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ROUGE
Par Guillaume Chérel |
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Voir aussi La trame |
| Encore un géant (1,95 m., 90 kg).52 ans, il revendique son appartenance à la tribu Sioux brûlé (sicangu), mais il a du sang français dans les veines... Né dans la réserve de Rosebud (Dakota du Sud), il a dix frères et soeurs...et six enfants (de 28 ans à 6 ans). Il a été administrateur des programmes de santé et d'éducation auprès du président tribal. Il est cofondateur de l'Université Sinte Galeska de Rosebud, où il enseigne aujourd'hui. Il écrit à mi-temps et pige parfois dans quelques journaux. Aujourd'hui, il vit à Washington. Un recueil de textes d'essais, politiques et historiques, traitant de la nature (les loups, les montagnards, comme Jeremiah Johnson) sera publié à la rentrée prochaine, et la suite de ce premier roman est annoncé, toujours aux éditions du Rocher. |
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L'Hiver du Fer sacré, traduit de l'américain par Aline Weill et Philippe Sabathé, éditions du Rocher, 294 p., 148 F |
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La trame
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L'Hiver du Fer sacré peut être considéré comme un roman historique, mais aussi comme un excellent livre d'aventure et de suspense.
Nous sommes en 1740.
Whirling, guerrier lakota chef de sa tribu, découvre dans la forêt un homme blanc blessé.
Il s'agit du fils de l'écrivain-voyageur français De la Vérendrye, bientôt surnommé " le Barbu ", qui connaît bien la langue et les coutumes des Sioux de l'Est.
Il s'est fait tirer dessus par un autre " coureur des bois " de sa nationalité, Bruneau.
Ne sachant qu'en faire, Whirling ramène le blessé à son camp, celui des Wolf Tail.
Cette intrusion de l'homme blanc sur les territoires des Indiens laisse présager la nature orageuse des futures relations.
Ce n'est pas tant la présence du barbu - lequel s'avère amical - qui inquiète les sages de la tribu, mais l'avènement des fusils.
Alors que la survie du Blanc dépend d'un objet, le " Fer Sacré ", qu'il ne saurait fabriquer lui-même, l'Indien vit en accord avec la nature et ne compte que sur ses propres forces, physiques et morales.
Le récit de Joseph Marshall III dépasse largement le cadre du simple divertissement.
Il ne s'agit pas d'un western mais de la version romanesque, du point de vue des Indiens.
" Cela peut faire sourire en Europe, explique Marshall, troisième du nom, mais aujourd'hui, je peux fabriquer un arc de mes mains.
J'ai appris cela de mon grand-père quand j'avais huit ans.
Il s'agit pour moi de perpétuer la tradition.
Comme le fait de raconter des histoires sur notre peuple.
Au départ, avant d'écrire, je voulais simplement être un conteur.
J'ai beaucoup d'autres histoires en tête.
C'est important de préserver cette tradition orale.
Mieux vaut aller à la source, à mon sens.
Je me suis basé sur des faits réels.
De la Vérendrye, mon personnage français, a vraiment existé: il est venu en Amérique avec sa famille en 1 730 environ.
Ils ont voyagé sur un radeau et parcouru les forêts.
Il y a eu de nombreuses relations amicales entre Lakotas et Français venus du Canada.
Chez moi, à Rosebud, de nombreuses familles ont des noms d'origine française (Letellier, Pelletier, etc.).
Certains d'entre eux se sont bien adaptés parce qu'ils voyageaient seuls, ils faisaient moins peur.
Et s'ils étaient bon trappeurs, ces " coureurs des bois ", c'est qu'ils ont tout appris des Indiens ! Ne l'oublions pas...".n G.
C.
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