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Japon
Par Jean Dorval |
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Entretien avec Kichirou Inoue Voir aussi Itinéraire Le candidat par lui-même |
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Kichirou (prononcez: Kitchirô.ou) Inoue a été candidat indépendant soutenu par le PCJ en février 1996 aux élections municipales de Kyoto, la vieille capitale impériale, joyau architectural du Japon.
Il évoque le paradoxe de cette ville, symbole du Japon traditionnel et, en même temps, la ville de l'archipel où le Parti communiste japonais est le plus influent.
Pour comprendre, il faut garder à l'esprit la violence du développement industriel et urbain du Japon d'après-guerre. Sur les ruines d'un pays dévasté par les bombardements et sous la houlette des USA, les dirigeants japonais ont construit un Japon certes riche et moderne, mais au prix de sacrifices immenses de la population, de la destruction sauvage de l'environnement et d'une américanisation forcenée de la culture. En fait, tant les questions d'urbanisme, de défense des petites industries que les mouvements de consommateurs, évoqués par Inoue posent la question d'un autre développement, qui ne soit pas piloté par les grands groupes, les bureaucrates et les politiciens du PLD (le parti conservateur aux affaires sans interruption depuis la guerre), mais qui prenne en compte les vrais besoins de la population. La résistance aux projets pharaoniques (les fameux " travaux publics ") des décideurs prend le plus souvent la forme de " mouvements de citoyens ", très locaux, très concrets, parfois sans lien direct avec la vie politique nationale. C'est justement par sa capacité, à partir des besoins les plus précis, à tisser patiemment des liens au niveau local, avec pragmatisme, que le PCJ a su donner une expression politique à la contradiction entre la ville de Kyoto, son tissu social, sa vocation de ville historique et le modèle de développement que veulent lui imposer le gouvernement central et la municipalité de droite. Mais il y a plus que les pôles de résistance que sont les mouvements de citoyens. Le PCJ parvient même à s'attirer le soutien d'organisations professionnelles jusqu'ici dévouées au PLD. Trop souvent, la politique se résout au Japon en une négociation entre ces groupes divers (associations professionnelles, groupes de quartiers, syndicats d'entreprise) parmi lesquels il faut souvent compter avec la mafia, fonctionnant comme autant de lobbies et assurant aux partis politiques conservateurs, en particulier le PLD, une clientèle d'électeurs fidèles. Les derniers développements politiques viennent remettre en question le fonctionnement du système. Les Japonais sont profondément dégoûtés par les agissements des politiciens - marqués par la corruption, accusés avec raison de ne jamais tenir leurs promesses, et de changer de parti au gré des alliances fractionnelles. Le désintérêt pour la chose publique exprime contradictoirement un recul des pratiques clientélistes de vote, recul dans lequel on peut voir l'émergence d'une véritable société civile et une inquiétante dépolitisation. Reste que cette évolution, en remettant en question les appuis traditionnels du PLD, ouvre de nouvelles possibilités pour le PCJ. A Kyoto, fort d'une bonne implantation, le PCJ s'installe au coeur de ce qui a constitué le fondement du pouvoir du PLD.
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Si l'expérience de Kyoto se multiplie ailleurs...
De ce point de vue, ces élections de Kyoto sont la première expression directe de la bipolarisation PCJ/PLD. Un journaliste faisait remarquer que les élus du PLD, jusqu'ici assurés du soutien sans faille de la population, ne savaient pas tenir un discours politique cohérent à leurs électeurs, tandis que le PCJ argumentait, appelait les citoyens à contrôler les élus, à donner leur avis, à intervenir et que c'est là que résidait sa force. A Kyoto aussi, comme le montre Inoue, c'est la volonté de rester maître de l'avenir de la ville, de voir son opinion prise en compte qui est de plus en plus déterminante dans les choix politiques des habitants. Si l'expérience de Kyoto se multiplie ailleurs, comme il semble que ce soit le cas, que l'affrontement classique gauche/droite prend la forme d'un duel PLD/PCJ et que la démocratie en constitue l'enjeu essentiel, la vie politique japonaise risque bien de sortir du ron-ron auquel elle nous a habitués jusqu'ici.
