Regards Juin 1997 - La Création

POLEMIQUE
L'art devant ses procureurs

Par Pierre Courcelles


Voir aussi Ordre, désordres et art contemporain , Le Front national, la culture, l'art contemporain

L'art contemporain, ces derniers mois, a été une fois de plus décrété nul, porté inexistant. Ces mises en cause ne sont pas que la querelle des anciens et des modernes. Elles ont une réalité politique et idéologique. Elles ne concernent pas que le monde de l'art, mais l'ensemble de la société.

La vie artistique française est depuis toujours cadencée par l'une ou l'autre polémique qui lui donne, à bien les comprendre, sa vivacité et sa particularité, quasiment son exception. Il n'existe, bien entendu, aucune époque répertoriée dans l'ensemble de l'art mondial qui n'ait connu débats et batailles artistiques. L'histoire de l'art est faite des oeuvres des artistes, et tout autant des conflits qu'elles provoquent dans les domaines de la création, et tout autant dans ceux, conjoints, de l'économie, de l'idéologie, de la politique, du pouvoir. Mais la France qui, par-dessus tout, cultive l'art de la controverse, s'est fait une réputation de premier plan dans le champs des disputes artistiques et esthétiques - dont la violence surprend encore les observateurs les plus familiers de notre scène culturelle. Le motif le plus récurrent de ces litiges est sans conteste tout ce qui tourne autour de l'idée d'innovation artistique, ce que l'on nommait jusqu'à la fin des années 1970 " l'avant-garde ", et qui aujourd'hui s'est cristallisé, faute de mieux, dans l'expression " art contemporain " - qui ne satisfait personne car il recouvre des réalités artistiques franchement opposées et conflictuelles, ce qui ne contribue pas à sortir les débats en cours de leurs particularismes. La controverse a connu, depuis le début de cette année, quelques rebonds qui ont permis de mieux la localiser dans un débat qui, lui, approche d'autres réalités que celles de l'art, ses pratiques, les discours qu'on porte sur elles. Sans remonter au livre de Jean Clair, Considération sur l'état des Beaux-Arts, paru en 1983 (1), ou à celui de Luc Ferry, Homo Aestheticus. L'invention du goût à l'âge démocratique, paru en 1990 (2), l'origine plus récente de cette nouvelle phase de la mise en cause de l'art contemporain, on la trouve dans les trois dossiers que la revue Esprit lui consacra en 1991 et 1992 sous un titre initial, " Y a-t-il encore des critères d'appréciation esthétique ? ", qui fut modifié, pour les deux autres parutions, en: " Quels critères d'appréciation esthétique aujourd'hui " - un rectificatif suggérant que le présent de l'art pouvait relever de critères spécifiques, et, au fond, indiquait une moins grande ambition " théorique " qu'au départ, à supposer que celle-ci ait été seulement envisageable. Cela fit beaucoup de bruit, quelques mois, car les articles réunis dans ces dossiers avaient la prétention de dénoncer, une fois pour toutes (?), toutes les inanités de l'art depuis le jour où Marcel Duchamp décréta qu'une roue de bicyclette avait force d'oeuvre d'art.

