Regards Décembre 1996 - La Planète

Jérusalem
Une course de vitesse engagée contre la paix

Par Myriam Barbera


Entretien avec Leila Shahid*
Voir aussi Electrices et élues

Leila Shahid renouvelle l'appel du président Yasser Arafat aux peuples et aux pays d'Europe, ainsi qu'à l'Union Européenne, afin qu'ils s'engagent et garantissent l'application des accords d'Oslo, à l'instar de la position officielle de la France.

 
Jérusalem, n'est-elle pas la ville où sont réunis tous les problèmes que rencontre le processus de paix israélo-palestinien? Que représente cette ville pour vous, Madame la déléguée générale?

 
Leila Shahid : Aucune ville ne symbolise autant que Jérusalem notre capacité ou notre incapacité à vivre ensemble, Israéliens et Palestiniens, dans le respect mutuel de nos identités. La ville est riche de symboles, les Lieux saints, l'architecture tout respire son pluralisme culturel. Elle date des Jébusiens, des Cananéens, qui l'ont fondée 5 000 ans avant Jésus-Christ - et non de l'entrée du roi David il y a trois mille ans ans - avant qu'elle ne connaisse les Romains, les Hébreux, les Arabes, les Croisés et les Ottomans. La réduire à n'être qu'une ville juive serait un crime contre l'humanité. Jérusalem-Est, comme la Cisjordanie et Gaza, a été occupée le 5 juin 1967 par Israël. Annexion que ne reconnaît aucune nation au monde, à l'exception du Salvador, du Costa Rica et du Zaïre. La Vieille Ville (Jérusalem-Est) doit être évacuée selon la résolution 242 de l'ONU. Mais tout est bloqué ainsi que la tension visible, durant les trois heures de la visite du président Chirac dans la Vieille Ville, l'a montré. L'Est de la ville reste occupé, il n'y a aucune liberté de culte, de mouvement ou de vie pour les Palestiniens chrétiens et musulmans.

 
Depuis, les affrontements qui ont suivi le percement du tunnel à Jérusalem-Est, chacun se demande si le processus de paix n'est pas moribond.

 
L. S.: Il est, en tout cas, dans un état très grave. Les inspirateurs de l'assassinat de Yitzhak Rabin, le 4 novembre 1995, espéraient lui porter un coup fatal. Il fut très dur, mais avec beaucoup de courage, Shimon Pérès et Yasser Arafat ont repris les négociations. Malheureusement, les élections israéliennes anticipées ont porté un second coup. Benyamin Netanyahu ne lit pas les accords d'Oslo avec les yeux de ceux qui les ont signés. Depuis mai 1996, il dirige une coalition avec le Likoud, la droite religieuse, les colons et des criminels de guerre comme Raphaël Eytan et Ariel Sharon qui furent condamnés en Israël pour leur responsabilité dans les massacre des camps de réfugiés palestiniens au Liban, Sabra et Chatila. Une coalition qui risque de détruire tout ce que nous avons construit depuis trois ans.

 
Si les accords ont vu un début d'application, nombre de mesures sont restés lettre morte.

 
L. S.: Durant la période intérimaire, Israël a évacué la bande de Gaza et Jéricho remplissant les conditions de l'accord d'Oslo I. Oslo II visait l'évacuation de la Cisjordanie dont 7 villes, ou Zone A. C'était aussi l'élection présidentielle palestinienne où Yasser Arafat remporte 80% des suffrages, et les législatives qui ont élu 88 membres du Conseil palestinien.6 villes ont été évacués mais pas Hébron.120 000 Palestiniens y vivent. Mais 400 colons armés, de l'extrême droite religieuse, squattent trois bâtiments appelés " colonies ". Un des leurs, Baruch Goldstein, qui a tué 29 civils désarmés en février 1994 au tombeau des Patriarches, est leur modèle. Ils refusent le départ des 1 500 soldats qui les protègent. Des affrontements sanglants peuvent y éclater, comme hier dans les environs de Ramallah, car la population palestinienne ne supporte plus de voir les accords badfoués et la reprise de la colonisation.

 
Vous avez cependant repris des discussions avec les représentants du gouvernement israélien.

 
L. S.: Mais aucune rencontre n'a abouti depuis l'arrivée de Monsieur Netanyahu. Le chômage touche 60% de la population active de Gaza et 40% de celle de Cisjordanie. C'est un niveau qu'aucun pays ne peut supporter. Pour l'essentiel, on le doit au bouclage israélien des territoires puisque nous n'avons pas encore d'industries. Il empêche Gaza d'exporter ses fleurs, ses légumes, ses fruits, il en est de même pour les produits de Cisjordanie. Ce bouclage nous coûte 6 millions de dollars par jour! Ce qui représente beaucoup plus que ce que nous recevons des pays donateurs. Sur le plan économique, c'est l'asphyxie. Sur le plan politique, comme on le voit bien à Hébron, tout est fait pour tenter de nous faire accepter la renégociation des accords. Ce que nous refusons puisqu'ils ont été signés par les représentants de l'Etat israélien et de l'Autorité palestinienne, ratifié par les deux parlements, et garantis par les parrains américains et russes, et par les Européens pour la dimension économique. Aucun accord n'a de raison d'être si un changement de gouvernement peut le remettre en cause.

