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Les enfants de Walt Disney Par Jean Solbès |
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| C'est sur la 7e Avenue à Manhattan, au coeur du quartier de l'habillement, que siège le National Labor Committee. Soutenu par les grands syndicats américains, le Committee travaille sur la défense des droits de l'Homme. Il dénonce plus particulièrement le travail des enfants. A ce titre, il a lancé une campagne qui invite au boycott de la Walt Disney Company, et appelle à une semaine d'action internationale en ce mois-ci, plus précisément du 7 au 14 décembre. Présentée comme le symbole vivant des valeurs traditionnelles américaines et l'ami des enfants, la Compagnie Disney s'est fait une spécialité dans l'exploitation des salariés des pays du tiers monde, mais aussi dans l'utilisation de la main d'oeuvre des enfants. Selon une enquête menée par le Committee, largement reprise par la presse américaine, Walt Disney fait fabriquer bon nombre de ses tee-shirts, objets en peluche et autres gadgets dans des entreprises peu regardantes sur les droits de l'Homme, sur les droits des enfants. En Thaïlande, Disney utilise une douzaine d'entreprises spécialisées dans l'emploi des mômes dans des ateliers de confection. Walt Disney s'accommode aussi de la dictature militaire, en Birmanie, au point d'avoir passé un accord avec la junte au pouvoir spécifiant que 50 cents sur chaque dollar produit par le label " Mickey and Co " serait versé aux militaires. C'est presque autant que ce que perçoivent les salariés des entreprises birmanes de l'heure, soit 60 cents! Mais à Haïti, les employés de la WDC sont payés exactement la moitié, soit 30 cents de l'heure. Ils ne reçoivent même pas de quoi nourrir leurs enfants. Enfin, à Los Angeles, plusieurs ateliers clandestins qui travaillaient pour Disney ont dû fermer. Ils faisaient subir à leurs employés des conditions de travail proches de l'esclavage. Quant à Michael Eisner, Président directeur général de Disney, il " gagne " 292 871 dollars par jour, (un million et demi de francs ou encore 100 000 fois le salaire quotidien de l'un de ces ouvriers précédemment cités). Comme quoi la mondialisation et la mise en place du libre échange planétaire ne créent pas de la misère pour tout le monde. Elle peuvent rapporter gros ! Ajoutons que les Etats-Unis se refusent toujours à ratifier la Charte des droits de l'enfance. Sans doute pour ne pas, entre autres, porter atteinte à une société symbole, la Disney World Company, qui adore les petits enfants ! Mais, heureusement, il est des Américains d'une autre veine. Dans le cas précis ce sont plutôt des Américaines. En l'occurence le National Labor Committee est, sur ce sujet exclusivement animé par des femmes syndicalistes. Elles ont décidé de se rebeller contre ces injustices et de lancer cette première action à dimension internationale et d'abord aux Etats-Unis où l'on s'attend à des actions d'envergure, mais aussi en Angleterre, au Canada, etc. Il s'agit de refuser le travail des enfants, les conditions de travail si dures, les salaires si bas, pour des gadgets, vendus assez cher, ma foi, à d'autres enfants du monde, en passant par leurs parents. Une action qui aura sans doute des formes spéciales dans les Disneyland et autres parcs marqués aux oreilles rondes et noires du toujours craquant Mickey. |