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Crise de la presse écrite Par Xavier Delrieu |
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| La XVIIIe Université d'été de la Communication de Hourtin ne fut pas exclusivement consacrée au multimédia et aux nouvelles technologies. La presse écrite fut aussi l'objet de débats et de tables rondes. L'idée dominante des discussions fut celle de la responsabilité tous azimuts. A commencer par celle de l'Etat. On sait la crise qui secoue la presse quotidienne depuis quelques années et que le précédent gouvernement n'a pas cherché à réduire en acceptant la renégociation des tarifs postaux, en diminuant les aides de l'Etat à la presse, en remettant en cause l'abattement fiscal des journalistes... Le gouvernement Jospin était donc attendu sur ce terrain, d'autant que, comme le rappelait Dominique Alduy, directeur général du journal le Monde, on peut estimer que la presse d'information générale et politique, qui représente 66 titres régionaux et 11 nationaux, a connu une perte de 3,5 milliards de francs répartis sur l'ensemble des titres. Catherine Trautmann, après avoir brièvement évoqué, au conditionnel, l'ampleur de cette crise (" Le recul du lectorat et le transfert des ressources publicitaires vers la télévision auraient inéluctablement conduit au déclin "), s'est donc attachée à démontrer que son gouvernement avait clairement pris la mesure de cette situation. Une consultation de l'ensemble du secteur sera donc lancée cet automne, avec l'objectif d'aboutir à un plan d'action sur trois ou quatre ans. Comment, en effet, peut-on se forger ses propres opinions, dès lors qu'un média comme la télévision a presque totalement oublié les vertus de l'explication au profit d'une simple présentation des faits ? La citoyenneté est une manière d'être qui, en outre, se conquiert sur l'indifférence. Elle concerne aussi la responsabilité des journalistes et leur éthique professionnelle. Au cours d'un débat, tenu le mardi 26 août, fut abordée la question de la différence existant entre déontologie et éthique. Edith Raymond, directrice de l'option journalisme à l'IUT de Bordeaux, précisa que la déontologie est codifiée, c'est-à-dire qu'elle est enseignée, alors que l'éthique est une valeur personnelle. Cette différence, si évidente soit-elle, fut tragiquement mise à l'épreuve quelques jours plus tard avec la mort de la princesse de Galles. Certains patrons de " tabloïds ", peu après l'événement, ont sereinement affirmé qu'ils avaient tout à fait le " droit " de publier certaines photographies. Alors que la France est l'un des pays où l'individu est le mieux protégé dans sa vie privée, comment doit-on interpréter cette notion de " droit " ? |
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1. Pierre Musso, Télécommunications et philosophie des réseaux.La postérité paradoxale de Saint-Simon.PUF, 1997, 395 p., 148F. 2. Sur l'histoire de l'Etat acteur principal de la modernisation dans les domaines des télécoms, du transport ferroviaire et aérien, on lira aussi le récent ouvrage de Ezra Suleima et Guillaume Courty, l'Age d'or de l'Etat, le Seuil-L'histoire immédiate, 1997, 335 p., 140F.
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