Regards Mars 1998 - Vie des réseaux

L'administration vers le Net

Par Xavier Delrieu


Après l'année des rapports parlementaires, puis celle des déclarations d'intentions, voici venir celle des rapports d'intentions. A force de devenir une priorité nationale, le développement des réseaux en France finit par ressembler un véritable serpent de mer. Le 16 janvier le premier ministre a annoncé six axes prioritaires pour que la France entre définitivement dans la société de l'information. Premier axe: l'éducation. Les recteurs devront présenter un plan de développement sur trois ans afin que tous les établissements scolaires et universitaires soient connectés en l'an 2000. L'aide à l'équipement sera porté à 500 millions au lieu des 250 prévus initialement et la formation des enseignants commencera dès la rentrée 98. Deuxième axe: la culture. Les aides au Centre national de la cinématographie seront portées à 50 millions de francs afin d'aider la création multimédia. Une enveloppe de 15 millions sera en outre consacrée au développement de la presse sur les réseaux. Troisième axe: l'administration. Toutes les informations disponibles aujourd'hui sur Minitel seront mises en ligne d'ici 99 et chaque ministère portera sur Internet ses données publiques. De plus, et ceci pour faciliter les démarches des entreprises, un bon nombre de démarches administratives devraient être possibles directement via les réseaux. Quatrième axe: les entreprises: 50 millions de francs seront débloqués pour aider les entreprises privés " à s'approprier Internet ". Cinquième axe: l'innovation. Diverses mesures techniques ont été prises en faveur de la création d'entreprises high-tech par le capital-risque. Sixième axe: la régulation. Afin d'assurer la confidentialité des informations transmises sur les réseaux, les codages autorisés seront bientôt portés à 56 bits. De nombreux rapports sont donc attendus au cours du printemps pour mettre en oeuvre toutes ces décisions. Le 4 février, lors de l'inauguration du IT-Comdex, le premier ministre a de nouveau pris la parole devant l'aréopage de l'informatique mondial. Sa présence était déjà significative. Comme a pu le faire Al Gore, il y quel ques années, c'est de l'Etat que les encouragements doivent venir." Le temps n'est plus aux grands programmes d'investissement public. L'Etat ne peut se substituer aux entreprises mais faciliter leur travail et donner l'exemple " a-t-il en outre précisé.

 


* Economiste, Université de Paris-XIII.

1. Pour plus de détails, voir J.Cartier-Bresson, " Quelques propositions pour une analyse de la corruption en Europe de l'Ouest ", Revue internationale de Politique comparée, v.4, n° 2, 1997, pp.265-295.

2. Heindenheimer (1970) écrivait: " Le terme de corruption noire indique qu'une action particulière est telle qu'un consensus existe au sein de la grande majorité de l'opinion et de l'élite pour condamner et sanctionner au nom des principes.La corruption grise indique que certains éléments, les élites habituellement, veulent voir l'acte réprimé, alors que d'autres ne le veulent pas, l'opinion majoritaire peut alors être ambiguë.La corruption blanche signifie que la majorité tant de l'opinion que de l'élite ne soutient pas vigoureusement les essais de condamnation d'actes qui semblent tolérables ".

3. Cf.Démocratie et Corruption en Europe, D.della Porta et Y.Mény (Eds), la Découverte, 1995.

4. Sur le rôle des conflits d'intérêt, du cumul des mandats, du pantouflage en France, voir Y.Mény, la Corruption de la République, Fayard, 1992

5. Cf.Pratiques et contrôle de la corruption, sous la direction de J.Cartier,-Bresson, AEF; Monchrestien, 1997.

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