Regards Mai 1997 - Vie des réseaux

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Pomme à croquer

Par Pierre Courcelles


Chronique d'une mort annoncée mais sans cesse reportée à une date ultérieure. Ainsi pourrait se résumer les dernières années d'Apple, au grand désespoir de ceux pour qui la petite pomme multicolore est le signe de la distinction dans l'univers de l'informatique. Et, quel est l'acheteur de micro-ordinateur qui n'a pas entendu un: "T'es fou d'avoir acheté un Mac, les meilleurs programmes n'y sont pas disponibles et de toute façon, dans un an, ça n'existe plus ! ". Mais on n'en est pas là. Il est vrai que, depuis le début de cette année, la firme de Cupertino est l'objet de titres alarmistes: un nouveau plan de restructuration pour Apple. La chute des ventes de l'entreprise américaine s'accélère. De nouvelles restructurations s'imposent pour sauver une société en déclin." Apple s'enfonce dans le rouge. Le groupe a perdu plus de 600 millions de francs au premier trimestre " (le Figaro Economie, 7/1/et 17/1 1997). Apple, pourtant, avait joué un joker en annonçant le rachat, pour 400 millions de dollars, de Next Software, l'entreprise de Steve Jobs, l'un des fondateurs de la petite pomme, avec Steve Wozniak, évincé de la compagnie en 1985. Il revenait à la maison, et Wozniak aussi, et apportait dans son bagage son système d'exploitation " Rhapsody " qui doit dans un délai de 18 à 24 mois (une éternité!) se substituer au " Mac OS " lequel était, selon le p-dg d'Apple, " dans une impasse technologique ". En attendant, des plans de restructuration étaient annoncés, en février et en mars, qui se traduisaient par une réduction de près d'un tiers d'un effectif de 13 000 personnes, tandis qu'était annoncé l'abandon de la moitié des modèles commercialisés. Les chiffres étaient sans appel, on peut le dire: les ventes avaient chuté de 30% en 1996, sur le marché américain, alors que les ventes de PC compatibles progressaient de 18%; la compagnie était déficitaire pour la première fois de son histoire: à hauteur de 20% du chiffre d'affaire; son action chutait de 30% en un an. En France, en 1996, la progression était de 11% en unités vendues et la part de marché d'Apple passait de 10,1% à 6,5%. La situation, en avril, permettait au journal les Echos de titrer " Bal de prédateurs autour d'Apple "; le prince saoudien Al Waleed dépensait 115 millions de dollars à l'achat de 5% des actions Apple et Larry Ellison, p-dg d'Oracle (2e société mondiale de logiciels derrière Microsoft) se proposait de lancer une OPA sur la Compagnie. A cetteheure, le feuilleton continue. A suivre...