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Câble et paraboles Par Xavier Delrieu |
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A force de se l'entendre répéter, un jour ou l'autre, nous finirons tous par le croire: le numérique est la grande révolution de cette fin de siècle.
Et la télévision, principal sujet de discussions au Café du Commerce, mais aussi lieu de détente favori des Français, va enfin trouver un terrain d'action à sa mesure.
Grandes manoeuvres commerciales, alliances de principes et ignobles traîtrises, émergence de jeunes ambitieux et chute d'empires réputés indestructibles finiront en effet par réussir une gageure que l'on croyait presque impossible: le monde de la télé finira par reléguer au rang de bluettes les séries aux univers impitoyables.
Mais la bataille n'aura vraiment lieu que si, téléspectateurs passifs que nous pouvons être, nous nous intéressons à cette nouvelle télévision.
Sinon, faute de munitions, le bouillon pourrait prendre un goût amer: seuls deux millions de foyers ont l'intention d'accéder à la télévision numérique.
Il existe dès aujourd'hui six façons d'envisager les trois heures de lucarne quotidiennes: l'ancienne, avec ses cinq chaînes hertziennes, le câble, les trois bouquets numériques (Canal Satellite, TPS et AB Sat) et, enfin, la simple parabole susceptible de recevoir les programmes d'un ou plusieurs satellites.
Faire le détail de ce qu'il en coûte pour chacune de ces possibilités, comme établir une liste exhaustive des chaînes proposées tient du casse tête tant les options de facturation sont nombreuses. Mais survolons quand même l'offre rapidement. TPS (Télévision Par Satellite) propose un bouquet intéressant mais avec, pour le moment, quelques lacunes: les chaînes cinéma ne sont pas d'un intérêt renversant (les contrats d'exclusivité de Canal + avec les majors américaines sont plus nombreux) et la chaîne musicale Fun TV peut laisser craindre le pire. Canal Satellite, pour sensiblement le même prix, propose un bouquet un peu plus haut de gamme, ainsi qu'une option de téléchargement informatique. Les chaînes proposées, dont bon nombre ont déjà été rodées sur le câble, sont, pour la plupart d'entre elles, intéressantes (Canal Jimmy et Paris Première ne sont pas sur TPS). AB Sat qui connaît des débuts difficiles du fait, sans doute, que son décodeur ne se loue pas mais s'achète ( à 1900 F !), coûte cependant moins cher à l'abonnement que ses concurrents, pour une offre somme toute moyennement attractive. Le câble quant à lui offre un très grand choix de chaînes aux habitants des grandes villes. Et les négociations semblent aller bon train: leur heureuse conclusion permettrait d'héberger ce qui se fait de mieux sur les bouquets satellites. Reste encore l'épineux problème de la connexion au réseau Internet qui, grâce au câble, sera considérablement accélérée. Mais France Télécom appuie des deux pieds sur le frein. Restons cependant optimistes. Enfin, la simple parabole ne présente d'intérêt que si l'on tient à recevoir certaines chaînes étrangères. On attribuera tout de même un bon point au câble: les paraboles de réception des satellites sont vraiment une insulte à l'urbanisme de nos villes qui n'en avaient pas besoin ! |
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1. Etude France Pub, réalisée par Havas sur l'année 1995. 2. Voir plus loin l'article " Transactions " 3. Le président de la Lyonnaise, Jérôme Monod, a démissionné du conseil d'administration du groupe Havas pour protester contre le sort fait aux minoritaires dans l'accord conclu entre la Générale des Eaux et Havas.
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