 
Un discours haineux, la démagogie comme principe de jugement

Le procès rudimentaire qui fut alors conduit s'appuyait sur l'invective et des discours haineux et péremptoires, administrait des leçons de morale artistique - la démagogie se présentant comme principe de jugement. Mauvais procès, il finit dans un climat d'accablement. On a pu croire alors que le discours sur l'art pouvait s'exonérer de toute rigueur intellectuelle, charrier toute la subjectivité de leur auteur et n'avoir pas à être jugé sur la validité et la tenue de son argumentation. Le procureur général de cette entreprise justicière, Jean-Philippe Domecq, n'abandonna cependant pas un combat qu'il avait voulu sans quartier et dont il fut l'un des seuls, avec la direction de la revue, à ne pas s'apercevoir qu'il était mal engagé. Il publia dans la foulée un ouvrage, Artistes sans art ? (éditions Esprit, 1994), qui reprenait, en les prolongeant, ses interventions dans les dossiers d'Esprit, sans que cet effort clarifie en rien l'approche d'un donné artistique autrement complexe que ce qu'en laisse penser l'auteur. Dans ces deux années, 1991-1992, des questionnements sur l'art du présent, autrement sérieux et intellectuellement acceptables, étaient en cours, notamment avec Jean-Marie Schaeffer qui publiait l'Art de l'âge moderne. L'esthétique et la philosophie de l'art du XVIIIe siècle à nos jours (Gallimard, janvier 1992), avec un recueil des textes, sous la direction de Christian Bouchindhomme et Rainer Rochlitz, intitulé l'Art sans compas. Redéfinitions de l'esthétique (Le Cerf, novembre 1992), ou encore, au printemps 1992, avec le premier numéro de la revue Traverses, éditée par le centre Georges-Pompidou, sous l'énoncé " Du contemporain ". Par ailleurs, en réponse aux attaques d'Esprit, la Galerie nationale du Jeu de Paume organisait, entre septembre 1992 et mars 1993, un cycle de conférences sur le thème " L'art contemporain en question " (3) et Rainer Rochlitz publiait Subversion et subvention. Art contemporain et argumentation esthétique (4). En d'autres occasions encore, l'art contemporain serait scruté, ainsi, au cours d'un cycle de conférences données en 1994, à Marseille, au Théâtre des Bernardines, sur le thème " L'art au crépuscule du XXe siècle " ou lors de l'important colloque international, " Où va l'histoire de l'art contemporain ? ", organisé en février 1995, à Paris, à l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts (5).

 
Les complaintes sur le thème du " métier perdu "

S'il était vain de croire que ces " réponses " avaient interrompu l'hostilité multiforme à l'art contemporain, du moins pouvait-on espérer qu'elles l'auraient éduquée, au moins autant que le permettaient les problématiques qu'elles avaient soulevées. Ce sont pourtant deux intellectuels de haut niveau qui vont, dans le Figaro du 22 janvier de cette année, relancer le débat sur des fondements dont le simplisme est indigne de leurs savoirs dans les domaines de l'art. Jean Clair, historien d'art et conservateur du musée Picasso, et Marc Fumaroli, spécialiste du Grand Siècle, professeur au Collège de France et membre de l'Académie française, reprennent là le procès de l'art contemporain sur des accusations connues et dont on sait qu'elles ne le concernent souvent que de manière accessoire.

Les convictions de Jean Clair sont connues, il mène la même croisade depuis longtemps: sauver la peinture de son déclin, ce qui n'est pas sans mérite dans le contexte de mésintelligence où il continue de devoir la mener; en 1976 il écrivait: " La peinture aujourd'hui disparaîtrait, comme autour de nous disparaissent les dernières campagnes. A qui aime la patrie que l'on dit perdue des tableaux, resterait l'enclos des Musées comme à l'amoureux de la Nature les réserves des Parcs " (dans le catalogue de l'exposition " Nouvelle Subjectivité ", Paris, Fondation Rothschild, 1976). Bref, il n'y a d'art que par et dans la peinture et une certaine façon de la faire, chez Bonnard, Balthus, Bacon, Edward Hopper et Lucian Freud, à partir desquels il serait possible de réécrire l'histoire de l'art de ce siècle, celle de la modernité. Aussi, chaque fois que l'occasion s'en présente, reprend-t-il ses récriminations sur le thème du " métier perdu " de la peinture, dont nombre d'artistes actuels ont abandonné la pratique pour d'autres techniques; ceux qui continuent d'utiliser couleurs, pinceaux et toiles doivent savoir que " La science du coloris s'est oubliée. Les peintres contemporains sont fréquemment daltoniens [...] ils se refusent aussi à la pratique du dessin, à la complexité d'un savoir-faire qui a atteint sa plénitude peut-être au siècle dernier " (le Figaro, 22/1/1997). Si on peut raisonnablement penser avec Jean Clair que la peinture, malgré de nombreux avis de décès, est loin d'être morte, qu'il existe toujours des peintres et qu'ils peignent, le meilleur ou le pire, comme dans toutes les époques de l'art, on ne peut le suivre dans la conséquence de son choix univoque qui dénie tout autre expression plastique, voire tous autres modèles de peinture que ceux qu'il prône. On dénoncera son sectarisme et son arrogance lorsqu'il déclare que " ...l'enfermement de l'art contemporain, son autosuffisance et son autocomplaisance sont une catastrophe intellectuelle " (le Figaro, 22/1/1997), ou bien encore: " l'art contemporain français n'a plus ni sens ni existence [...] contrairement à l'art italien, anglais ou germanique " (l'Evénement du jeudi, 23/1/97).

