|
Mission impossible Par Philippe Breton |
|
|
|
La télévision se regarde souvent elle-même mais peut-elle se critiquer ?
On sait l'importance qu'a prise aujourd'hui la télévision. Pour beaucoup, elle est devenue la principale source de loisir, sinon la seule. Dans le domaine de l'information, la situation est similaire. Le petit écran a aujourd'hui un quasi-monopole, si ce n'était la résistance des médias écrits. Les enseignants l'ont remarqué depuis belle lurette, ils ne sont plus les seuls pourvoyeurs de connaissance pour des élèves qui disposent là, pour le meilleur et pour le pire, d'une autre fenêtre ouverte sur le monde que celle de l'école. La concurrence est d'ailleurs assez mal vécue par les pédagogues. Cet état de fait rend nécessaire la réflexion à ce que l'on pourrait appeler l'" éducation aux médias ". Réfléchir sur l'image, mieux connaître les conditions de sa production, mieux connaître également la façon dont l'information est construite, depuis la collecte de faits par les agences de presse jusqu'à leur traitement par les présentateurs. On comprendrait mieux alors les immenses possibilités de déformation, de propagande, dont les événements sont l'objet. La télévision essaya depuis peu de fournir les éléments d'une telle éducation. Il revenait à la Cinq, auto-baptisée chaîne du savoir, de se pencher sur l'image et d'aider le téléspectateur à y voir plus clair. La mission a été confiée à Daniel Schneidermann, que beaucoup avait apprécié comme chroniqueur du Monde. A cette position, c'est-à-dire en tant qu'homme de l'écrit et s'exprimant comme tel, sa plume faisait merveille, déjouant patiemment les effets d'un média dont le flot ne s'arrête jamais. Chargé maintenant d'une émission à la télévision, Daniel Schneidermann a pour mission désormais de faire un " arrêt sur image " (titre bien trouvé de l'émission). La tâche est lourde, d'autant plus que l'exercice est solitaire, aucune autre chaîne ne proposant de véritable équivalent. L'émission est d'ailleurs largement suivie par tous ceux qui cherchent les outils d'une critique appropriée du média. Est-ce l'immense et trop grand espoir qu'elle suscite qui nourrit certaines déceptions de l'auditoire ? Le fait est que, l'un après l'autre, les arrêts sur image suscitent bien des questions. L'un des invités, Pierre Bourdieu, professeur au Collège de France, alla même jusqu'à s'indigner de la manipulation dont il aurait été l'objet, comme invité à l'émission. Ses reproches sont graves: pas de respect de la part des animateurs du contrat moral passé ensemble sur le déroulement, peu de temps laissé pour s'exprimer. Sa critique se situe sur deux plans, qu'on ne saurait complètement mélanger. D'abord le traitement particulier qu'il aurait subi. C'est la plainte, en somme, de l'invité malmené. Cela, on ne le discutera pas ici, n'ayant pas fait partie, cette fois-là, du plan de table. Mais Pierre Bourdieu pose ensuite une question, autrement intéressante et qui dépasse le cas particulier: peut-on critiquer la télévision à la télévision ? Cette question est fondamentale: la nécessaire éducation au média télévisé peut-elle être faite de l'intérieur, sans risque de récupération ? Quelle que soit la bonne volonté de ses animateurs, l'émission touche les limites du genre. Pour prendre vraiment du recul, ne faut-il pas sortir vraiment du champ de la caméra ? Croire qu'on peut en sortir tout en y restant génère un paradoxe que toute l'habileté du monde ne permet sans doute pas de résoudre, sauf à utiliser, à son tour, les ressources les plus contestées de l'image. |
|
* Membre du Bureau national du PCF. (encadré commentaire résultats élections partielles) Des résultats encourageants Les élections législatives montrent un progrès des candidats communistes sur les législatives de 1995 (+1,95%) et aussi sur celles de 1988 (+0,8%) dans les circonscriptions concernées.Il faut rappeler que la moyenne nationale du PCF était de 9,18% en 1993 et 11,32% en 1988.Ce progrès semble s'accentuer dans la dernière période, les élections ayant eu lieu depuis le 1er janvier 1996 donnent des gains respectivement de 3 et 2,4%.Le PS regagne sur 1993, essentiellement en récupérant les voix des différentes formations écologistes.La droite perd légèrement au total mais avec un recul plus net en 1996.Le FN continue de progresser mais de façon moins importante depuis 1993.Le même phénomène apparaît pour les élections cantonales.Enfin les élections municipales partielles ont montré un net progrès des listes d'union dirigées par un communiste.
|