14 septembre dernier, Microsoft était la première valeur à Wall Street avec une capitalisation de 1 500 milliards de francs.
L'iris de l'oeil est plus fiable que l'empreinte digitale.
Dans les dispositifs d'identification aux utilisations ou aux accès réservés, une firme japonaise a développé un système qui vérifie l'identité des utilisateurs de PC par l'iris des yeux.
Il serait commercialisé début 2000.
En 2002, les transactions commerciales sur Internet devraient atteindre 400 milliards de dollars, une hausse de 103% par rapport à 1997.
De 18 millions d'acheteurs, on passerait à 128 millions.
Le nombre d'utilisateurs d'Internet serait de 320 millions, contre les 100 millions prévus à fin 1998.
L'équipement pour l'accès à Internet passerait de 78,1 millions en 1997 à 515 millions en 2002.
Chiffres qui résultent d'une étude réalisée par le cabinet IDC dans 17 pays.
Selon le ministre de l'Education nationale, 1000 postes ont été créés dans les UIFM pour la formation de professeurs au multimédia.
Par ailleurs, la capacité du Réseau national de télécommunication pour l'enseignement et la recherche (RENATER -qui interconnecte plusieurs centaines de sites) sera multipliée par 100 au dernier trimestre 1998, et par 1000 à la fin 1999.
Wanadoo, le service d'accès à Internet de France Télécom a passé le seuil des 300 000 abonnés.
Gérard Eymery, directeur de la division multimédia de l'opérateur mi-public, vise 50% du marché d'accès à Internet en 2002 dont il détient déjà un tiers et qui est estimé aujourd'hui à 950 000 abonnés.
L'objectif est d'atteindre l'équilibre financier en 2001, avec 1,5 million d'abonnés.
Son premier concurrent, Americain On Line-Compuserve France, contrôlé par Cegétel-Canal (Vivendi), affiche les mêmes chiffres et les mêmes ambitions.
Le monde de l'Internet et du multimédia, en France, est beaucoup plus vaste qu'on peut le croire.
Editeurs, auteurs, développeurs, producteurs, distributeurs de produits multimédias, opérateurs de télécoms, fournisseurs d'accès ou de services en ligne, et tous les secteurs professionnels attachés, en amont ou en aval, ils sont plusieurs milliers.
On les retrouve nominativement dans les 500 pages de la IVe édition du Guide-Annuaire des professionnels du multimédia (290 F., Points de vente au 01 44 83 67 67).
De nombreux dictionnaires dédiés à l'informatique, au multimédia, à l'Internet ont paru, indispensables pour s'y retrouver dans le maquis des technologies, des marques, des acronymes, des protocoles, des logiciels, des méthodes, des applications, des services...
En voici quelques-uns sortis cette année: Tout l'Internet en France 1998, par François Saluden (éd.
Marabout, 572 p., 99 F); Lexique Internet, par Jean-Christophe Finidori (éd.
Nathan, 160 p., 80 F); le Dico du multimédia, par Jérôme Colombain (éd.
Milan, 255 p., 55 F).
Sur le site Internet du Premier ministre (http://www.premier-ministre.gouv.fr/), un forum de l'actualité permet aux internautes d'exprimer leur point de vue sur une vaingtaine de thèmes, notamment sur le PACS, le dopage dans le sport, l'emploi.n
Patrick Le Lay, pd-g de TF1 et président de TPS, prévoit que le marché de la télévision numérique atteindra 1,5 million d'abonnés annuels dans un à deux ans.
Il est aujourd'hui de 600 000 à 700 000 abonnés annuels.
Pascal Colombani, directeur de la Technologie au ministère de l'Education nationale, a annoncé la création d'un Observatoire des formations et des métiers de l'Informatique (OFMI).
Rôle de cette instance: aider les pouvoirs publics à définir leur politique dans ce domaine crucial et anticiper l'évolution des métiers et l'apparition de nouvelles professions.
