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Pour remettre les pendules à l'heure Par Guy Chapouillié |
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Cette nuit-là, le Cercle de Minuit accueille Emir Kusturica pour la sortie tumultueuse d'Underground.
Plein écran, une jeune mariée est en suspension dans l'air, elle plane au rythme d'une musique tzigane, ferment culturel et stylistique du film. Puis, progressivement, l'image se dilate et nous révèle le hors-champ d'une machine, actionnée par deux hommes, qui porte et fait bouger la mariée. Le corps n'est pas passé de l'état solide à l'état gazeux; il n'y a pas eu d'opération de sublimation mais juste la construction d'une image; juste une image. Lorsque le cadre se resserre, je regarde, toujours émerveillé, l'image manipulée. Par le choix de cette séquence du film comme entrée en matière, le Cercle s'installe au coeur du problème de l'articulation des images et des sons. Pour Emir Kusturica, qui vit le cinéma comme un art poétique et une forme de résistance, la manipulation commence lorsqu'on lui offre trois images et qu'il n'en choisit qu'une; il ne sacralise pas les images d'actualité et se préoccupe toujours de savoir par qui et dans quelles conditions elles ont été réalisées. Cependant, il n'y a pas de détracteur dans le Cercle, car Alexandre Adler, l'invité de la dernière heure, pressenti pour jouer le rôle, a vu Underground et le tient pour une féerie poétique digne de Renoir, ainsi que pour une profonde attaque contre la bêtise nationaliste. Laure Adler a beau s'agiter, le groupe est unanime: cette oeuvre, entièrement tragique, prend parti pour l'humanité mais jamais pour un camp. Le texte de Finkielkraut-le-tricheur, celui qui s'est empressé d'écrire sur le film avant de l'avoir vu, coule ici comme de la désinformation à l'instar des personnages qui, dans le film, s'emploient à faire prendre les jours pour des nuits et les nuits pour des jours. Dans cette affaire, les élucubrations de Michel Polac ne pouvaient pas ne pas être évoquées et les pendules remises à l'heure; mais l'animatrice règne en son cercle et protège ses amis contre la foudre. Donc, de parole coupée en coups de ciseaux, elle refuse à Serge Regourd cette direction, pour reprendre le chemin des reproches empruntés à ceux-là mêmes qui venaient d'être mis sur la sellette. A ce petit jeu, elle donne pour conclusion à son argumentation l'hypothèse sur laquelle elle la fonde et métamorphose son Cercle de Minuit en Cercle vicieux...dommage. Loin de ce bruit, mais proche de mon oreille, la voix limée de Gilles Deleuze offre sur Arte, avec délicatesse, des choses simples et concrètes pour suggérer que le désir est un ensemble et que tant que nous n'aurons pas déroulé cet ensemble, le désir n'aboutira pas. |
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1. Source: Projet de loi de finances pour 1996.Notes bleues de Bercy. 2. Notes bleues de Bercy.La fiscalité locale jusqu'en 1992 (1er au 15 mars 1994) et dossier de presse du ministère du Budget sur le projet de loi de finances 1995. 3. Rapporteur général du Budget à l'Assemblée nationale. 4. Taux d'épargne des entreprises - épargne brute/valeur ajoutée. 5. Taux de marge = excédent brut d'exploitation/valeur ajoutée. 6. Hors livret A dont l'utilité sociale pour le financement du logement n'est plus à démontrer (coût 5,9 MdF). * Economiste.
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