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Etats-Unis. La dérive républicaine de Bill Clinton Par Jean Solbes |
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Voir aussi Un Monsieur Propre pour la Maison Blanche |
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De plus en plus proche du Congrès, donc des Républicains, Bill Clinton veut affirmer la prééminence américaine, partout sur la scène internationale.
Lors de son discours sur l'état de l'Union, Bill Clinton a fixé les grands objectifs de son second mandat. Comme l'a rappelé la chaîne ABC, le président américain a repris les grandes lignes des propositions du Parti républicain. En 1996, il avait décrété la fin de l'Etat providence, précisant qu'il fallait " dégraisser la Fonction publique ". Cette année, Bill Clinton s'est voulu consensuel, se déclarant en faveur des réductions d'impôts et pour un budget en équilibre en l'an 2002. De l'avis de tous les économistes de Washington, les réductions d'impôts favoriseront les gros revenus. Dans le même temps, la Maison Blanche propose le plafonnement de l'impôt sur les transactions immobilières et la suppression de la taxation des plus-values.
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Quelques grands chantiers du dernier mandat présidentiel
Afin de contrebalancer ces pertes de recettes, l'exécutif se prononce pour la réduction de plusieurs centaines de milliards de dollars de l'aide médicale aux retraités et aux plus démunis." Enfin une bonne nouvelle " devait déclarer l'un des leaders républicains du Sénat qui n'a pas manqué d'ajouter qu'il faut encore aller plus loin. La volonté de se rapprocher du Congrès dirigé par les Républicains constitue désormais un axe majeur de la stratégie de la Maison Blanche." Les Américains veulent des partenaires et non des partisans chez les leaders politiques ", devait rappeler Bill Clinton. Cette volonté de coopération s'exprime d'autant mieux que le leader républicain de la Chambre des représentants, l'ultraconservateur Newt Gingrich, se trouve actuellement en difficulté politique après sa condamnation par la Commission d'éthique pour avoir fraudé le fisc et menti aux élus. Par ailleurs, Bill Clinton reste toujours mêlé aux affaires de Whitewater et de Paula Jones et, de ce fait, un modus vivendi avec le Congrès s'impose pour calmer les esprits. Afin de mieux faire passer la dérive conservatrice, le président américain a saisi le thème de l'éducation pour redonner le moral à une jeunesse désabusée. Améliorer le système d'éducation sera la priorité politique de son second mandat. Il propose donc d'augmenter le budget fédéral de l'Education de 20% en quatre ans, avec trois objectifs de travail: chaque enfant de 8 ans devra savoir lire; chaque jeune de 12 ans devra être capable d'utiliser Internet; chaque jeune de 18 ans aura la possibilité de poursuivre des études au collège. Le problème restant que le pouvoir fédéral au fil des années s'est déchargé sur les villes et les Etats en matière de budgets d'enseignement. De sorte que dans bon nombre de quartiers déshérités des grandes villes, des écoles ont été fermées faute de moyens, livrant les jeunes à la délinquance dans les ghettos. En politique intérieure, Bill Clinton s'est voulu moralisateur, affirmant son désir de réformer la législation sur le financement des campagnes électorales. Ce sera également un grand chantier de son dernier mandat. Mais une fois de plus, le président américain s'est emparé d'un dossier à hauts risques dans lequel il est personnellement impliqué, et ce, afin de masquer ses responsabilités. Ce thème n'est pas le fruit du hasard, puisque la proposition présidentielle fait suite au mini scandale du financement de la campagne électorale de Bill Clinton. Enfin, le dernier grand axe de son action sera la politique étrangère où diplomatie et commerce se trouvent intimement mêlés. C'est pourquoi la Maison Blanche adopte un accent particulier à l'égard de Pékin, le marché chinois intéressant les industriels américains au plus haut point. Bill Clinton prônera le dialogue et l'engagement constructif avec les dirigeants chinois qu'il va bientôt rencontrer. Certes, la notion de défense des droits de l'Homme demeure dans la mise en place de cette politique étrangère. Mais, en ce qui concerne les relations avec la Chine, elle ne doit pas constituer un frein au redéploiement des intérêts américains. Pour le président américain, les quatre années à venir doivent conforter le leadership de Washington sur la scène internationale. A cet égard, il s'est prononcé pour " une Europe stable, prospère et pacifique " qui renforce la sécurité des Etats-Unis." Pour cela, poursuit-il, nous devons élargir l'OTAN en 1999, à nos anciens adversaires européens ". Le sommet de l'OTAN de l'été prochain travaillera cette question tout comme l'établissement d'une relation stable avec la Russie. En clair, Washington se prononce pour une Europe intégrée au sein de l'OTAN, sur laquelle les Etats-Unis renforceront leur domination. Dans le même temps, il s'agira de contrôler la Russie, et de maîtriser son évolution interne, dans le cadre du partenariat pour la paix. D'ores et déjà, l'après-Eltsine est à l'ordre du jour à Washington où l'on fait la différence entre le président russe et la Russie. Et ce n'était pas un hasard si le général Lebed était invité à la cérémonie d'investiture du président Clinton. Les Etats-Unis resteront déterminants " d'Haïti au Proche-Orient et d'Irlande du Nord à l'Afrique " a déclaré Bill Clinton. Dans le cadre de la guerre économique internationale, les Etats-Unis entendent par ailleurs utiliser le secteur de l'armement pour étendre leur domination. Les nouveaux avions, des chasseurs, seront prochainement livrés à l'Arabie et un nouveau système anti-balistique est à l'étude afin de protéger l'espace aérien américain dans la lignée de l'ancien système dit de guerre des étoiles cher à Ronald Reagan.
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Une politique de domination dans le cadre des Nations unies
Cette domination américaine se positionnera d'une façon plus agressive et dirigiste au sein des Nations unies, où Washington, après avoir évincé Boutros-Boutros Ghali, a mis en place un nouveau secrétaire général formé dans les universités américaines, qui ne cache pas ses bonnes relations avec Madeleine Albright. Elle-même vient de préciser que les Etats-Unis ne changeront pas de politique à l'égard de Cuba, se prononçant pour accentuer les pressions américaines sur les Occidentaux afin de renverser le régime de Fidel Castro. L'heure est donc à l'affirmation de la primauté américaine. Les Etats-Unis demeurent cependant confrontés à une fracture sociale et raciale dangereusement grandissante. Et sur le plan international, l'arrogance de leur leadership devra composer avec un monde déstructuré, en proie à des économies locales fragilisées, où les inégalités sociales et géographiques sont autant de facteurs de tensions. |
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Un Monsieur Propre pour la Maison Blanche
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Bill Clinton a recueilli 250 millions de dollars de dons, un record historique.
Le problème est que ces fonds n'ont pas toujours eu une origine très propre.
Dans un premier temps, Bill Clinton a dû se justifier sur les fonds importants reçus de l'étranger.
Mais, récemment, il est apparu que le couple Clinton a organisé plus de 100 réunions privées à la Maison Blanche, dans le seul but de recueillir de l'argent.
Selon Dick Norris, ancien conseiller à la Maison Blanche, cette activité est devenue une spécialité du couple Clinton.
Or, selon la chaîne ABC, parmi les donateurs invités à la Maison Blanche se trouvaient un dirigeant de la mafia italienne, puis un dirigeant de la mafia russe et un trafiquant de drogue d'Amérique latine.
Dans ces conditions, on comprend mieux l'empressement de Bill à jouer le Monsieur Propre..
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