Regards Novembre 1996 - Les Idées

Un nouveau dialogue à inventer

Par Suzanne Bernard


Entretien avec Jean-Paul Jouary * et Jean-Marc Lévy-Leblond
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La forme de démocratie correspondant à une société technologiquement avancée reste à définir. Ni croyance, ni certitude figée, la science doit développer sa dimension de culture humaine en mouvement, de grande aventure." La science cherche le mouvement perpétuel, elle l'a trouvé, c'est elle-même..." écrivait Victor Hugo. Cette phrase est très moderne encore.

 
Jean-Paul Jouary : Mon point de départ est simple. Les sciences occupent dans la vie quotidienne, économique, politique, idéologique, une place grandissante. Or, la population qui bénéficie d'un enseignement scientifique massif, et dont la tendance est de faire confiance aux experts, nourrit vis-à-vis de la science des idées paradoxales. Chez les mêmes individus, les sciences apparaissent à la fois comme " vérités " et comme une succession de découvertes dont l'une peut effacer ou remplacer l'autre, d'où l'idée que les vérités d'aujourd'hui peuvent être détruites demain. A un dogmatisme total s'ajoute ainsi une représentation relativiste des connaissances, qui ouvre la place à des pratiques irrationnelles, des croyances régressives, et une grande vulnérabilité vis-à-vis des discours qui s'en réclament. Derrière ce paradoxe, il y a un problème de démocratie et aussi le problème de la façon dont les sciences sont enseignées, médiatiquement représentées et diffusées. J'ai écrit mon livre en philosophe, à partir de ce constat. J'ai essayé de rétablir ce qui me semble être la réalité de l'histoire des sciences, et je formule quelques propositions quant à la façon dont on pourrait les enseigner et les diffuser. Non plus comme un savoir coupé de tout, de pures productions conceptuelles, mais comme des dimensions de culture humaine en mouvement, une aventure humaine, collective et individuelle. Ce livre est une invitation au débat.

 
Jean-Marc Lévy-Leblond : Deux mots sont au fondement commun de nos démarches, même si nos angles d'attaque sont différents. Ces deux mots sont " culture " et " démocratie ".

Dans nos pays, nous sommes arrivés à une forme d'organisation politique qui est sans doute la " moins pire " aujourd'hui, mais le problème est de savoir si nous pouvons donner à cette démocratie ce qui lui manque, c'est-à-dire la capacité d'agir sur les conditions mêmes de la société contemporaine. Les formes actuelles du choix démocratique nous permettent de choisir nos députés, mais elles ne permettent guère de contrôler l'évolution réelle, sociale, technique, économique de la société. C'est dire que la démocratie devient de plus en plus formelle. En vérité, nous ne connaissons pas les modes d'organisation et de décision démocratiques appropriées à une société technologiquement développée. Il nous faut inventer des formes démocratiques neuves, faute de quoi nous risquons de tomber, non dans le despotisme éclairé du temps des Lumières, mais dans une démocratie éteinte, aux formes vides.

Il n'y a pas de démocratie possible sans une culture qui la sous-tende: pas d'élections sans alphabétisation ! De même, la possibilité d'un contrôle démocratique de la technoscience exige une véritable " alphabétisation scientifique ". Car nous sommes tous, scientifiques compris, encore largement analphabètes sur le plan de la science. S'impose donc ce que j'appelle une " mise en culture " de la science. Il ne suffit pas, à cet égard, que la science soit activité de création (de savoirs nouveaux, par la recherche). Il faut surtout instaurer dans les sciences une fonction critique. Il n'y aurait pas de culture littéraire, musicale, théâtrale, cinématographique, digne de ce nom, s'il n'y avait pas, aux côtés des créateurs, des critiques. Nous avons besoin désormais de " critiques de sciences ". Cette " fonction critique " est celle-là même qui caractérise toute la culture contemporaine (" A l'époque moderne, la critique fonde la littérature ", a écrit Octavio Paz). L'ambition de mon livre: promouvoir cette fonction critique dans la science et en donner quelques exemples.

