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Roman, pub Par Pierre Courcelles |
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L'épisode étant aujourd'hui clos, provisoirement du moins, on peut y revenir: le " plan média " qui accompagnait la sortie du roman de Mazarine Pingeot, Premier roman, en toute simplicité...
S'il faut le rappeler, Mazarine Pingeot, née en 1974, est la fille naturelle de François Mitterrand.
Son existence fut révélée au public en 1994.
Elle a choisi d'être romancière. Elle a donc écrit un roman de 268 pages, publié en avril dernier par les éditions Julliard, lesquelles ont dû tenir le raisonnement suivant: à auteur exceptionnel, traitement médiatique exceptionnel. Sans doute, l'histoire conjointe de l'édition, de la communication et de la publicité n'a-t-elle jamais recensé de cas semblable où la curiosité du public est à son comble, alimentée en retour par les médias, écrits ou audiovisuels, où le caché attend d'être révélé, où le harcèlement des paparazzi est sans relâche. Et, dans le roman, mieux, un premier roman, on traquera et on trouvera le biographique, l'intime, malgré les dénégations de l'auteur. De tout cela, rien n'était ignoré des éditeurs, non plus la défiance de la presse qu'affiche Mazarine Pingeot, avec laquelle elle entretient cependant des rapports ambigus, notamment avec Paris Match qui publia les premières photographies où elle apparaît avec son père. Devant un tel tableau, la raison aurait commandé de soustraire l'impétrante aux affres de la médiatisation. Julliard, a recherché la " maîtrise " du plan média, en sélectionnant trois tribunes: TF1, le Nouvel Observateur, le Monde. Rien de moins, rien de plus, mais, s'agissant d'un premier roman, traitement exorbitant auquel ces médias ont apporté leur puissante caution, leur lectorat en otage. Une logique strictement marchande venait ainsi se superposer au désir légitime de préservation d'image, cette dernière n'apparaissant plus aujourd'hui que comme prétexte. Le Nouvel Observateur singeant Paris Match faisait sa Une de Mazarine; le Monde, qu'on n'attendait pas là, était un peu embarrassé tout de même, à sa décharge d'avoir été le seul à éventer le " plan média ". Quant à TF1, on apprenait que la "spéciale" de "Public" avait été produites, contrôlées et vendues à la chaîne privée par l'animateur de l'émission, Michel Field, et l'éditeur Julliard... Il y a dans cette affaire cafouilleuse matière à un " Deuxième roman ". |
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* Directeur de la division des projets interculturels à l'Unesco et responsable du programme de la Route de l'esclave. |