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Outils utiles Par Xavier Delrieu |
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Voir aussi RMC, le tour de table |
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Net en fête, faites du Net
Construite sur le modèle de la Fête de la musique, c'est-à-dire sans aucune organisation centralisée, il est difficile d'évaluer le succès qu'a connu la Fête d'Internet les 20 et 21 mars. Au moins, avec la musique, les décibels et les terrasses de café sont des témoins assez fiables. Quelques indices sont encourageants: Transpac, par exemple, qui achemine en France 60% des données, assure qu'on a observé " un dédoublement du trafic " durant ces deux journées. Tous les témoignages ont fait état d'un succès dû à une grande curiosité des Français pour les réseaux. Ce tout nouvel engouement est de bonne augure pour le développement d'Internet en France, compte tenu de notre propension à ne pas nous laisser imposer des choses qui ne nous intéressent pas, sous prétexte qu'elles sont à la mode. L'éternelle histoire du village gaulois... X. D.
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Micro, boulot, etc.
Aujourd'hui, tout le monde, presque, communique. L'ordinateur s'est imposé. Le monde du travail est en pleine mutation. L'évolution des Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (NTIC) est intervenue de trois façons distinctes dans l'éventail des métiers. Tout d'abord, certains d'entre eux ont simplement subi des modifications: l'informatique et la communication sont devenues des outils qui se superposent à d'autres plus traditionnels. C'est le cas des enseignants, mais aussi des journalistes ou encore des médecins. Ces changements sont en outre intervenus à tous les niveaux de l'entreprise. Ainsi, un patron doit pouvoir taper son courrier lui-même et sa secrétaire doit être à même de vendre un produit comme le ferait un commercial. D'ailleurs, les secrétaires n'existent plus, ce sont aujourd'hui des assistantes. Si l'informatique et, dans une certaine mesure, la communication ont jusqu'à présent accentué la fracture sociale et l'inégalité des chances devant le savoir, elles ont par ailleurs considérablement redistribué les tâches à l'intérieur même de l'entreprise en gommant les distinctions sociales dues à la nature des outils de travail. Certains autres métiers ont été adaptés aux NTIC. C'est le cas notamment de toutes les professions qui ont transité vers Internet, sans pour autant disparaître des secteurs plus traditionnels. Ainsi, les journalistes on-line qui écrivent pour des journaux qui ne connaissent pas de " version papier " mais seulement une " version électronique ", qui ne paraissent que sur le réseau Internet. Enfin, de nouveaux métiers sont apparus. Avec, en première ligne, les informaticiens eux-mêmes. De la création de logiciels à la maintenance des ordinateurs en entreprise, ce créneau professionnel continuera d'être un important gisement d'emplois dans les prochaines années. Actuellement, tous les pays industrialisés sont obligés de recruter en Inde et bientôt en Chine afin de combler leurs manques d'informaticiens. Mais cela ne suffit pas - même si l'on peut supposer que l'attrait de bas salaires joue à plein. D'autres métiers liés à l'essor d'Internet ont aussi fait leur apparition; il existe aujourd'hui une forte demande de créateurs de sites Web. S'installer " on-line " exige une maîtrise du langage HTML, propre à la création de sites Web, ainsi que des logiciels multimédias. D'autres métiers font encore l'objet d'une très forte demande. C'est le cas des graphistes 3D, qui conçoivent sur ordinateur des paysages, des objets ou encore des personnages en trois dimensions, afin de les intégrer dans des jeux vidéos, des sites Web ou encore des films (Titanic par exemple en est particulièrement truffé). La mutation du monde du travail est en cours. La technologie représente un gisement d'emplois. Pourtant, le prix à payer sera particulièrement lourd. Pour ceux qui resteront sur la touche. X. D.