 
Culture et démocratie

 
J.-P. J.: Je suis très séduit par cette proposition qui fait le lien entre culture et démocratie. Pour beaucoup de gens, concevoir une critique des sciences est impossible, étant donné l'idée que les sciences donnent une vérité qui dépasse tous les clivages culturels, les croyances, les opinions, les convictions, ce qui n'est pas totalement absurde dans la mesure où les sciences ne sont pas des " opinions " comme les autres. Mais cette idée ne tient pas quand on voit l'histoire réelle, la réalité effective des sciences. Lorsque les sciences ont commencé, quand elles ont balbutié avant de devenir des technosciences impliquées dans tous les choix économiques, politiques, de la vie quotidienne, elles ont eu une fonction critique contre toute idée de dogme. Galilée est combattu, condamné à abjurer, Descartes s'exile... Il y a des disputes permanentes, et dans ces disputes, l'esprit critique est toujours alimenté contre le dogme de la religion, dont Spinoza disait qu'elle était une sorte de rempart de l'autorité, un étonnement admiratif sans compréhension. Faire taire les scientifiques, c'était une façon de dominer la société. Aujourd'hui, on peut se demander si une certaine façon d'enseigner les sciences (je tiens à préciser que les enseignants ne sont pas mis en accusation en tant que tels) ne conduit pas à les enseigner plus comme des croyances que comme des démarches critiques et contradictoires. Elles sont enseignées comme si elles n'avaient pas d'histoire, comme si elles étaient coupées de la culture, dénuées de contradictions et non susceptibles de dialogue, bref, comme des dogmes. A l'idée qu'il faudrait une critique des sciences, comme il y a une critique d'art, j'ajouterai qu'il serait bon que loin d'être réservée aux seuls spécialistes, cette nouvelle culture scientifique devrait viser à être le bien commun de tous les citoyens.

 
J.-M. L.-L.: La science a eu une portée critique essentielle, elle a aidé l'humanité à se débarrasser de formes politiques et idéologiques devenues caduques. D'ailleurs toutes les nouvelles instances de la société apparaissent au cours de l'histoire dans un rôle critique, et sapent les autorités antérieures. Tel a été le cas du christianisme qui, à ses débuts, était radicalement " révolutionnaire " et qui a été pour beaucoup dans la mise à bas des formes traditionnelles de l'Empire romain. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la science, jouant ce rôle, a gagné une place éminente dans nos représentations intellectuelles, dans nos modes d'organisation pédagogique, et, bien entendu, dans le développement économique. Mais du fait même de cette promotion, elle s'est retrouvée aux côtés des pouvoirs dominants et a perdu sa dimension critique.

Attention: quand je parle de " critique de science", ce n'est pas la validité des savoirs que je questionne, c'est leur pertinence et leur signification. Il s'agit moins de savoir si telle ou telle recherche scientifique est de bonne qualité technique, que de savoir quel est son impact social ou culturel, comment nous pouvons l'évaluer, prendre position... Le problème du partage du savoir, que ce soit sous des formes didactiques dans le système scolaire, ou sous des formes médiatiques, me paraît subordonné aujourd'hui à une question préjudicielle: quels sont les contenus scientifiques qu'il faut partager, et quels sont ceux sur lesquels il est loisible de porter un jugement non expert ? Ce point est capital, du point de vue de la démocratie; car elle demande, certes, de la culture, mais une culture qui n'est pas celle de l'expertise. La démocratie, c'est le pari fait sur la non-expertise, un pari peut-être insensé, mais nous ne sommes pas prêts de trouver mieux. Malgré des compétences nécessairement limitées, chacun a le droit de se prononcer, tout simplement parce qu'il est concerné au premier chef. Si je refuse qu'on installe une centrale nucléaire à côté de chez moi, je n'ai pas besoin d'entrer dans le détail de son fonctionnement pour avoir le droit de dire que je n'en veux pas. Autrement dit, et de façon délibérément provocatrice, il s'agit de reconnaître simultanément un devoir d'information et un droit d'ignorance.

