Regards Avril 1997 - Vie des réseaux

Le Sénat internaute

Par Pierre Courcelles


Le Sénat, vénérable institution, s'est doté d'un site sur l'Internet et aussi d'une mission commune d'information intitulée Entrée dans la société de l'information. Jack Ralite est l'un des membres de cette mission présidée par Pierre Laffitte qui a pour objectif d'étudier l'impact des Nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) sur la société, "d'examiner les utilisations professionnelles et privées de ces technologies, l'existence de marchés solvables, les politiques publiques destinées à favoriser le lancement de services tels que: culture, éducation, santé, information des citoyens". Elle doit, en outre, " identifier les facteurs qui ralentissent l'avancée en France de la société de l'information ". Sur le site du Sénat, chaque groupe politique dispose d'une page d'accueil et de mémoire informatique pour informer le public sur ses travaux. Le Groupe communiste républicain et citoyen accueille le visiteur-internaute par une lettre de sa présidente, Hélène Luc, que nous avons plaisir à soumettre à nos lecteurs qui ne seraient pas reliés à l'Internet: "Madame, Mademoiselle, Monsieur, La mise en oeuvre des nouvelles technologies qui allient télécommunications, informatique, sons, images, est, pour notre pays, un formidable enjeu: enjeu de développement bien sûr, où le savoir faire d'un certain nombre de nos équipes de chercheurs et techniciens n'est plus à remettre en cause, je pense notamment aux savoir-faire de Thomson Multimédia mais aussi, et cela est essentiel à nos yeux de progressistes, enjeu pour une nouvelle forme de citoyenneté et de démocratie. L'Internet en effet permet à la différence du Minitel, et d'autres moyens de communication actuels une véritable interactivité et ce, de manière quasi-immédiate.

Comment ne pas voir là, dès lors, les possibilités réelles que cela représente en termes d'intervention citoyenne et de proximité pour le débat de chacun dans la vie publique de notre pays. Certes, cette situation que l'on pourrait vouloir être idéale doit toutefois être nuancée: l'accès à ces nouveaux modes de communication reste pour le moment relativement marginal, leur coût, voire leur mise en oeuvre en font l'instrument de quelques-uns et nous appelons de tous nos voeux une diffusion plus grande de ces technologies. De plus, et ce n'est pas l'un des moindres risques, les lois du marché peuvent à terme remettre en cause l'égalité, fondée sur l'échange d'informations, qui prévaut sur l'Internet. Néanmoins, souhaitant pour notre part nous inscrire dans cette démarche que nous voulons constructive et expérimentale, nous mettons à la portée de tous ceux qui le souhaitent l'accès à notre serveur et nous serons sensibles aux apports que chacun d'entre vous sera amené à faire, afin de le rendre toujours plus utile. Bien cordialement, Hélène Luc ". Voilà qui est dit et voici l'adresse Web du Sénat: http ://www.senat.fr. Et que les internautes se réjouissent, leur avenir est assuré, comme celui des générations montantes, le président de la République a promis (sic) que d'ici l'an 2000 tous les établissements du secondaires seraient reliés au réseau. Rendez-vous le 1er janvier 2000.

 


1. Olivier Mongin, La violence des images ou comment s'en débarrasser, le Seuil, 183 p., 120 F.

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