Regards Mai 1997 - Vie des réseaux

VISIONS-TELE
Le nouveau petit canard

Par Xavier Delrieu


Voir aussi L'écran exposé

Encore un magazine de télévision ? Et mensuel au surplus ! Oui, mais un magazine original inédit, pour aborder différemment la télévision. Un magazine sur la télévision et non le énième programme télé." Ainsi commence l'éditorial d'André Rousselet du premier numéro de Télévision Le Mensuel. On pensait avoir déjà tout vu: depuis que la télévision a découvert que sa propre actualité pouvait non seulement créer l'événement mais surtout faire de l'audimat, les émissions d'auto-célébration ont fleuri sur nos petits écrans. Elles ont de plus l'avantage de ne pas coûter bien cher. On pensait avoir déjà tout entendu: quelle station de radio n'évoque pas, à un moment ou un autre de la journée, ce à quoi nous avons échappé la veille au soir à la télévision ? On pensait avoir déjà tout lu: entre les canards télé qui ne s'intéressent qu'aux déboires audiovisuels des stars de l'écran et les autres qui ont tant de prétentions culturelles qu'ils en oublient presque de présenter les programmes, cette presse très puissante explore tous les angles de nos écrans à coins carrés. Nous pensions avoir tout vu. Eh bien, non. Il manquait quelque chose. Le mensuel. Il serait facile de s'attaquer au petit dernier de la tribu sous prétexte de son format métro, vite lu, vite digéré. D'interviews sans surprise en analyses de séries, Télévision Le Mensuel ressemble encore à une image d'Epinal de la télévision: quelque chose sans surprise.n X. D.

 

 


L'écran exposé


Restituer la grande aventure du petit écran, c'est ce que propose le Musée d'histoire contemporaine-BDIC avec "La télévision française 1935-1975" (1), exposition réalisée grâce aux exceptionnelles archives de l'INA (Institut national de l'audiovisuel). Quatre décennies de la drôle de lucarne qui peu àpeu a occupé la place centrale dans les foyers français, aujourd'hui équipés à 85%. Une centaine d'extraits significatifs de programmes, des témoignages de pionniers du petit écran, des photos, des objets pour une histoire à laquelle, dans cette exposition, manquent nos vingt dernières années, bien sûr, mais qui donnera sûrement de quoi les penser dans le passage qui s'est fait entre la télévision culturellement ambitieuse et politiquement surveillée et la télévision soumise à la loi d'airain de l'audimat, autre mot pour " argent ".

1. Jusqu'au 18 juin, Hôtel national des Invalides-Cour d'Honneur, 129, rue de Grenelle, 75007 Paris; tél: 44 42 38 39.

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