Quant au rapport entre science et histoire, on peut remarquer que non seulement dans la culture ambiante, mais chez les scientifiques eux-mêmes, il y a une grave méconnaissance de l'histoire. Cela n'était pas vrai au XVIIe siècle ni au XVIIIe, c'est relativement récent - disons que cela date d'un siècle. Pendant cette brève période, qui, à mon avis, est en train de s'achever, la science a pu oublier son passé, sans cesser pour autant de fonctionner, en y trouvant au contraire des gains de productivité considérables. La position du savant de haute culture du XIXe siècle, celle, par exemple, d'un Pasteur, d'un Berthelot, s'est dissoute avec l'apparition d'une figure moderne, celle du chercheur professionnel, à la fois compétent et inculte.

 
Sciences et histoire

 
J.-P. J.: Je ne suis pas sûr que la connaissance de l'histoire scientifique ait régressé, dans les oeuvres les plus novatrices. Je pense à Einstein, à François Jacob, à Prigogine, à Stephen Jay Gould, etc. Einstein ne peut concevoir ses propres avancées sans les mettre en perspective dans une histoire dont il comprend les errements passés à la lumière de sa théorie. Autrement dit, on admire encore plus Galilée ou Newton quand on lit Einstein, non pas parce qu'ils l'ont devancé, mais parce qu'Einstein les dépasse en comprenant la nécessité de leurs illusions autant que de leurs découvertes. On ne peut pas être un vrai chercheur, un grand scientifique, si l'on ne ramasse pas les scories de l'histoire des sciences. Les sciences sont aussi un " bricolage ", où le savoir absolu n'existant pas, chacun a besoin de modeler sa représentation du monde avec une part de mythe tiré de sa culture, de l'art, de la politique, du vécu social, des autres sciences, de la philosophie...vous avez eu le mérite de faire connaître un très beau texte de Victor Hugo: " O erreurs sacrées...." qui comprend des phrases très modernes que j'ai citées dans mon livre." La science cherche le mouvement perpétuel, elle l'a trouvé, c'est elle-même..." Il fallait être un poète pour saisir l'essence même du rapport des hommes à ce qu'ils produisent comme " connaissances scientifiques ". Il s'agit de faire intérioriser à tout citoyen, dès l'école, cette grande aventure où il a fallu tour à tour utiliser des obstacles, tomber dans des erreurs, s'appuyer sur des illusions, pour donner une représentation un peu moins incohérente de l'univers ou de tel problème particulier. Tout enseignant, aujourd'hui, doit se demander ce qu'il produit ou non comme sens chez de futurs citoyens dont certains, peut-être, seront des chercheurs. Problème politique fondamental: quelle perception avons-nous de la vérité, de la connaissance, non seulement en tant que scientifiques, mais en tant que citoyens ? On sait que l'histoire de notre siècle n'a pas été avare de tragédies liées à ce problème, très abstrait d'apparence, de la " vérité ". La science est censée déterminer profitablement et pour le bonheur commun, le devenir des peuples et des individus. Derrière cette question de la représentation des sciences, il y a une véritable crise potentielle de la recherche scientifique et il y a une crise de la citoyenneté. Il s'agit non seulement de la place des sciences dans la vie quotidienne, mais du fonctionnement idéologique de l'expert qui vous explique qu'il y aura forcément tant de chômeurs de plus l'année prochaine... Il y a un point de vue révolutionnaire à élaborer dans la façon de parler des sciences.