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Comment appréciez-vous votre score dans cette période où le Japon recherche une nouvelle vie politique ?
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K.
I.: Aux élections de Kyoto, il y a eu une baisse considérable du taux de participation.40% aux municipales et 55% aux législatives.
En règle générale, les gens sont très déçus par la politique, surtout les jeunes.
Ce n'est pas un phénomène récent, c'est au contraire l'expression d'une tendance de longue durée: la montée d'un terrible manque de confiance vis-à-vis des partis politiques, accentuée encore par la récente valse des étiquettes: les partis se dissolvent, changent de nom, les élus changent de camps entre deux élections, le PS s'est renié, les deux seuls partis qui résistent bien sont le PLD et le PCJ, parce que leur discours est stable, leur identité claire.
Les électeurs pensent qu'ils tiennent leurs promesses électorales.
Il y a un phénomène de polarisation de la confiance sur ces deux partis.
J'ai rassemblé 48% des suffrages exprimés, et le candidat de tous les autres partis coalisés n'a gagné qu'avec 4 000 voix d'avance. Le premier ministre conservateur, Hashimoto, a déclaré, le soir des élections, que de tels résultats étaient mauvais pour son coeur... Ce qu'il faut souligner, c'est la portée nationale de ces résultats. Depuis 1993, le Japon est en pleine recomposition politique: chaque année, de nouveaux partis naissent, d'autres disparaissent. Avec le ralliement du Parti socialiste aux positions du PLD et la constitution d'un gouvernement de coalition, ce qui se dessine, c'est une opposition entre le PLD et tous ses alliés et le PCJ. Bien sûr, nationalement, le rapport de force est encore en faveur du PLD mais si l'on regarde la popularité des propositions, les choses sont plus compliquées: le PCJ mène une bataille serrée, très concrète sur tous les dossiers. Sur la question d'Okinawa, où le gouvernement refuse d'écouter la population qui demande la fermeture des bases américaines, où sur la question des jusens, ces créances douteuses émises pour financer la spéculation immobilière que le gouvernement veut honorer avec l'argent des impôts, il y a une majorité de Japonais qui partagent des positions - fermer les bases, ou faire payer les banques plutôt que les contribuables - que seuls les communistes défendent... Le PCJ veut passer de cette majorité d'opinion à une majorité politique qui l'exprime. Est-ce que le PCJ est capable de battre le PLD ? C'est la grande question.
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Quelle est l'orientation de la majorité municipale conservatrice ?
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K.
I.: Cela fait vingt ans que les travaux publics et les questions d'éducation sont au centre du débat politique.
La grande priorité de l'actuelle équipe municipale, c'est le projet de construire une grande gare à Kyoto, ou plutôt de re-construire une grande gare, puisqu'il y en avait déjà une.60 mètres de haut et 460 mètres de long.
Cette gare ressemble à un barrage.
Il y a eu un grand débat autour de ce projet, le maire était pour, et moi j'étais contre parce qu'il n'existe à Kyoto qu'un seul bâtiment de cette hauteur, le Kyoto Hôtel dont la construction avait déjà soulevé une vague de protestations.
Comme la plupart des bâtiments sont de deux ou trois étages, les grands immeubles gâchent la perspective: la gare, qui ne correspond pas du tout à l'image de cette ville traditionnelle, est un pas de plus vers son autodestruction.
En plus, le bâtiment est étrange, tout couvert de verre, moderne.
La ville de Kyoto est entourée de montagnes et de collines aux formes arrondies, de forêts.
Cette boîte vitrée là dedans, c'est terrible...
Autre exemple de priorité de la municipalité: il y a une ligne de métro est-ouest qui a coûté huit ans de travaux et cinq cent milliards de yens (vingt-cinq milliards de francs).