 
Quels sont les autres points qui restent à résoudre ?

 
L. S.: Ils sont nombreux (1). Le nouveau gouvernement israélien devait publier un calendrier du retrait de son armée de la zone B formée des 400 villages ( 22% du territoire de la Cisjordanie) qui entourent les 7 villes autonomes (6% du territoire). Les Israéliens ont installé des frontières militaires autour des villes évacuées. Il est si difficile de s'y rendre que la population les appelle des bantoustans. D'autre part, tant qu'un passage sûr, sous souveraineté palestinienne, n'existe pas entre la bande de Gaza et la Cisjordanie, le mouvement de population dépend des Israéliens. De Ramallah à Gaza, le président Chirac lui-même a dû passer une heure et demie en hélicoptère avant de pouvoir atterrir, pour un voyage qui demande dix minutes! Les Israéliens nous interdisent encore d'utiliser l'aéroport de Gaza, déjà construit, et de construire son port. Nous ne serions plus asphyxiés si nous en disposions. Enfin, dans toute guerre de résistance le premier acte de paix est la libération des prisonniers politiques, les accords ont trois ans et 4 000 à 5 000 Palestiniens demeurent en prison, otages des Israéliens, parmi eux il y a une trentaine de femmes! Tous ces points devraient être réglés avant de passer aux négociations sur le statut final: Jérusalem, les colonies, les réfugiés et les frontières entre Israël et la Palestine.

 
Comment appréciez-vous la nouvelle politique israélienne?

 
L. S.: Le nouveau gouvernement israélien a été élu sur un triple Non: non à un Etat palestinien, non à la négociation sur Jérusalem et non à l'arrêt des colonies. Ariel Sharon, ministre du Logement, a déclaré vouloir multiplier par deux le nombre de colons. Ils sont déjà 350 000. Il est impensable qu'un processus bâti sur le principe " la paix contre la terre " permette la poursuite de la colonisation. Tout cela se produit alors que monsieur Netanyahu déclare qu'il respectera les accords d'Oslo. Le gouvernement israélien semble ne pas vouloir évacuer son armée de la zone B et C (72% des territoires). En laissant juste aux Palestiniens 6 villes autonomes assiégées, il tente de sauter directement à la négociation finale. Cette situation est très inquiétante surtout si les parrains du processus n'assument pas leur rôle.

 
En même temps, vous semblez convaincue qu'il y aura un Etat palestinien ainsi que Yitzhak Rabin en avait accepté l'idée.

 
L. S.: L'aspect le plus positif des accords d'Oslo est certainement d'avoir permis le retour de l'Autorité palestinienne sur le sol national pour la première fois après cinquante ans d'exil. Elle a organisé des élections démocratiques qui ont donné le Conseil palestinien, représentatif de la pluralité de notre société, et un président élu. Ce sont les premiers signes d'une souveraineté palestinienne sur une partie, certes modeste, mais bien réelle, du territoire. Cette Autorité commence à fonctionner comme un Etat, malgré la dispersion du territoire et de la population. C'est ce qui inquiète le plus le gouvernement israélien qui fait tout pour l'empêcher. C'est une course contre la montre. Pourtant, depuis le 29 novembre 1947, a été votée à l'O. N. U.la constitution de deux Etats en Palestine, l'un israélien, l'autre palestinien. La résolution 181 prévoit le partage de la Palestine dans laquelle Jérusalem Est doit rester un " corpus separatum ". Ces dernières années, une évolution très positive a eu lieu en Israël autour du Parti travailliste. Lui-même a fini par considérer qu'on ne peut pas aller contre l'histoire quand un demi-siècle de guerre et une longue occupation militaire, n'ont pu imposer une autre volonté à un peuple que la sienne. En 1995, ce droit fut reconnu par les Travaillistes ainsi que le principe de la reconnaissance du droit à l'autodétermination. Le Président Chirac a déclaré récemment dans les deux pays que la meilleure garantie pour la sécurité et la paix en Israël est de coexister avec un Etat palestinien. Il n'y aura pas de paix tant que Palestiniens et Israéliens n'auront pas les même droits. Malgré toutes les difficultés, les Palestiniens ont une volonté extraordinaire de construire leur Etat, sur le petit espace qu'ils contrôlent, alors que ces obstacles sont presque kafkaïens! Il faut voir avec quel enthousiasme hommes, femmes et jeunes, essaient, tant bien que mal, de mettre en place les municipalités, les services sociaux, un programme de santé, un ministère, tout ce qu'ils peuvent. Il ne faut pas les laisser seuls. Il faut soutenir cette volonté de vie.