 
J.-M. L.-L.: La question de la vérité, c'est la clé du grand débat culturel sur la science. Ce qu'implicitement tous les débats sur la philosophie des sciences nous ont appris au cours du XXe siècle, c'est qu'à la fois la grande force et la grande faiblesse de la vérité scientifique résident en ce qu'elle ne peut jamais dire: " Ceci est vrai ", mais seulement: " Ceci est vrai, si..." Le développement de la science consiste à accumuler les conditions de validité qui protègent un énoncé, en le rendant de plus en plus vrai, mais dans un domaine de plus en plus limité. L'approfondissement de la vérité scientifique se fait au prix du rétrécissement de sa base. C'est en cela que la vérité scientifique a un statut particulier.

 
J.-P. J.: C'est ce que je propose d'appeler " l'absolument relatif ". Ce qui caractérise le mouvement des sciences aujourd'hui, c'est que cet absolu est de plus en plus inscrit dans une connaissance de ce à quoi il est relatif. Les concepts d'absolu, de relatif, de vérité, de loi, de cause, d'effet, de déterminisme, etc.ne sont pas des concepts scientifiques. A ce titre, les scientifiques sont condamnés à travailler sur des outils mentaux essentiels qui relèvent, en fait, de la réflexion philosophique sur les sciences. Autre point important: on considère souvent que les sciences en elles-mêmes sont des facteurs de possibilités libératrices et que ce qui leur est préjudiciable, c'est le dévoiement socio-économique de leurs travaux. Evidemment, il y a en cela une part de vérité: c'est avec les mêmes recherches qu'on fait une bombe bactériologique ou des médicaments. Mais ce qui n'est pas encore suffisamment perçu, c'est que le mouvement des sciences n'est pas quelque chose d'extérieur à ces enjeux. C'est un processus qui, du début à la fin, intègre toutes les représentations idéologiques, politiques, économiques, artistiques, culturelles...donc, aussi, le devenir de ces formules et de ces savoirs abstraits. Il en résulte que ce n'est pas seulement l'utilisation des sciences dont les citoyens doivent se faire les maîtres et possesseurs, selon l'expression de Descartes, mais que, non pas en experts mais en citoyens cultivés, ils doivent être pleinement conscients des enjeux, des tenants et aboutissants de chaque processus, et de l'ensemble de ce processus. On peut citer bon nombre de recherches qui ne se sont pas développées pour des raisons socio-culturelles complexes, d'autres, pour des raisons purement financières, d'autres qui se développent pour des raisons liées aux politiques qui produisent le chômage et la surexploitation... L'idée d'une science pure qui serait plus ou moins dévoyée est à mes yeux un mythe dont il faut se débarrasser pour des raisons éminemment démocratiques.

 
J.-M. L.-L.: Nous visons une situation paradoxale. La science perd son autonomie par rapport à la technique même dont elle permet le développement. Cette technique proliférante finit par recouvrir la science elle-même. Il n'y a plus vraiment aujourd'hui de différence entre un laboratoire de recherche fondamentale et un laboratoire industriel.

Si l'on parle à bon droit de technoscience, c'est qu'il n'y a plus de distinction entre science fondamentale, science appliquée, développement technique, application industrielle. D'un côté, on voit un savoir théorique extrêmement élaboré et formalisé se matérialiser dans les objets de la technique, donc dans le monde industriel, et, d'un autre côté, c'est le paradoxe, on doit constater que le soutien politique et économique de la recherche est en voie de saturation. C'est la première fois depuis quatre siècles que cela arrive. L'investissement social en matière de recherche stagne. Les scientifiques, qui croyaient naïvement en un développement indéfini, se trouvent maintenant devant un mur qui n'est pas appelé à céder de sitôt. Nous devons constater une mutation complète de la position même de la recherche dans l'ensemble techno-économique.