Le projet initial parlait de 250 milliards de yens (12,5 milliards de francs), alors bien sûr, le métro c'est très pratique pour se déplacer, mais, si l'on sait que le budget annuel de la municipalité est de sept cent milliards de yens (35 milliards de francs), il faut bien avouer que le doublement du coût de ce métro est une charge financière considérable.
Le coût a doublé parce qu'au Japon les travaux publics sont réalisés par de grandes entreprises du bâtiment, qui s'associent et forment un bloc pour obtenir des commandes: dès le départ, le projet ne tenait pas debout et le cahier des charges était sans rapport avec la réalité.
Les grosses entreprises, qui en savent beaucoup plus que la municipalité, l'ont évidemment fait exprès.
Quand on a compris que ce serait beaucoup plus cher que prévu, les habitants de Kyoto se sont demandés: pourquoi la municipalité s'est-elle laissé manipuler par les grosses entreprises ?
Le maire a voulu éviter le scandale et a continué à soutenir le projet en faisant appel à l'impôt pour payer, sans aucun contrôle des citoyens sur l'utilisation des fonds. C'est la principale leçon de cette triste histoire: il faut que les citoyens puissent contrôler l'utilisation des fonds. La municipalité dépense l'argent des gens, et comble le trou par les impôts et l'emprunt public. La dette est de 800 milliards de yens (40 milliards de francs). Le métro comme la gare sont des illustrations de cette méthode...
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Qu'est ce que vous proposez ?
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K.
I.: De ne plus émettre de bons pour redresser les finances publiques, et de réduire les gaspillages en accordant la priorité aux projets indispensables.
Par exemple, il est impératif de mettre en valeur les atouts de la municipalité en changeant radicalement la politique d'urbanisme.
Kyoto est une ville riche d'industries traditionnelles susceptibles de créer des emplois.
Ces industries ont besoin de ressources humaines et les personnes âgées peuvent y apporter leur expérience.
Je pense au textile ou à la céramique - des secteurs à forte valeur ajoutée.
La ville de Kyoto a toujours mis en valeur ces industries traditionnelles, il faut les soutenir pour retenir les salariés de ces secteurs et consolider leur couverture sociale.
Par exemple, dans le textile, l'industrie des kimonos et des obi (les ceintures pour les kimonos): des milliers de petites entreprises de un ou deux salariés exécutent chacune des dizaines d'opérations, forment une sorte de constellation de micro-entreprises qui représente dans son ensemble un poids équivalent au budget de la municipalité.
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Soutenir l'industrie traditionnelle est un signe de modernité ?
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K.
I.: Mon seul but, c'est de faire de cette ville une ville harmonieuse, en accord avec elle-même: je ne nie pas l'importance de l'industrie moderne, mais je veux mettre en valeur les atouts traditionnels de la ville: alors, effectivement, non, je ne veux pas de bâtiments élevés qui défigurent la ville, ni d'autoroute urbaine.
Je souhaite restaurer l'usage du tramway, réglementer la circulation routière, développer l'usage du vélo...
Je pense que c'est l'avenir de Kyoto.
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Quels sont vos soutiens pour mettre en oeuvre une telle politique ?
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K.
I.: Comme la gare de Kyoto en est le symbole, il y a dans la ville des grandes surfaces, des grands magasins qui appartiennent au grand capital de la distribution et sont liés à d'énormes groupes.
En face de ça, vous trouvez une multitude de petits artisans, de petits commerçants, des restaurateurs de grand prestige, par exemple, spécialisés dans une cuisine extrêmement raffinée.
Je m'appuie sur ces petites entreprises et leurs salariés, sur le peuple de Kyoto.
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Ce n'est pas paradoxal que Kyoto, ville traditionnelle, soutienne le PCJ ?
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K.
I.: Traditionnellement, le PCJ est bien implanté à Kyoto.
Dès 1925, lors d'un scrutin au suffrage universel, il y a eu deux élus du Parti des travailleurs et des paysans.
Un professeur de la faculté des Sciences économiques, Hadjimé Kawakami, qui avait un prestige considérable, ne se cachait pas d'être communiste.
