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Mode d'emploi pour passer au XXIe siècle Par Pierre Courcelles |
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| L'exposition " Féminimasculin - le sexe de l'art " est le premier chapitre d'un cycle d'expositions placé sous l'intitulé " Passage du siècle ". Voulu par François Barré, président du Centre Georges-Pompidou, ce cycle se fixe pour ambition de " rapprocher l'histoire de l'histoire de l'art " - ce qui constitue sinon une révolution, du moins un notoire réaménagement de perspective dans la suite des " grandes expositions " du Centre Pompidou. Ce cycle trouvera au long de sa déclinaison quelques échéances fortes: le passage au XXIe siècle, bien entendu, mais aussi le 20e anniversaire du Centre, en février 1997 et, au début de l'an 2000, la conclusion des importants travaux engagés depuis 1994, tant sur le bâtiment que sur ses abords. L'édifice conçu par les architectes Renzo Piano et Richard Rogers, dès le départ, a fait l'objet de vives polémiques et de jugements négatifs - qui continuent d'être portés, comme le montre un spot publicitaire actuellement projeté dans les salles de cinéma. Mais, même ainsi, le Centre qui avait été conçu pour accueillir 5 000 visiteurs par jour en reçoit 20 000 et, depuis son ouverture, a été visité par 135 millions de personnes. Ces chiffres assignent à cet établissement culturel pluridisciplinaire (bibliothèque, musique, arts vivants, cinéma, arts plastiques) des responsabilités qui ne sont pas toutes de l'ordre des arts et de la culture, mais aussi de l'obligation civique et citoyenne - et qui dépassent d'ailleurs les frontières de l'hexagone. Le cycle " Passage du siècle " tend à répondre à ces responsabilités dans la mesure où sa construction enrôle les réalités nouvelles et massives des sociétés occidentales et les regards changés qu'on porte sur les pratiques artistiques modernes et contemporaines. Car, ainsi que l'écrit François Barré dans l'avant-propos du catalogue Féminimasculin, " l'art n'est pas retiré du monde ", ce qu'il est bon de rappeler, et que le temps est sans doute venu de " ...questionner l'histoire de l'art en cela qu'elle a travaillé et instruit les énigmes mêmes du corps social et de son devenir: la cité, le sexe, le politique, la technique et les technologies, le sacré, l'abstraction...". Ainsi, dans les années qui nous mènent au-delà de l'an 2000, sont programmées les expositions " Face à l'histoire ", " Les ingénieurs du siècle ", " L'abstraction mode d'emploi ", " Du spirituel et du sacré dans l'art " et " Réseaux, réel et virtuel ". |
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1. Il sera épargné au lecteur des considérations qui pourraient être éprouvantes sur le film Madame Doubtfire, qui a exactement enthousiasmé les moins de 13 ans. |