 
Sciences et culture

 
J.-P. J.: Il y a des offensives, non dénuées d'intentions idéologiques, qui visent à dissoudre les sciences dans l'ensemble des " opinions " en général. Certaines écoles philosophiques, en France et aux Etats-Unis, en particulier, tendent vers cette idée, qui n'est pas défendable. En même temps, nous sommes devant un savoir spécifique qui a un rapport spécifique au réel, mais l'on a trop tendance à en déduire qu'il n'est de connaissance que scientifique. Dans les deux cas, c'est méconnaître gravement le mouvement réel des sciences.

Quand Galilée va voir des ouvriers, des techniciens dans les Arsenaux, et qu'il les observe, il est imprégné d'une culture générale qui tient à une histoire, à l'état d'une civilisation, où des peintres sont en train de bouleverser notre vision de la matière et de l'espace, y incluant un sujet, faisant naître la perspective, utilisant les trajectoires, la balistique dans les scènes de bataille... L'art, d'une certaine manière, et avec ses modes d'approche, préfigure un regard sur l'univers qui confère au sujet une place nouvelle, cet univers que les scientifiques, par ailleurs, explorent avec leur démarche et leur dispositif particuliers. On ne peut pas comprendre les uns sans les autres, de la même manière que telle ou telle science ne pouvait pas naître en Chine, dans l'Antiquité, mais seulement en Grèce ou en Egypte, à tel ou tel moment. Ce n'est point un hasard si la physique naît alors dans cette Europe et les cités italiennes. Nous ne vivons pas dans un univers où il y a, d'un côté, des connaissances scientifiques, et de l'autre des créations artistiques, des enjeux sociaux, politiques, des idéologies. Il faut véritablement penser les sciences comme quelque chose qui se spécifie à l'intérieur de cet ensemble idéologique, esthétique, social. C'est ainsi que chacun, dès le collège, devrait pouvoir, en même temps qu'il accède à un enseignement scientifique, avec des " lois à appliquer", intérioriser aussi le cheminement d'une aventure, celle qui a conduit aux idées et aux découvertes. Il y a façon et façon d'enseigner, et de représenter le savoir, sans oublier que ces façons, comme l'a très justement perçu Michel Foucault, ne sont pas indifférentes aux effets de pouvoir. On apprend aujourd'hui à obéir aux vérités scientifiques, comme plus tard on obéira aux experts, qu'il s'agisse du nucléaire ou de tout autre domaine de la vie professionnelle et privée. La science est une aventure humaine à laquelle, volontairement ou non, nous prenons tous part. Il est urgent de lutter pour avancer dans cette voie, pour des raisons d'humanité citoyenne.

 
J.-M. L.-L.: Mais je me demande justement si nous ne vivons pas la fin de la science comme aventure. Tous les indices, qu'il s'agisse des questions économiques ou des aspects culturels, pointent vers la fin d'une époque. La fin de la science ? Ce n'est certes pas la fin de la production de savoirs, assurément, mais elle se fera dans des conditions tellement différentes que cette fin du XXe siècle apparaîtra peut-être aux futurs historiens des sciences comme un tournant comparable par son ampleur à celui du début du XVIIe. Après tout, la grande aventure intellectuelle de l'âge classique en Grèce n'a duré qu'un nombre de siècles limité, et il a fallu longtemps avant que la science ne puisse reprendre dans un autre contexte... En tout cas, si l'on ne veut pas que la science, en tant que grande aventure humaine conjuguant une dimension intellectuelle, voire spirituelle, à sa capacité de prise matérielle sur le monde, aille vers sa fin, la question de sa mise en culture est primordiale.

 


* Philosophe

** Physicien

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Bibliographie


Jean-Paul Jouary, Enseigner la vérité ?, Stock, 288 p., 120 F

Jean-Marc Lévy-Leblond, La pierre de touche (la science à l'épreuve), Gallimard (Folio-Essais), 392 p.; et, dans une perspective plus philosophique, Aux contraires (l'exercice de la pensée et la pratique de la science), Gallimard (NRF-Essais), en librairie le 15 novembre.

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