Indépendamment de la question d'un fonctionnaire de l'Etat français, internationalement connu dans la sphère artistique, qui affiche publiquement la mésestime dans laquelle il tient l'art de son pays, il y a dans ces positions une telle charge de mépris envers la création actuelle qu'on est en droit de s'interroger sur son origine et son dessein. Car on ne peut croire qu'un homme comme Jean Clair soumette la création aux aléas de jugements esthétiques désinvoltes. Une artiste, Monique Frydman, a répliqué à cette mise en annulation: " Il a toujours été de bon ton de dire que l'art contemporain n'existait plus en France [...] Je suis restée pétrifiée d'entendre à nouveau tomber cette sempiternelle sentence, au point d'hésiter à affirmer: je suis vivante, j'existe, je peins et je ne suis pas la seule.[...] Qu'est-ce qui est en train de se tramer sur le dos des peintres et des sculpteurs aujourd'hui et des autres artistes (interdiction de l'exposition Bustamante à Carpentras, condamnation de NTM, scandale sur le refus de certains livres au Salon du livre de Toulon, affaire de Châteauvallon...) ? De quels enjeux devenons-nous les otages ? Quelle est cette odeur nauséabonde ? " (le Monde, 8/3/1997).

 
Le rebond de la polémique sur les champs du politique

L'épisode de l'entretien au Figaro et à l'Evénement du jeudi, aurait dû en rester là, à ce qu'on savait jusqu'à la soûlerie des détestations des uns et des autres en matière d'art contemporain. Mais le journal le Monde du 15 février dernier provoquait un rebond de la polémique sur les champs du politique et de l'idéologique - qui avaient toujours été présents, mais à l'arrière scène du débat. Philippe Dagen, professeur d'histoire de l'art et critique au Monde, y révélait, sous le titre " L'art contemporain sous le regard de ses maîtres censeurs ", que Jean Clair, Marc Fumaroli et quelques autres bretteurs (6), avaient poursuivi leur offensive contre l'art contemporain dans la revue Krisis (novembre 1996), dirigée par Alain de Benoist que l'auteur de l'article présente comme " penseur de l'extrême droite et l'un des fondateurs du GRECE " (7), ce qui se sait depuis deux décennies.

 
L'effet de contiguïté avec l'idéologie de l'extrême droite

Bien entendu, tous se récrièrent: une signature dans Krisis ne vaut pas adhésion au positionnement idéologique de cette publication, ni aux idées de son directeur. Et tous de citer le nom de ceux qui les avaient précédés dans cet " exercice qui me semble relever plus du courage que de la compromission " écrira Jean Clair (le Monde, 8/3/1997). Cela peut s'admettre, sinon se concevoir, mais n'écarte pas les interrogations. On doit accepter aussi que ce qu'on écrit ou déclare se colore différemment selon le lieu d'où on les lance, de ses parentés et voisinages, des hommes qui les fréquentent. En l'occurrence, c'est d'un territoire fréquenté par l'extrême droite et ses idées qu'ont été propagés les discours mis en cause. Un effet de contiguïté est inévitable qui permet une perméabilité disqualifiante avec l'idéologie de l'extrême droite sur l'art en général, l'art moderne ou contemporain en particulier, c'est-à-dire avec les idées politiques tout court - à moins de donner du crédit à l'opinion selon laquelle il n'existe aucun lien entre art, culture et idéologie politique. Le moins qu'on puisse attendre de la responsabilité d'un intellectuel " de gauche ", c'est qu'il s'interroge lorsque des signes d'équivalence apparaissent entre son discours et celui de l'extrême droite. C'est à l'évidence ce qui n'a pas été fait.

