Regards Février 1998 - Vie des réseaux

Informatique
L'an 2000, scénario catastrophe

Par Xavier Delrieu


On en parle depuis des années et c'est quand même l'une des meilleures farces de cette fin de siècle: une bonne partie des ordinateurs risquent de planter le 1er janvier 2000. Les formats de date étant mémorisés en JJ/MM/AA, depuis les années soixante, époque à laquelle quelques lignes de programmation en moins étaient un gain de mémoire ordinateur très appréciable, les PC risquent de confondre les années 2000 et 1900. Rassurons-nous, il y a fort peu de chance qu'une puce affolée fasse décoller une bombe atomique. La situation est plus délicate pour les banques: si par exemple vous êtes à découvert sur votre compte le 1er décembre 1999, le calcul des agios, le 2 janvier 2000 pourrait révéler quelques surprises, pour votre banquier si tout son système informatique tombe en panne, pour vous si l'ordinateur accepte les chiffres négatifs, puisque l'opération 02/01/00 moins 01/12/99 pourrait bien vous calculer 99 ans et 11 mois de découvert consécutif ! De même, ce fameux 2 janvier 2000, lendemain de jour férié, tombant un dimanche, alors que le 2 janvier 1900 était un lundi, certains systèmes automatisés pourraient connaître quelques démarrages intempestifs... Gageons quand même que les ordinateurs et les programmes seront révisés d'ici deux ans. Mais c'est alors le coût de cette farce qui fait froid dans le dos: afin d'éviter un feu d'artifice informatique, l'économie mondiale devra débourser 600 milliards de dollars, et en France 100 millions de francs. Ce bug du millénaire tombe plutôt mal puisque, dans le même temps, les entreprises devront adapter leur informatique à l'Euro, voire faire cohabiter pendant trois ans deux monnaies par pays. Une véritable aubaine pour les informaticiens particulièrement sollicités. Selon certains observateurs, le chômage dans le secteur informatique en France aurait baissé de 30% au cours de ces derniers mois; d'autres parlent même de pénurie. Aux Etats-Unis: les entreprises recherchent 346 000 informaticiens.

 


1. Cette prise en compte des spécificités africaines n'a, bien sûr, rien à voir avec la vision chiraquienne de la démocratie à l'africaine, teintée de paternalisme et d'intérêts non dissimulés.

2. L'expression est de Julius Nyerere, ancien président de la Tanzanie, citée dans Rencontres avec Julius Nyerere de David Gakunzi zt Ad' Obe Obe.Collection " les passeurs de frontières ", éditions Descartes et Compagnie.

3. Sur ce sujet, le livre de Samir Amin, l'Ethnie à l'assaut des nations, éditions de l'Harmattan 1997, livre des analyses et exemples, en particulier dans l'Afrique contemporaine." ....les segments de la classe dirigeante, éclatée en fractions et groupes, ont alors cherché à se donner une légitimité par tous les moyens.L'argument régional ou ethnique est alors mobilisé à cet effet.Mais il n'est pas le seul: la démocratie l'est également.Les mêmes classes, unifiées derrière le dictateur et son régime autocratique, justifiant leur ralliement au parti unique par les exigences du développement, changent brusquement d'attitude, se regroupent dans des partis multiples et réclament des élections.Le repliement ethniciste doit être également placé dans ce cadre.Il n'est pas le produit spontané de la différence ou l'expression naturelle des consciences populaires.L'ethnicité, comme la démocratie, sont ici véritablement manipulées ".

4. En particulier: Nelson Mandela (ANC, Afrique du Sud), Sam Nujoma (SWAPO, Namibie) Robert Mugabé (ZANU-PF, Zimbabwe), José Eduardo Dos Santos (MPLA, Angola), Joachim Chissano (FRELIMO, Mozambique).

5. SADC, South Africa Development Communauty (communauté de développement de l'Afrique australe).Afrique du Sud, Angola, Botswana, Congo (ex-Zaire), Lesotho, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, Seychelles, Swaziland, Tanzanie, Zambie, Zimbabwe.

6. Voir la revue Hérodote, IVe trimestre 1997, Jean-Claude Willame " Gestion verticale et horizontale des crises identitaires; l'exemple du Kivu montagneux ".

7. Voir dans le livre de Samir Amin, la contribution de Joseph Vansy sur le rôle des Etats-Unis dans la décomposition de l'Ethiopie, le plus ancien Etat d'Afrique.

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