Regards Janvier 1998 - Vie des réseaux

Branchés

Par Xavier Delrieu


Voir aussi La presse d'opinion est une et indivisible , Le téléphone sonne

Le Journal officiel en ligne

Faisant suite aux déclarations de Lionel Jospin en août à Hourtin, lors de l'ouverture de l'Université d'été de la communication, le Journal officiel devrait être disponible sur Internet dès janvier. On trouvera le JO sur le "web citoyen", mais les archives ne remonteront qu'à quelques mois. Les éditions antérieures seront commercialisées électroniquement par l'entreprise ORT dont la concession sera reconduite. Voilà qui pourrait bien rendre quelque peu ridicule cette initiative qui avait pourtant le mérite d'être novatrice, en France du moins. Dommage. X. D.

 
Le bond en avant

L'Association française de la télématique (Aftel) vient de confirmer le décollage d'Internet en France. Un million de Français, dont 750 000 dans leur entreprise, se connectent régulièrement sur le réseau. Deux fois plus que l'an dernier. Le retard pris sur les Etats-Unis et certains autres pays européens est loin d'être comblé, mais ce sursaut est de bon augure. D'autant plus que 1998 devrait voir enfin la possibilité de se connecter via le câble, c'est-à-dire sans facture de téléphone supplémentaire à payer, ainsi que la mise en vente de " Netbox " que l'on branchera directement sur la télévision en faisant ainsi l'impasse sur l'achat d'un ordinateur. X. D.

 
Internet sur le chemin de l'école

Christian Perret, secrétaire d'Etat à l'Industrie en charge des télécommunications vient de dévoiler en partie son plan de bataille pour le développement des nouvelles technologies dans les écoles. Quinze milliards de francs sur trois ans seront donc consacrés par l'Etat et les collectivités locales à cet ambitieux projet. Avec une " ficelle " financière: le matériel informatique sera loué, et non acheté; afin d'enterrer définitivement le cauchemar que fut le plan Informatique pour tous du milieu des années 80. Reste un problème de taille: l'accès au réseau ne nécessite pas les mêmes investissements selon les régions. Mais le véritable pari n'est pas d'ordre technique. Tout d'abord le ministre de l'Education souhaite que les enseignants soient formés non seulement aux nouvelles technologies mais aussi à la création de logiciels. Il faudra donc consentir à un très gros effort de formation. Ensuite, c'est la question du temps qu'il faudra envisager. A moins d'étudier l'informatique sur un tableau noir, une durée de cinquante minutes n'est pas appropriée à l'apprentissage sur une machine. Il faudrait donc réviser les rythmes scolaires... X. D.

 
Papon en ligne

Jean-Marie Matisson, qui fut l'un des premiers à avoir porté plainte contre Maurice Papon, a ouvert un site Internet (1) afin que chacun puisse avoir quotidiennement un compte-rendu des audiences. Il s'agit en fait d'un site où l'on peut trouver une bonne documentation sur le procès ainsi qu'une chronique qui doit être prise comme telle; ce ne sont pas les minutes froides et objectives du procès. D'autres sites sont consacrés en tout ou partie à ce procès historique (2) et l'un d'entre eux donne au jour le jour des minutes du procès prises en sténographie (3). Est ainsi contournée l'interdiction française de filmer ou d'enregistrer les procès (sauf cas exceptionnels, et c'en est un, mais, en l'occurrence, les documents vidéo qu'on enregistre ne peuvent faire l'objet d'une diffusion publique). X. D.

 


1. http://www.matisson.com

2. http://www.sudouest.com - http://www.lemonde.fr - http://www.witfm.com

3. http://www.proces.com

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La presse d'opinion est une et indivisible


La mise en application de l'amendement dit " Le Guen", que vient de voter l'Assemblée nationale va permettre la création d'un fonds d'aide à la presse qui prévoit, pour la seule presse quotidienne d'information générale et politique, semble-t-il, de nouveaux moyens financiers nécessaires à son indépendance, voire à son développement. Nombre de publications, à diffusion nationale, hebdomadaire ou mensuelle, appartiennent comme les quotidiens à l'univers de la presse d'information générale et politique et concourent comme eux au pluralisme, condition et expression de la démocratie. Toute la presse, nationale et régionale, d'information générale et politique, mérite de bénéficier de la même législation. L'ensemble des publications d'information générale et politique et leurs lecteurs justifient la même attention du Parlement. La presse d'opinion ne s'exprime pas qu'au quotidien.n Communiqué du Syndicat professionnel de la presse magazine et d'opinion (SPPMO).