 
Courant mai, des documents concernant l'art contemporain seront disponibles sur le Web de Regards: http: //regards.fr

 


1. Paru chez Gallimard, ce livre inaugure le plus récent courant de critique de la modernité artistique (c'est d'ailleurs son sous- titre): " L'esthétique de la modernité, en tant qu'elle fut une esthétique de l'" innovation ", paraît avoir épuisé les possibles de sa création " (p.115).Mais, plus encore, ce livre est celui d'un " retour à l'ordre " artistique: " ...il existe une justice des formes, des lignes et des couleurs qui s'accorde à l'ordre de la nature et à sa beauté.Reconnaître cette justice et réclamer qu'on la respecte n'est pas une entreprise réactionnaire, ce sont les prémisses d'une renaissance " (p.115).

2. Paru chez Grasset.

3. Les textes ont été publiés en janvier 1994 par la Galerie nationale du Jeu de Paume.

4. Paru chez Gallimard en 1994.

5. Actes publiés aux éditions de l'Image/Ensba, en mars 1997.

6. Entre autres, un déjà vétéran, Jean-Philippe Domecq, un inconnu, Kostas Mavrakis, et un néophyte aux convictions encore incertaines, le sociologue Jean Baudrillard, qui fit une bruyante intrusion dans le débat en publiant dans Libération du 20/5/1997 une chronique intitulée " Le complot de l'art " dans laquelle, avec la volubilité qu'on lui connaît, il dénonçait la nullité de l'art contemporain; mais, quelques semaines plus tard, il déclarait: " En fait, cet article a été fait un peu rapidement " (le Monde, 10/6/1996), et dans un long entretien donné à Art Press de septembre 1996: " ...l'art est pour moi une périphérie.Je n'y adhère pas véritablement.Je dirais même que je nourris envers l'art le préjugé défavorable que je nourris envers la culture en général.[...] Je joue délibérément le paysan du Danube (sic): celui qui n'en sait rien..."

7. Groupement de recherche et d'études pur la civilisation européenne, créé en janvier 1968.Selon Anne-Marie Duranton-Crabol, dans le Dictionnaire des intellectuels français (Le Seuil, 1996), les quarante fondateurs étaient " issus des milieux ultras en lutte pour l'Algérie française [et] souhaitaient rompre avec l'activisme et avec le nationalisme étroit du vichysme nostalgique ".Quant au rôle d'Alain de Benoist, l'auteur note: " ...nul ne conteste son rôle clé, qu'il s'agisse de définir la doctrine néo-droitière ou d'axer la stratégie sur la diffusion d'une culture politique.Racisme, élitisme, néo-paganisme, tels sont les ingrédients de cette culture..." Dans les années 80, "...le GRECE vivotait.Repris par la tentation du politique, nombre de ses dirigeants ont alors placé leur compétence au service du Front national ".A propos de la revue Krisis et de son directeur, Alain de Benoist, on lira l'important dossier publié par Art Press dans son numéro du mois d'avril 1997, " L'extrême droite attaque l'art contemporain ", et plus particulièrement les articles de Jacques Henric, " Oublieuses mémoires " et d'Olivier Corpet, " Un marché de dupes ".

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Ordre, désordres et art contemporain


