Regards Juin 1997 - Vie des réseaux

AUDIOVISUEL
Mémoire image, mémoire son


L'audiovisuel à la Bibliothèque nationale de France n'est pas née avec la révolution du support numérique. C'est en 1911, et sous l'impulsion de l'industriel Charles Pathé, que furent créées les " Archives de la Parole " destinées à recueillir témoignages ethnographiques ou contes populaires, et aussi enregistrements de célèbrités, d'Apollinaire au capitaine Dreyfus. Et si, aujourd'hui, 500 heures de cours de Gilles Deleuze viennent d'enrichir cette collection, c'est parce qu'à aucun moment ne fut abandonnée cette envie de conserver l'information et le savoir. Et, naturellement, dès 1925, l'image animée vint rejoindre le son. La collecte des enregistrements sonores fut systématisée en 1943 avec la publication du décret d'application sur le dépôt légal des phonographes, puis, en 1975, pour les vidéogrammes et les documents multimédias. C'est ainsi que naquit en 1977 le " Département de la phonothèque et de l'audiovisuel " de la Bibliothèque nationale qui, aujourd'hui, possède plus d'un million de documents sonores, 60 000 vidéogrammes et 28 000 documents multimédias. Mais l'archivage est une chose, la consultation en est une autre. Chacun comprend aujourd'hui l'extraordinaire opportunité que constitue un tel fond pour la recherche, pour les étudiants ou plus simplement pour les amateurs curieux. C'est pourquoi il fallait trouver un lieu susceptible de les accueillir dans des conditions optimales. La création de la Grande Bibliothèque était donc l'occasion rêvée pour transférer toute cette connaissance vers un lieu plus ouvert au public. Cependant, les supports, du microsillon à la cassette vidéo, posent d'énormes problèmes de conservation mais aussi de consultation. La numérisation de tous ces documents, ou du moins d'une grande partie d'entre eux, constitue donc une véritable prouesse technologique, afin que chaque visiteur puisse, depuis son écran et son clavier, consulter cette gigantesque base de données. Ce travail, entrepris depuis quelque temps, ressemble pourtant à une mission quasi impossible: la quantité de documents produits s'accroît d'année en année, d'autant plus que, depuis 1992, le dépôt légal a été étendu aux documents de radio, de télévision et de l'informatique. Mais, sans doute, tout cela ne représente-t-il que les prémisses de ce que seront à l'avenir les techniques de l'apprentissage de la connaissance.

 
Département de l'audiovisuel, salle B. Quai François Mauriac, 75013 Paris. Tous les jours, sauf le lundi, de 10 h à 19 h (le dimanche de 12 h à 18 h); 20 F la journée. Carte annuelle: 200 F.