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Les joies de Java
Java par-ci et Java par-là. Non, il ne s'agit pas d'un retour en force du musette d'avant-guerre mais plutôt d'une technologie informatique qui fait depuis déjà quelque temps couler beaucoup d'encre. Créé par la firme américaine Sun Microsystems, Java est un langage de programmation informatique qui permet de créer une fois pour toutes une application qui fonctionnera sur toutes les plates-formes informatiques. Ainsi, une application Java pourra tourner aussi bien sur un PC équipé d'un système d'exploitation Windows que sur un Mac avec son système MacOS. Les coûts de fabrication sont ainsi très largement diminués puisqu'il n'est plus besoin de réécrire un programme pour chacun de ces systèmes. Or, d'ici quelques années, les applications informatiques ne se contenteront plus de dormir tranquillement dans les ordinateurs. Nos maisons, ou encore nos voitures, seront ainsi truffées de puces qui devront communiquer entre elles, mais aussi vers l'extérieur. On en sera alors, peut être, à l'âge d'or de la domotique. D'où l'intérêt que suscite Java. X. D. |
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RMC, le tour de table
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La privatisation du groupe RMC (Radio Monte Carlo) a mis le feu aux poudres dans le monde de la radio. Après deux tentatives avortées, le groupe RMC (RMC, 51% de Nostalgie, Radio Montmartre et la régie publicitaire Gem) vient d'être privatisé. Il a été vendu au trio NRJ, Fabre (qui contrôle Sud-Radio) et la Dépêche du Midi, regroupé au sein du holding Sud Communication, associé pour l'occasion à LV & Co. La répartition du capital s'est faite ainsi: Sud Radio contrôlera RMC, NRJ détiendra 80% du capital de Nostalgie après rachat des parts détenues par Alcatel, et LV & Co, la société du producteur télé Gérard Louvin, reprendra Radio Montmartre. Le groupe RMC alignant pertes sur pertes depuis quelques années (il était auparavant détenu à 83,3% par l'Etat et à 16,7% par l'Etat monégasque), un sauvetage s'imposait d'urgence. Les choses semblaient donc s'arranger, hormis, comme d'habitude, pour les victimes du plan social qui ne manquera pas d'intervenir. Mais c'était sans compter sur le très fragile équilibre du monde de la radio, dû en grande partie aux difficultés croissantes liées aux recettes publicitaires, qui, depuis quelques années, tendent à raréfier. En effet, seulement 6,6% des investissements publicitaires se font dans la radio. Un groupe comme NRJ, propriétaire des réseaux NRJ, Chérie FM, Rire et Chansons et maintenant Nostalgie, pourrait bien à lui seul monopoliser une grande partie des ressources publicitaires disponibles dans les régions où les quatre radios sont diffusées. D'où la grogne des autres groupes comme Europe 1 qui pourraient bien voir leurs petites FM (en l'occurrence Europe 2) privées de moyens, d'autant plus que chacun d'entre eux doit aussi faire vivre une radio généraliste, qui coûte bien plus cher qu'une radio musicale. Jacques Lehn, PDG du groupe Europe 1 (qui appartient à Jean-Luc Lagardère), dans un entretien à Libération, estimait que le groupe NRJ allait capter 50 à 60% du marché de la publicité locale. C'est ce qui l'a décidé à saisir le Conseil de la concurrence et à envisager de demander l'arbitrage de la Commission européenne. Tout le monde aurait donc souhaité que NRJ reprenne RMC, afin que chacun, comme aurait pu dire La Fontaine, se retrouve avec un fil à la patte attaché. Or, NRJ ne possédera que 20% des actions de RMC, c'est pourquoi la tension est vive, malgré les dires de son PDG, Jean-Paul Baudecroux, qui s'engage à aider RMC à se maintenir dans le paysage radiophonique français. D'autant qu'un certain scepticisme plane sur les capacités de Sud-Radio à maintenir l'aspect généraliste de RMC. Gageons que les autres radios n'en resteront pas là et que les contre-offensives vont pleuvoir. X. D. |