Pour clôturer l'opération entreprise par le ministère de la Culture cette d'année d'initier " Les 10 jours de l'art contemporain " visant à rapprocher le grand public de l'art contemporain, la Délégation aux arts plastiques organisait avec le journal le Monde et " France-Culture ", un colloque intitulé " L'art contemporain: ordres et désordres ", le 26 avril dernier à l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts. Au programme, deux grands thèmes. En premier lieu, " Histoire, mémoire, culture et engagement de l'artiste: témoignage et analyses " et, deuxièmement, " Tradition, évolution, rupture: l'art contemporain existe-t-il ? ". Ce débat était suscité par les attaques de plus en plus répétées dans les médias contre l'art vivant surtout dans le domaine des arts plastiques et qui sont apparues avec les difficultés du marché de l'art à la fin des années 1980. La spéculation n'étant plus là pour le médiatiser, l'art vivant ne vaudrait plus rien, et de la considération économique l'on passe aisément à la disqualification esthétique. Aux Beaux-Arts, tous les habitués des médias étaient là qui n'en finissaient pas d'occuper le terrain, continuant un vieux débat, des querelles de pouvoir qui ne datent pas d'hier. Quelques artistes étaient là, bien isolés parmi tous ces censeurs que l'on ne voit jamais dans les ateliers d'artistes ou dans les expositions d'art contemporain. Des universitaires frileux intervinrent, hors sujet, - si l'Université défendait l'art contemporain et l'enseignait cela se sentirait dans la qualité des débats. Restaient les artistes qui essayaient de poser des questions. Sylvie Blocher demandait les raisons de la non-connaissance de l'art français à l'étranger. La question posée à tous les intervenants de la tribune resta sans réponse; elle vint de la salle et, paradoxalement, d'un institutionnel, Olivier Kaeppelin, inspecteur à la Délégation aux arts plastiques qui rappelait l'absence d'engagement des professionnels de l'art en faveur des artistes vivant et créant en France. La question qui devait être débattue en deuxième partie, à propos d'une définition de l'art contemporain, restait, elle aussi, sans réponse tandis que l'artiste Jean-Marc Bustamante nous informait de la création d'une association qui, un peu sur le mode de celle des cinéastes, se fixe comme objectif de prendre position face à un contexte artistique où le refoulé réactionnaire et intolérant s'exprime sans complexe et, rappelant la nécessité pour les artistes de prendre la parole dans des moments aussi graves, il lisait une déclaration commune de plusieurs artistes de l'association. D'autres initiatives d'artistes sont à noter qui n'ont pas bénéficié de la couverture médiatique de leurs détracteurs, celle qui a conduit, par exemple, plusieurs artistes à écrire des textes contre la montée de la droite, car il s'agit bien de relier ce discours à ce contexte politique et de les présenter lors d'une exposition qui a eu lieu en avril à la galerie Météo, en sous le titre " Ami, entends-tu...? " L'un des artistes participants, Noël Dolla, a pu rappeler son engagement en montant à la tribune pour lire un fragment de texte d'où il ressort que l'art s'adresse aux cinq sens.

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Le Front national, la culture, l'art contemporain


Le Pen a des idées sur l'art contemporain. Il les a exprimées, notamment lors d'un colloque organisé par le Conseil scientifique de son parti, le 16 janvier 1993, sur le thème La création artistique contemporaine et l'identité française. Le journal le Monde en a relevé quelques-unes dans son édition du 20/1/1993. L'art contemporain est une farce sinistre. L'art contemporain est en rupture avec la technique, la maîtrise, l'habileté qui sont les références de tout art. L'art contemporain ne cherche plus le beau mais l'original. L'art contemporain est le fait d'une pseudo-élite. L'art contemporain est une rupture avec l'art fait pour le peuple. L'art contemporain est une rupture. Faisons une rupture à cette rupture. Il y a un complot qui vise à réduire l'individu à un robot manipulable, coupé du beau, du vrai, du bon. Et, lors de la Journée culturelle du Front national de la jeunesse, le 1er juin 1996: " J'ai plus confiance dans les beautés créées par ceux qui nous ont précédés que dans celles de ceux qui vont nous suivre." Par ailleurs, dans National Hebdo du 5 septembre 1996, on pouvait lire: " Par l'intermédiaire de l'art, on s'attaque au goût, à la sensibilité de nos contemporains, on détruit au bout du compte notre civilisation." Le Front national, il ne faut jamais l'oublier, s'intéresse à la culture, et pas seulement dans les municipalités qu'il dirige. Culture et politique, tel était le thème retenu pour son université d'été, à la Grande-Motte, en août 1996. Il s'est aussi doté d'un Institut français d'action culturelle dirigé par Bernard Antony, chef de file des catholiques traditionalistes qui affirmait, lors de cette université: " Tout mouvement politique responsable se doit de réfléchir à l'interaction du politique et du culturel." Pour Marie-France Stirbois, la culture actuelle est une sorte de magma dont le but est de détruire les structures de notre patrie. Quant à Le Pen, devant les jeunes de son parti: " On peut gouverner les esprits par la culture.[...] Nous allons disputer le terrain culturel à nos adversaires.[...] Dans nos trois municipalités, nous allons étonner par le choix des oeuvres et, à chaque fois que nous conquerrons un espace, nous démonterons les mécanismes malfaisants en place qui encadrent l'esprit." n P. C.

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