 
Cette situation qui est tellement difficile à vivre pour les Palestiniens ne renforce-t-elle pas, parmi eux, son opposition au processus de paix?

 
L. S.: L'opposition à l'Autorité palestinienne et au processus de paix est directement liée aux succès et aux échecs de celle-ci. Chaque fois que la paix avance, améliore les conditions de vie, la circulation des personnes, la liberté d'expression, la majorité de la population appuie le projet de l'Autorité palestinienne et l'opposition se réduit. A l'inverse, chaque fois que la paix se casse la figure, que le chômage augmente, qu'Israël refuse de se retirer d'un territoire, chaque fois que Jérusalem est asphyxiée, l'opposition grandit.

 
L'Autorité palestinienne est sévèrement critiquée de l'intérieur, pour le comportement de policiers qui ont torturé jusqu'à la mort des détenus, pour avoir une presse insuffisamment libre, etc.

 
L. S.: Tout comme la réalité et la viabilité de la paix présage de la force de l'opposition ou de la majorité, la démocratisation dépend de la capacité des institutions à s'affirmer, dans la mise en place de structures démocratiques de la société palestinienne, pour les droits de l'Homme ou le règne du droit, la protection des libertés du citoyen: liberté d'expression, liberté politique, pluralisme des idées. Nous avons malheureusement eu des exemples très tragiques d'abus de pouvoir par la police palestinienne. Il y a eu aussi des décisions regrettables en regard de la liberté de la presse. Des sanctions très strictes ont été prises comme la condamnation de policiers responsables de la torture et de la mort de prisonniers. Mais ce n'est pas suffisant. La seule garantie d'une pratique de droit réside dans les institutions palestiniennes. Une législation doit régir les tribunaux, le droit du citoyen, etc. Mais, déjà, chaque fois qu'un cas grave est été signalé au Conseil législatif, il est été l'objet de débats houleux et de sanctions sévères.

 
Qu'est ce qui pourrait relancer le processus de paix?

 
L. S.: Je vous l'ai dit, la paix ne se fera pas si on nous laisse face à face avec Israël car le rapport des forces est entièrement en leur faveur. Nous avons souhaité des parrains précisément parce que leur fonction est de garantir l'application des accords. Les Américains, les Russes, les Européens doivent intervenir et il y ont intérêt. Si on n'éteint pas le brûlot Israélo-palestinien comment obtiendront ils la stabilité souhaitée en Méditerranée? L'Europe garantit déjà la reconstruction des territoires en donnant la plus forte aide financière, 600 millions de dollars sur quatre ans, sommes qu'ils versent réellement. Les Américains sont loin derrière et ils ont montré qu'ils penchent du coté israélien. L'Union européenne a les moyens de se faire entendre par Israël qui réalise avec elle 60% de son commerce. L'U E offre d'énormes avantages à Tel Aviv dans un Traité d'association signé sur les bases du respect du processus de paix. Ce Traité doit être ratifié par les 15 parlements nationaux et celui de l'U E. L'Union européenne, les gouvernements et les parlements utiliseront-ils ce moyen de pression pour faire progresser la paix?

 
Vous avez apprécié la position de la France et la désignation de l'ambassadeur espagnol à Tel Aviv pour représenter l'UE.

 
L. S.: En effet. Nous sommes également heureux que Madrid voit les choses de la même façon que Paris. Il faut une locomotive à l'Europe. Le voyage du président Chirac a eu le mérite de dire les choses de la manière la plus directe possible, dans le sens de la paix pour tous. Il a rappelé aux Palestiniens la nécessité pour Israël de vivre dans la sécurité; aux Israéliens, il a dit que les Palestiniens doivent avoir des droits égaux et un Etat, que les Libanais et les Syriens ont droit à voir leurs territoires libérés. Et il a eu le mérite de mettre les Européens devant leurs responsabilités. La France a un rôle historique à défendre et ses partenaires en Méditerranée le lui demandent.

 
D'autre part, n'y a-t-il pas une nouvelle donne dans la région, de par la nouvelle position des pays arabes?

