Regards Mars 1997 - Les Idées

Une vive démocratie

Par Roger Lesgards*


Le travailler-ensemble dans un espace de liberté peut déstabiliser les dogmatismes de tous poils.

Je suis de ceux qui pensent que nous ne vaincrons le productivisme du marché-roi qu'en plaçant l'action sur le plan politique, celui de la démocratie vive, c'est-à-dire celui qui passe par le développement systématique de l'analyse, du débat, de la délibération collective dans ce qu'on appelle aujourd'hui l'espace public... Et qui se fait rare ! Alors, à chaque fois que s'ouvre dans ce champ un nouveau lieu, ou lorsqu'un lieu déjà existant décide de faire effort sincère pour s'ouvrir plus qu'avant à l'échange libre des idées, pour ouvrir les fenêtres, je me réjouis.

Et si de ces horizons nouveaux, quelqu'un me fait signe, je suis immédiatement prêt pour faire un bout de chemin en sa compagnie; non en lui promettant, sur le fond, je ne sais quel consensus mou (pardon pour le pléonasme) mais pour frotter nos cervelles, confronter nos argumentations, déstabiliser les dogmatismes de tous poils. Tel est, me semble-t-il, l'appel reçu ces derniers temps en provenance d'Espaces Marx et telle est la raison de mon acceptation à travailler ensemble.

Puis-je ajouter que j'ai grande estime et admiration pour un philosophe du nom de Marx, celui qui disait volontiers: " Moi, en tout cas, je ne suis pas marxiste " ?

 


* Vice-président de la Ligue de l'enseignement, président du Conseil d'administration du Collège international de Philosophie, secrétaire général des Amis du Monde diplomatique.

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