Regards Avril 1998 - Vie des réseaux

Monopole et lobby

Par Xavier Delrieu


Big Bill and big business

Les affaires de Bill Gates et de la tentaculaire Microsoft, 2e société mondiale par sa valeur en bourse, ne s'arrangent pas aux Etats-Unis. Début mars, Bill Gates était entendu par la commission judiciaire du Sénat américain. Un véritable front anti-Microsoft se dessine outre-Atlantique où l'on s'inquiète de plus en plus de ses pratiques commerciales anticoncurrentielles et monopolistiques - la Commission européenne, elle aussi, s'a larme de la domination de Microsoft sur les NTIC (Nouvelles technologies de l'information). En marge du procès relatif à la présence du navigateur Internet Explorer 4 dans le système d'exploitation Windows, qui équipe 90% des micro-ordinateurs mondiaux, c'est maintenant au titre de la loi antitrust que la justice américaine pourrait bien attaquer la firme de Richmond. L'informatique étant devenue l'un des secteurs clefs de l'économie, le quasi-monopole de Microsoft ne cesse de préoccuper le département américain de la Justice qui vient de nommer un "M.informatique " chargé, notamment, de cordonner l'enquête sur Microsoft. La France, dont toutes les écoles et administrations devront être informatisées dans les années à venir, pourrait bien passer des accords de coopération avec Microsoft, dans la recherche, le financement et le capital risque. C'est ce que, en février, laissait entendre Dominique Strauss-Kahn, au lendemain de sa rencontre avec Bill.n X. D.

 
A bientôt, peut-être pour la loi sur l'audiovisuel

Le projet de loi sur l'audiovisuel ne sera pas examiné par l'Assemblée nationale avant l'automne prochain. Ainsi donc, cette loi, qui était une priorité il y a encore six mois, pourrait voir son application repoussée à 1999. Ce report indique les difficultés que le gouvernement rencontre dans la mise au point d'un texte qui satisfasse promesses électorales et lobbies de l'audiovisuel. Didier Mathus, député socialiste, estime, et le Parti socialiste avec lui, du moins jusqu'en décembre dernier, que le projet de loi n'allait pas assez loin: " Il manque une mesure sur les seuils de concentration et les liens avec les marchés publics." (voir ci-contre, l'article à propos de Jean-Marie Messier). C'est précisément de ces dispositions dont ne veulent ni la Générale des Eaux (Canal ), ni la Lyonnaise des Eaux (M6) ni Bouygues (TF1). La ministre de la Culture et de la Communication est donc montée au créneau, avec un article dans le Monde du 11 mars: la réforme de l'audiovisuel n'est pas une coquille vide. On y apprenait que le gouvernement avait abandonné ces dispositions au profit de " mesures moins déstabilisantes pour l'ensemble de l'audiovisuel ": obligation de transparence des intérêts capitalistiques et interdiction du cumul des responsabilités.ça devrait convenir aux lobbies.