 
L. S.: Pour la première fois on voit s'estomper les profondes divisions issues de la guerre du Golfe qui a, d'une certaine manière, livré le Proche-Orient aux Américains. C'est la vulnérabilité des Arabes en 1991 qui explique en grande partie celle des accords d'Oslo. Unis, nous aurions obtenu de bien meilleurs accords. Il faut mesurer l'importance et l'impact du rapprochement entre les pays arabes, auquel l'Egypte prend une part déterminante. A présent, ils conditionnent la normalisation de leurs relations avec Israël à l'avancée du processus de paix. Les démocraties européennes ont aussi des moyens et des devoirs. Elles appliquent toujours des critères dans leurs relations internationales mais pas quand ils s'agit d'Israël. Quelle raison y a-t-il de suspendre les accords avec la Turquie qui viole les droits des Kurdes et de ne pas tenir rigueur du même manquement envers les Palestiniens à Israël? L'Union européenne et aussi les pays qui la composent conditionnent les accords avec la Syrie, le Maroc ou la Tunisie mais pas avec Israël. Certains pays, surtout la France, semblent mieux comprendre combien il importe de ne pas laisser les Américains seuls. Le sens de la paix que nous travaillons à construire est de créer une société démocratique, tolérante, qui parvienne à coexister, à reconnaître son pluralisme, à vivre ensemble autour de la Méditerranée, notre mer commune. Cet ordre-là sera commun où il ne sera pas. Cette vision de la Méditerranée implique de mettre fin au conflit israélo-palestinien qui déchire la région depuis cinquante ans, car il s'étend à un conflit israélo-arabe, jusqu'en Bosnie, jusqu'en Algérie. Sa solution pacifique est le seul rempart contre l'intégrisme, le fanatisme, l'exclusion et le racisme. Comme une pierre jetée dans l'eau provoque des ondes, si la paix commence à se poser, elle aura une influence très positive. Et nous n'avons pas le temps d'attendre car le temps joue contre la paix.

 
Lorsque le président Arafat a reçu la délégation de parlementaires communistes français, conduite par Francis Wurtz, il leur a dit: " aidez-nous ". Mais, au delà des élus, que peuvent faire les citoyens?

 
L. S.: J'ai lu un appel, publié le 5 novembre dans le Monde, qui regroupe 600 signatures de personnalités juives françaises autour de la nécessité d'appliquer les accords sans délai. Ils répondent à la moitié des Israéliens qui ont voté pour le processus de paix en choisissant Shimon Pérès, ils prolongent la manifestation des 400 000 personnes du 2 novembre à Tel Aviv pour dire à Monsieur Netanyahu d'appliquer les accords ou de démissionner. C'est dire la prise de conscience de la nécessité de sauver ce processus! Les citoyens ont un rôle très important à jouer, c'est vrai pour vos lecteurs et pour vos amis, car si nous devons avoir encore confiance dans l'Histoire ce ne peut être qu'en ressentant combien nous sommes les acteurs de nos destins. Depuis la reconnaissance mutuelle israélo-palestinienne et le début des négociations de paix, la ligne de partage n'est plus entre les Israéliens et les Palestiniens, arabes et juifs, elle passe entre les partisans d'une paix basée sur la reconnaissance mutuelle des droits de chacun et ceux qui sont contre. Ensuite, les moyens d'intervention sont faciles à trouver. Mais, aujourd'hui, nous avons besoin d'aide pratique plus que de discours. Des O N G sont engagées depuis longtemps, des municipalités, de simples citoyens aussi. Aujourd'hui, la question est de construire les institutions nationales et de faire progresser sensiblement toutes les formes de coopération.

 


* Déléguée générale de Palestine en France.

1. Voir Regards no18 d'octobre 1996, la liste, confiée par Yasser Arafat à Francis Wurtz, des points des accords d'Oslo que les Israéliens refusent d'appliquer.

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Electrices et élues


Les femmes jouent un rôle très important dans la reconstruction palestinienne, avec un grand esprit d'ouverture. C'est assez rare dans le monde arabe. Le mois de juin prochain sera celui d'un festival culturel à Jérusalem. Des Palestiniennes et des Israéliennes veulent montrer qu'on parvient à y vivre dans le respect mutuel, sur la base d'une Jérusalem capitale de deux Etats. On ne voit jamais cette face de la médaille. Les femmes palestiniennes ont gagné en importance en devenant électrices et en assumant d'être candidates aux élections. Plusieurs organisations se sont regroupées et travaillent de façon remarquable, aidant celles qui veulent assumer ce rôle de détentrices de positions de décisions. Ce sera aussi important dans les futures élections municipales que nous espérons pouvoir tenir au printemps prochain. Il est déterminant que des Palestiniennes soient candidates car c'est là que commence la pratique citoyenne. J'espère que nous en aurons beaucoup et qu'elles seront soutenues également en France dans cette action primordiale pour la démocratie, pour la laïcité, parce que ce combat n'est absolument pas gagné. Les Palestiniennes ont appris de l'Algérie qu'il ne suffit pas de se dire libre pour avoir des droits égaux. Elle conduisent un combat sur le plan législatif, le Conseil législatif devant revoir le projet de Constitution palestinienne en seconde lecture. Nous rédigeons aussi la législation de la future Palestine et il y a un grand débat sur le statut de la famille et de la femme".

Leila Shahid

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