En 1965, quand je suis entré, il était déjà à la retraite, mais on célébrait encore des cérémonies en son honneur, et suivre son exemple était le rêve de nombreux étudiants.
En 1950, pour la première fois dans l'histoire du Japon, une grande ville est dirigée par une personnalité progressiste, Teraso Ninagawa, soutenue par le PCJ et le PS. La ville de Kyoto a été le laboratoire pour une politique alternative au Japon, jusqu'en 1978 où la gauche a perdu les élections.
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Pourquoi cet échec de la gauche ?
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K.
I.: Sans doute la personnalité de Ninagawa a joué: il n'y avait pas de successeur à la hauteur.
Le PLD a aussi fait d'immenses efforts pour empêcher la multiplication de municipalités d'union de la gauche.
Et puis surtout les relations entre le PC et le PS se sont refroidies, l'union de la gauche a été rompue.
Aujourd'hui, le PS est au gouvernement avec le PLD au prix du renoncement à son identité de gauche...
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Et maintenant ?
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K.
I.: J'étais candidat indépendant, soutenu, comme parti politique par le seul PCJ.
Depuis que je me suis présenté la première fois, il y a quatre ans, il y a eu une évolution considérable de la situation.
Les conditions de vie de ces gens se sont dégradées, en particulier du fait de la politique suivie au niveau national et de l'assujettissement au gouvernement central.
Parmi les associations professionnelles de ces entreprises traditionnelles, par exemple dans la fabrication de kimono, la plupart étaient jusqu'ici fidèle au PLD, le parti de droite.
Mais, avec les dangers qui pèsent sur leur existence même, les choses bougent.
Plus de vingt de ces associations ont appelé leurs adhérents à voter pour moi, alors que, nationalement, ils sont acquis au PLD: avec la dérégulation et le développement des grandes surfaces, ils en sont à demander un changement radical de la politique municipale.
Ils ne sont pas tous favorables à une politique progressiste, mais l'évolution est importante.
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Par exemple ?
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K.
I.: Les mouvements de citoyens sont très nombreux et très différents, mais les plus typiques, ce sont les associations de quartier contre la construction d'un immeuble qui bouche la vue et détériore la vie du quartier.
Le tissu des associations de gens qui habitent au même endroit est très dense.
Parfois, le seul point commun des gens qui sont dans ces associations, c'est l'adresse... Il y a aussi des associations plus thématiques que locales, par exemple contre un projet public, comme la construction d'un centre d'incinération de déchets, ou contre le projet de construction d'une autoroute urbaine. On trouve aussi des associations pour l'amélioration des conditions de vie. Par exemple, il y a une association pour l'amélioration des conditions de vie des handicapés: dans ce domaine, la politique municipale est très pauvre, en particulier, il y a très peu de classes spéciales dans les écoles primaires et secondaires. Les associations ont demandé et obtenu au terme d'une lutte de trois ans la construction d'une trentaine de ces classes spéciales. Parfois, les thèmes des luttes peuvent surprendre... Tenez, par exemple, la coopérative pour laquelle je travaillais dans les années 80 a été créée par des femmes au foyer, des mères de famille parce qu'avec le développement industriel du Japon, dans les années 70, on a été confronté à de terribles problèmes de pollution. Certains ont ajouté des produits chimiques aux aliments: je me souviens qu'on avait retrouvé de l'arsenic dans le lait pour bébé... Il y a eu un vrai mouvement de panique chez les jeunes mères qui ont demandé des produits sains. La coopérative faisait le lien entre consommateurs et paysans, vérifiait les légumes, on se battait pour obtenir un contrôle indépendant sur la production et la distribution des produits. C'est un mouvement très typique des années de croissance du Japon, assez rare dans d'autres pays du monde: un mouvement social pour manger des produits sains.
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Vous voulez associer les étudiants aux décisions, les jeunes s'intéressent-ils à la politique ?
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K.
I.: Partons de cas précis: dans un collège de la ville, on a obligé les élèves à porter l'uniforme, alors que, jusqu'ici, dans cet établissement, ce n'était pas obligatoire.