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Le téléphone sonne


Jusqu'au 31 décembre dernier, les grandes manoeuvres opérées dans les télécommunications n'ont eu que fort peu d'incidences sur notre vie quotidienne. Hormis quelques baisses de prix du téléphone sur le national et l'international et quelques messages alarmistes sur le poids du Minitel dans les mentalités françaises, tout n'était qu'une affaire de finances et d'hommes d'affaires. Pourtant il était écrit que cette fin de siècle verrait des changements là où nous pensions que l'immuable était de rigueur. Avant le passage du franc à l'euro, qui devrait représenter une aubaine pour tous les fabricants de calculettes dès 2002, c'est la dérégularisation des services publics qui a fait son entrée sur la scène française, avec la mise en concurrence de France Télécom dès ce 1er janvier. Inimaginable il y a encore peu d'années. Mais quels changements pratiques peut-on attendre de ces bouleversements ? Tout d'abord, que l'époque où le téléphone était simple comme un coup de fil semble être bien révolue. Cinq opérateurs dits généralistes vont se trouver en concurrence: France Télécom, Cegetel, Bouygues, Omnicom et Siris. D'autres, régionaux ou spécialisés, viendront aussi s'ajouter à cette liste. La personne qui appelle choisit l'opérateur qu'il désire, en remplaçant le préfixe 0 par un autre chiffre: le 8 pour France Télécom, le 7 pour Cegetel, le 9 pour Bouygues, le 5 pour Omnicom et le 2 pour Siris. Le 0 restera celui de l'opérateur de " boucle locale ", c'est-à-dire France Télécom dans la plupart des cas. Mais, tout de même, il faut s'acquitter d'un abonnement mensuel avant de faire appel à l'un d'entre eux, comme nous l'avons toujours fait avec France Télécom. Si l'on est abonné à plusieurs opérateurs, il faut se demander lequel d'entre eux est le plus avantageux, compte tenu de la nature de l'appel (national, international, fax, visioconférence, connexion Internet...), puisque chacun va proposer des solutions différentes et sans doute se spécialiser dans un type de communication. Mais la complexité des tarifs est devenue telle que beaucoup de clients se décourageront à leur lecture - France Télécom est passée maître dans l'art des labyrinthes tarifaires qui.souvent, cachent les hausses. Qu'avons nous à gagner de cette ouverture à la concurrence ? Si votre facture de téléphone ne comporte que des appels locaux, il n'y aura rien de neuf sous le soleil ! Comme le laissait supposer depuis déjà quelques mois l'attitude de France Télécom, qui, pour se préparer à la concurrence, a porté à la baisse ses seuls tarifs nationaux et internationaux, le particulier dont la grand-mère habite juste l'étage en dessous n'est pas la principale cible de ce que d'aucuns appellent une révolution. Ce sont les entreprises qui seront à coup sûr les principaux clients visés. On peut déjà s'attendre à quelques sévères empoignades, semblables à celles qui agitent aujourd'hui le marché des téléphones cellulaires. Reste qu'à terme le marché des particuliers finira bien par intéresser ses nouveaux opérateurs. On pourra alors faire jouer la concurrence sur le terrain d'Internet, laissé presque à l'abandon par France Télécom, qui reprend d'une main ce qu'il a donné de l'autre. On devrait aussi bénéficier d'une foule de services: une sonnerie spécifique pour chaque membre de la famille, le refus d'appel en provenance de personnes indésirables... Mais la vie en sera-t-elle plus belle ? X. D.

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