Regards Juillet-Août 1997 - Supplément

ROUGE
L'indianité au coeur de l'autre Amérique


Le premier véritable roman écrit par un Indien sur les Indiens ne date que de 1954... Les premiers textes indiens répertoriés sont l'oeuvre de Joseph, chef des Nez-percés, ou de Pete Beaverhead. Leurs thèmes tournaient autour des mythes de l'origine du monde. Aujourd'hui, on assiste à l'essor de nouveaux auteurs plus subversifs, voire radicaux. La première impulsion forte date de 1969, avec la Maison de l'Aube (éditions du Rocher), de N. Scott Momaday (Prix Pulitzer). C'est l'acte de naissance de la littérature " peau-rouge ". Il a été suivi par James Welsh et d'autres depuis, la plupart nés dans une réserve... Comme Louis Owens, Joseph Marshall III, Thomas King, Betty Louis Bell et Sherman Alexie, qui représentent fièrement cette littérature de la résistance. Ron Querry et Mary Crow Dog sont deux cas à part, ils donnent aussi (enfin) la version " non officielle " de l'histoire de l'Amérique. Un rappel: il ne reste que deux millions d'Indiens actuellement aux Etats-Unis, environ 1% de la population, et 900 000 au Canada. Ils étaient plus de 40 millions dans toute l'Amérique, avant que les " Blancs " ne viennent les civiliser... On ne comptait plus que 300 000 Indiens en 1890.

 


Jean-Marie G.Le Clézio, Poisson d'or, Gallimard, 252 p., 120 F Sont réédités en Folio: Voyage à Rodrigues et la Quarantaine.

1. " Poisson d'or est le récit de quelqu'un au terme de son errance ", dit son auteur.Le parcours initiatique de Laïla, une petite fille noire volée à ses parents, parcourant le monde à la recherche de ses racines, de son pays, est sans doute le roman le plus politique de Le Clézio.C'est en effet l'histoire édifiante d'une " sans-papier ", une métaphore de l'exil, de la recherche de soi, et de sa place dans le monde.En quinze années, d'Afrique à Paris, en passant par Marseille, la jeune fille finit par revenir à son point de départ: dans le sable du désert...Poisson d'or prend son titre d'un vieux proverbe " nahuatl " (on connaît la passion de Le Clézio pour le Mexique): " Oh poisson, petit poisson d'or, prends bien garde à toi ! Car il y a tant de lassos et de filets tendus pour toi dans ce monde "

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