Un des étudiants a refusé de porter l'uniforme dès le premier jour de l'année: il s'est présenté pour être président de l'Association des élèves et a été élu: il a demandé que les élèves soient consultés.
Le directeur de l'école s'est fâché: devant l'école, il a enlevé sa veste et porté lui-même l'uniforme pour montrer l'exemple.
L'incident me semble très important: cela veut dire que les jeunes sont près à être associés aux décisions qui les concernent.
Ce n'est pas un cas isolé...et leur portée politique est importante parce que la question de l'uniforme n'est pas un détail: on les impose aux élèves dans les lycées et les collèges au nom du même principe selon lequel on leur fait chanter l'hymne national et saluer le drapeau: c'est un rite d'obéissance destiné à montrer que le directeur a tous les pouvoirs, que c'est lui qui décide.
L'uniforme est visible, c'est un outil pour étouffer la liberté d'expression des enseignants et des étudiants.
Ce n'est peut-être pas militaire, mais c'est à tout le moins conformiste: on apprend à ne pas désobéir aux ordres du supérieur, à ne pas contester.
Les levers de drapeaux et les cérémonies scolaires ont la même fonction.
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Cela veut dire que l'image du PCJ change ?
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| K. I.: Les Japonais considéraient les communistes comme des terroristes, ou des violents qui ne savent que détruire et rien construire. Cette image est en train de changer. Il y a eu des affaires de corruption, des scandales de grandes banques liées aux milieux politiques. Là-dedans, le PCJ a l'image d'un parti propre, parce qu'il est propre: il n'y a jamais eu de scandale lié au PCJ. En fait, je pense que ce qui se passe en ce moment est très important; bien sûr, les mouvements de citoyens ne suivent pas les décisions du PCJ comme des ordres, mais le PCJ existe, il soutient le mouvement social, ses prises de positions sont en convergence avec le mouvement social, tout cela est porteur de beaucoup de choses... |
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Itinéraire Le candidat par lui-même
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Je suis né le 18 août 1945 à Kyoto. Trois jours seulement après la reddition du Japon. En naissant à un moment pareil, on ne peut pas être indifférent à l'histoire!! J'ai peu de souvenirs de l'occupation américaine: en 1950 - j'avais 5 ans - il y avait un jardin botanique splendide. Pendant l'occupation, il a été confisqué par les Américains pour servir de bordel et ils ont abattu les arbres pour faire des baraques de soldats. En 1964, un hiver très froid a détruit les récoltes et fait des dégâts considérables: alors que les moyens technologiques existaient pour les limiter. C'est pourquoi j'ai voulu étudier ces problèmes, J'ai fait des études à Kyoto, au département d'économie agraire. J'ai donc été étudiant de 1965 à 1970. Dans le monde entier, et au Japon aussi, c'était une période de fort mouvement contre la guerre du Vietnam. Au Japon, il y a un proverbe: protéger les plus faibles et vaincre les puissants. Je me suis rapproché du PCJ. Ma famille est conservatrice, mais il n'y a pas eu de problèmes, le PCJ commençait à être reconnu dans la société japonaise. J'ai travaillé à la politique agricole de la mairie progressiste de Kyoto. Pour moi, ça a été une belle expérience. Et puis, à trente ans, je suis allé travailler pour une revue du PCJ en direction des milieux agricoles, pendant sept ans, j'en ai été l'éditeur et, en 1982, je suis revenu à Kyoto et j'ai travaillé pour une coopérative agricole. En 1978, le PCJ a perdu la mairie de Kyoto, j'ai essayé de trouver quelqu'un qui puisse être candidat contre le PLD. J'ai demandé à plein de gens, mais comme je n'ai pas trouvé, j'ai pris mes responsabilités: je me suis présenté. Une première fois en 1992, la seconde en 1996. Comme je n'ai pas vraiment d'emploi, on m'appelle le samouraï sans maître.Ça me laisse le temps de faire la cuisine et de m'occuper de mon petit-fils..." n K. I. |