Par ailleurs, pour répondre à la pénurie actuelle d'informaticiens, le ministère a accepté la création de 15 DESS d'informatique supplémentaires.
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Pronto
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Radiocom 2000, ne quittez pas, nous recherchons votre correspondant." Ce message semble aujourd'hui issu d'une autre époque, celui où les téléphones mobiles étaient encore l'apanage de quelques chefs d'entreprises.
Le Moyen Age en somme.
A cette époque, vers 1993, on aperçoit pourtant de temps à autre quelques passants, l'oreille collée sur une petite boîte: les ondes numériques entrent en concurrence avec les analogiques qui, en quelques années, vont simplement disparaître.
Le Bi-bop, qui a quand même coûté entre 300 et 400 millions de francs, est voué à l'échec: il n'est utilisable qu'auprès d'une borne et seulement dans quelques villes.
France Télécom change alors son fusil d'épaule en abandonnant peu à peu ces anciens standards.
Itineris devient alors le futur fer de lance de l'opérateur national.
Mais, très rapidement, la téléphonie mobile est ouverte à la concurrence.
C'est ainsi qu'apparaît très rapidement SFR (Générale des Eaux, aujourd'hui Vivendi).
En mai 95, 700 000 personnes possèdent un portable.
En mars 1996, ils sont déjà 1,3 million à avoir succombé à son charme.
Progression fulgurante ? Pas vraiment.
La France se situe largement derrière les autres pays européens: en mai de la même année, nous ne sommes que 3,06% d'abonnés alors que les Suédois, le pays d'Erikson, sont déjà 24,91%.
Nous regardons avec curiosité l'Italie (8,37%), où la " portable-mania " déclenche de véritables passions.
Cependant, personne n'est inquiet: toutes les statistiques démontrent que la progression des abonnements sera exponentielle.
Un troisième opérateur, Bouygues Télécom, vient de s'installer sur le marché et Libération titre en première page " La folie portable ".
C'est à cette époque qu'il devient impérieux de conquérir un autre public.
A priori, les personnes intéressées au premier titre par cette nouvelle forme de communication sont déjà équipées.
Il convient en un premier temps de modifier l'image de marque du portable qui est assez négative.
L'aspect "années 80" et "golden boy" rebute une grande partie du public et principalement les femmes.
D'autre part, le prix élevé, dû en grande partie à la pénurie de fréquence, n'est accessible qu'aux professionnels.
Et, enfin, la couverture du territoire n'est pas encore suffisante.
C'est alors que Bouygues invente le forfait, avant d'être immédiatement suivi par ses concurrents.
Les trois opérateurs se lancent dans une bataille effrénée, relayée par d'importantes campagnes publicitaires.
Le marketing est le maître mot.
En l'espace de deux ou trois ans, la communication va réussir à créer le besoin d'un bien de consommation qui, chez la plupart des gens, ne correspond à aucune nécessité ni curiosité (à l'inverse d'Internet, le téléphone n'est pas une nouveauté).
Autrement dit: il devient de bon ton d'offrir un portable pour la fête des mères.
Aujourd'hui, le portable est victime de son succès.
On a franchi au mois de juillet le cap des 8 millions d'abonnés (un chiffre que l'on n'attendait pas avant l'an 2000 en 1996).
Les tarifs des abonnements et des communications sont en chute libre (ils finiront prochainement par rejoindre ceux du téléphone filaire), même si appeler un portable reste toujours hors de prix (environ 3 francs la minute en heure pleine).
On annonce près de 40 000 emplois créés et les trois opérateurs prospèrent tranquillement.
Pourtant l'été vient d'apporter une première ombre au tableau: les encombrements sur les fréquences commencent à saturer le réseau.
Avant de franchir les 10 millions pour Noël, il devient donc nécessaire d'installer très rapidement de nouveaux relais, une véritable aubaine pour les propriétaires d'immeubles bien situés.
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